Ankara, Athènes, etc. : Ami(s), Ennemi(s), Client(s) ?… [1]

| Occident | Géostratégie(s) | Questions à Charlotte Sawyer & Jacques Borde |

Dans le monde Biden-Harris regnante, un certain nombre de choses ont, ou sont en train de changer. Dans ce que beaucoup ont appelé la Méditerranée des puissances, notamment. Qui y fait quoi ? Comment ? Pourquoi ? &, surtout avec qui ? Pour l’instant, il semble bien qu’Erdoğan bénéficie d’un blanc seing du faiseur de pluie US, qui ne voit guère de raisons de fourrer particulièrement son nez dans ce qui – vu des rives éloignées du Potomac – ressemble à des querelles de clocher entre Otano-Européistes mal-lunés. Ce laisser-faire, assez peu dans les us géostratégiques de l’hêgêmon thalassocratique étasunien, a-t-il des chances de durer ? Partie 1.

« Quand vous importez le Tiers-monde, il ne faut pas vous étonner de subir des attitudes d’hyperviolence du Tiers-monde. Ce ne sont pas les Français qui ont évolué vers la violence, nous avons importé une violence dont on aurait pu se passer. On refuse de s’attaquer à ce problème car le reconnaître donnerait raison à Marine Le Pen ».
Stéphane Ravier.

« Plusieurs experts du Moyen-Orient s’accordent à dire que le Moyen-Orient ne peut pas être démocratisé ».
Reccep Tayyip Erdoğan.

« Président Biden, le peuple américain est heureux que vous ayez appelé à l’unité en disant qu’il faut ‘baisser la température’. Je suis entièrement d’accord, et vous pouvez le faire en mettant immédiatement fin à la militarisation de DC et dénoncer les efforts récents pour enlever nos libertés civiles. S’il vous plaît soyez le leader que nous espérions que vous seriez ».
Tulsi Gabbard.

| Q. L’affaire Nalvany vous en pens…

Charlotte Sawyer. Well. Affaire intérieur russe. Autre question S.V.P !…
Jacques Borde. Idem. Pas de temps à perdre avec ce triste sire.

| Q. Sinon, la barre est toujours aussi à gauche dans les nominations aux États-Unis ?

Charlotte Sawyer. Si j’en juge par le choix de la Deputy spokesperson du US Department of State1, Jalina Porter, oui, plus que jamais.

Dans un post Facebook de 2016, Jalina Porter avait sorti que « La plus grande menace pour la sécurité nationale des États-Unis sont les flics américains (…). Pas l’État islamique, pas les pirates russes, ni personne ni rien d’autre (…). Si vous ne vous réveillez pas et ne vous levez pas à cette vérité, le génocide contre les Noirs en Amérique se poursuivra jusqu’à ce que nous sommes presque éteint ».

Franchement, on croirait entendre un porte-parole des Antifas ou des BLM, pas celui des Affaires étrangères des États-Unis d’Amérique.

Le plus brut de fonderie en ces affaires (sic) – pour être tout à fait clair, celles de Biden et de sa bandera de compradores – c’est encore ce que souligne L’Objecteur Médiatique. À savoir que « Biden blâme la corruption au pays de Poutine. Quel culot ! Il n’y a pas plus corrompu que sa propre famille... ».

| Q. Mais toute cette doxa victimaire, ça tient la route ?

Jacques Borde. Pas le moins du monde.

Cette doxa est d’ailleurs, idéologiquement, plus remplaciste que victimaire.

La volonté est clairement, pour tous nos idiots utiles, véritables Black Lies Matter (sic) à la solde de la Gauche financiarisée antisémite, d’effacer, ou plutôt d’éradiquer l’histoire des États-Unis et de l’Occident, en faisant de leurs forgeries éhontées et répétées la nouvelle norme.

