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Égypte, DA’ECH, Irak, Syrie, Turquie

| Quai d’Orsay | Points de presse du 19-20 octobre 2017 | Extraits |

Comme cela nous a été suggéré par quelques lecteurs historiques du blog, Nous reprenons une vieille habitude : reposter les Q&R du Point de presse quotidien, tenu au Quai d’Orsay. Ces reprises seront faites sans commentaire de notre part. Bonne lecture à tous.

(…)

Q. Pouvez-vous nous fournir les derniers chiffres disponibles sur la relation économique et commerciale entre la France et l’Égypte ?

R. La France était le sixième investisseur en Égypte en 2016, avec un stock d’IDE estimé à 3,5 Md€, son septième fournisseur, et son 13ème client. La France reçoit 2,1% des exportations égyptiennes.

Nos échanges bilatéraux ont augmenté les huit premiers mois de 2017, avec une hausse de nos exportations (+9,2% à 1,1 Md€) et de nos importations (+21% à 401,4 M€). L’Égypte est aujourd’hui notre dixième excédent commercial mondial.

Plus de 160 entreprises françaises sont implantées en Égypte et emploient près de 30.000 personnes dans des secteurs très variés : industrie, agro-industrie, équipements électriques, pharmacie, distribution, hydrocarbures, tourisme.

Q. Comment analysez-vous les commentaires russes qui remettent en question le travail et l’avenir de l’enquête conjointe de l’OAIC sur l’utilisation des armes chimique en Syrie ?

R. Nous regrettons que la Russie remette en cause la qualité des travaux menés par les mécanismes d’enquête sur l’emploi d’armes chimiques en Syrie depuis que ceux-ci ont conclu à la responsabilité des forces armées et de sécurité syriennes.

Nous ne pouvons accepter que la crédibilité et l’indépendance de ces mécanismes soit contestées au motif que leurs conclusions ne conviennent pas à la Russie. Ceci nuit au consensus international qu’il est de notre responsabilité de bâtir pour mettre fin à l’emploi de ces armes en Syrie.

L’équipe d’enquêteurs de l’organisation des armes chimiques – la Mission d’établissement des faits (FFM) – est en mesure de confirmer le recours à du gaz sarin sans se rendre sur le terrain où peu d’éléments d’information seraient encore disponibles sept mois après l’attaque et où les conditions de sécurité ne lui permettraient pas de travailler.

Le mécanisme d’enquête du JIM (Mécanisme d’enquête conjoint) a conclu dans ses rapports d’août et octobre 2016 à la responsabilité des forces armées et de sécurité syriennes dans trois cas de recours au chlore, et à celle de DA’ECH dans un cas. La méthodologie de l’enquête menée est indiscutable. Le Conseil de sécurité doit renouveler le mandat de ce mécanisme qui arrive à échéance en novembre.

La France a présenté son évaluation de l’attaque au gaz sarin intervenue à Khan Cheïkhoun le 4 avril 2017 et démontré sans aucun doute possible la responsabilité de l’armée syrienne.

192 États ont renoncé à l’usage des armes chimiques. La Syrie s’y est engagée aussi en 2013. Il est de la responsabilité des États parties, y compris la Russie, de protéger la Convention d’interdiction des armes chimiques et de s’engager pour n’accepter aucune impunité.

Q. Comment réagissez-vous aux déclarations hier du chef militaire iranien Mohammad Baqeri qui a menacé Israël pendant une visite à Damas ?

R. Le soutien de la France à la sécurité d’Israël est constant, indéfectible et inconditionnel. Il a notamment été rappelé par le président de la République lors de sa rencontre avec le Premier ministre israélien, à Paris, le 16 juillet 2017.

Q. Vous avez déclaré hier que la France a débloqué des fonds supplémentaires pour l’aide humanitaire et la stabilisation des territoires libérés de DA’ECH. Combien a été débloqué, qui a reçu ces fonds et qui gère l’utilisation de ces fonds sur place ?

R. Nous reviendrons prochainement vers vous sur ce sujet.

Q. Quelle est votre réaction au placement en garde à vue de M. Osman Kavala ?

R. La France est préoccupée par le placement en garde à vue de M. Osman Kavala, une des figures les plus importantes et les plus respectées de la scène culturelle et de la société civile turques.

La France, comme d’autres pays européens, coopère régulièrement avec M. Kavala, qui est un interlocuteur régulier de notre ambassade, et sera très attentive aux développements de cette affaire.

Le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, en particulier la liberté d’expression, dans le cadre de l’État de droit, est indispensable à l’exercice de la démocratie. Il constitue le socle essentiel des engagements européens et internationaux de la Turquie.

(…)

Q. Quels sont les dossiers prioritaires et d’intérêt commun qui seront examinés lors de la visite prévue à Paris du président égyptien Abdel-Fatah al-Sissi. Et dans quelle mesure les deux pays sont sur la même longueur d’onde vis-à-vis des crises régionales ? Est-ce que des accords seront signés durant la visite dans certains domaines ?

R. S’agissant d’une visite d’un chef d’État, je vous renvoie vers la présidence de la République.

Q. La France a débloqué des fonds supplémentaires pour l’aide humanitaire et la stabilisation des territoires libérés de DA’ECH. Combien a été débloqué, qui a reçu ces fonds et qui gère l’utilisation de ces fonds sur place ?

R. Je vous renvoie à ma réponse d’hier à cette même question.

Q. Comment évaluez-vous les perspectives de nouveaux pourparlers de paix à Genève ?

R. La position de la France est constante : seule une solution politique négociée permettra de résoudre la crise en Syrie, de lutter durablement contre le terrorisme, de permettre le retour des réfugiés et de ramener la paix.

Ces nouveaux pourparlers doivent nous permettre de nous rapprocher de ces objectifs.

Nous soutenons donc pleinement la médiation conduite par l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations-unies, M. Staffan de Mistura.

Q. Les Nations-unies ont publié un rapport qui documente des pillages et incendies des dizaines de maisons appartenant aux Kurdes dans la province de Diyala et dans certaines parties de Kirkouk. Les autorités kurdes parlent de 100.000 personnes qui ont fui Kirkouk depuis le retour des autorités irakiennes et ce matin il y a eu des affrontements entre Kurdes et forces gouvernementales. Que fait Paris pour essayer d’apaiser la situation ?

R. Nous sommes en contact étroit avec les autorités de Bagdad comme avec celles du gouvernement régional kurde.

Nous demandons au gouvernement fédéral de la retenue et de respecter pleinement les droits légitimes des Kurdes.

Nous demandons au gouvernement régional du Kurdistan de dialoguer dans le cadre constitutionnel irakien.

Nous avons œuvré à ce que le Conseil de sécurité des Nations-unies adopte une déclaration soulignant la nécessité d’une reprise rapide du dialogue en vue d’une sortie de crise qui préserve l’unité et l’intégrité de l’Irak dans le respect de sa constitution.

Sur cette base, nous sommes disposés à contribuer à tout effort d’apaisement des tensions, en particulier ceux menés par les Irak ainsi qu’à la recherche d’une solution politique en Irak.

 

A Propos Jacques Borde

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