Dans ce registre infâme, méditons ces propos de Me. Gilles-William Goldnadel qui nous rappelle qu’« Ainsi, par la grâce assez disgracieuse d’un député norvégien de la gauche extrême, le mouvement Black Lives Matter (BLM) a été nominé parmi les récipiendaires possibles du prix Nobel de la paix. Avec cette clé, vous pourrez saisir ces délires névrotiques dont est frappée la société médiatique.
« C’est donc dans ce cadre irrationnel, rationnellement explicable, qu’il était normal que dans l’anormalité antiraciste ambiante (je parle par antiphrases) un député d’extrême gauche veuille honorer comme mouvement pacifiste un mouvement violemment raciste. (…)
« Au-delà des mots, les faits : les dégâts humains causés par les BLM sont terribles, même si ils sont totalement occultés. Ainsi, à titre d’exemple, à Atlanta, une fillette de 8 ans a été tuée par des manifestants BLM en juillet 2020. Nul ne s’est appesanti sur le sort de la petite fille. Un autre militant BLM a tué trois personnes au hasard dans un bar tenu par un ancien policier. Mais le fait qu’ils étaient Blancs ne devait rien au hasard.
« Si les Black Lives Matter sont honorés, ils le seront inconsciemment au titre de ce racisme bien en cour, pour lequel les vies blanches n’ont aucune importance. Ils auront bien mérité le prix Nobel de la plaie ».

| Q. Si nouvelle norme il y a : que dire de l’ancienne ? Des exemples peut-être ?

Jacques Borde. Un qui parle plus que d’autre, nos remplacistes indigénistes font mine d’ignorer que c’est bien l’Occident, à commencer par la Grande-Bretagne, qui a aboli la traite des esclaves en 1807 et l’esclavage en 1834.

Fait que la plupart de nos Black Lies Matter patentés ignorent encore plus, c’est que marine britannique avait une unité spéciale, l’Escadron africain, qui avait pour seul but de chasser des navires négriers au large des côtes de l’Afrique de l’Ouest et de libérer leur cargaison humaine.

| Q. L‘Escadron africain, quelques mots, peut-être ?

Charlotte Sawyer. Oui. En 1808, après que les Communes eussent adopté le Slave Trade Act of 1807 (loi d’abolition de l’esclavage), la Royal Navy créa un West Africa Squadron2. Sa fonction était de lutter contre la traite atlantique en patrouillant au large des côtes d’Afrique de l’Ouest. Sa base se situait à Portsmouth. Elle commença avec deux petits navires, la frégate de cinquième rang de 32 canons HMS Solebay, et le Brick brig-sloop HMS Derwent. Au plus fort de son activité, l’escadre comprendra un sixième de la flotte de la Royal Navy et la même proportion de Royal Marines.

Entre 1808 et 1860, le West Africa Squadron captura 1.600 bateaux négriers et libéra 150.000 captifs africains.

Le commodore George Collier, avec le HMS Creole, son navire-amiral de 36 canons, fut le premier commandant de l’escadre. Le 19 septembre 1818, la Navy l’envoya dans le Golfe de Guinée avec l’ordre suivant : « Vous pouvez user de tous les moyens en votre possession pour éviter que se poursuive le trafic d’esclaves ».

Jacques Borde. Bien sûr rien qui ne soit de nature à faire chanceler les certitudes des proxies de la Gauche financiarisée immigrationniste.

Charlotte Sawyer. À partir de 1820, l’US Navy porta assistance au West African Squadron avec la frégate Cyane, bâtiment ironiquement britannique à l’origine, capturé par les Américains en 1815. Au début, la contribution américaine ne consistait qu’en quelques navires, mais le Traité Webster-Ashburton permit finalement de formaliser cette contribution de l’Africa Squadron.

Pratiques, pourtant salutaires, qui, semble-t-il, ne tentent plus aujourd’hui la Royal Navy :

-ni face aux ONG esclavagistes de la Gauche financiarisée immigrationniste ;
-ni face aux frégates de la Türk Deniz Kuvvetleri (TDK)3, qui jouent à ce que bon, leur semble dans les eaux de ce qui fut la la Méditerranée des puissances. Européennes et occidentales, il s’entend.

Ce ne sont pas les royaumes africains, pour qui la traite humaine était une activité économique parfaitement licite et honorable, qui allaient se positionner dans la rhétorique de la fin de l’esclavage. Idem pour l’Islam.

La doxa actuelle, tissu de contre-vérités historiques a pour but de nous faire croire que l’Islam était anti-esclavage. Si Mahomet a libéré des esclaves, il l’a fait, à la manière de ces latifundiaires de l’Antiquité qui pratiquaient l’affranchissement au cas par cas et au compte-gouttes, mais pas d’une manière géopolitique ou économique. Eh non, l’Islam n’est pas anti-esclavage et Mahomet n’était pas un Quaker ni Victor Schoelcher ni William Wilberforce.

[À suivre]

Notes

1 Ou Porte-parole adjointe des Affaires étrangères US.
2 Ou Escadre de l’Afrique de l’Ouest.
3 Ou marine de guerre turque.

A Propos Jacques Borde

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