Washington, Rome, Trappes : Quid des territoires perdus de l’Occident ? [2]

| Occident | Kulturkampf | Questions à Charlotte Sawyer & Jacques Borde |

De Washington à Trappes, en passant, par Rome, où les affaires (sic) seront désormais conduites par l’ex-boss de la BCE, Draghi, lige avéré de Goldman Sachs, que reste-t-il des territoires des républiques de ce vaste monde. Ou du moins de son Occident ? Poser la question, c’est, un peu y répondre, non ?. Partie 2.

« Les grandes attentes des Italiens sur l’hypothèse d’un gouvernement des ‘meilleurs’ en réponse à l’appel du chef de l’État pour faire face à la situation dramatique de l’Italie. brisent sur la photographie d’un compromis exécutif qui dépoussière une grande partie des ministres de Giuseppe Conte. Je me demande si les citoyens, entrepreneurs, travailleurs et toutes les personnes en difficulté se sentent rassurées par l’image qu’ils voient. Je suis plus convaincue que l’Italie a besoin d’une opposition libre et responsable. Comme le montre la case stratégique du ministère du travail confiée au PD, nos craintes d’un gouvernement otage de la gauche sont confirmées. Je suis très inquiète pour notre tissu productif et pour les millions d’Italiens qui risquent leur emploi ».
Giorgia Meloni, à l’annonce du gouvernement Draghi.

« Les élections seraient la voie maîtresse de la crise, mais redonner la parole aux Italiens, après ce qu’ils ont enduré l’année dernière, fait trop peur à ceux qui ont gouverné ».
Maurizio Belpietro.

« Grâce à SOS Méditerranée, 422 migrants supplémentaires vont pouvoir débarquer en Italie avant de se répandre sur notre continent. Présenter les ONG comme le miel de l’humanité comme le font les médias de la bien-pensance relève de la connivence et de l’escroquerie. L’Océan Viking ne secourt pas. Il ne ‘sauve pas’. Il assure seulement la correspondance finale du voyage des clandestins, en parfaite concertation et complicité avec les passeurs dont il est le relais. Transfert vers la Sicile : départ dimanche 31 janvier [2021] à 23h44 plage X du littoral libyen. Changement vendredi 5 février à 11h 22 point latidude tant, longitude machin. Arrivée prévue sur les côtes siciliennes lundi 8 février à 14h 02. Bon voyage ! ».
Giorgia Meloni.

« Pour prix de son soutien à Draghi et de son ralliement au Système, Matteo Salvini obtient l’aumône de trois petits ministères pour la Lega : le Tourisme, le Handicap et le Développement [économique. NdlR]. Salvini c’est fini parce que Salvini c’est Fini en pire qui, à force de louvoyer dans une douteuse union des droites au sein de laquelle il fit perdre son âme au MSI et son attractivité électorale à l’Alliance nationale pour le seul bénéfice de Berlusconi et de son clan affairiste, sombra dans le fossé des renégats. L’union des droites est un mirage. Le populisme est un naufrage. Vive le nationalisme ! ».
Jean-François Touzé.

| Q. Bien qu’elle soit à l’agenda de la plupart des puissances, la gestion du COVID-19, vous en parlez assez peu ?

Jacques Borde. Quel COVID-19 ? De quoi parlons-nous au juste ? Étrange : en France, la grippe saisonnière tuait, bon an mal an, autour de 15.000 personne. Soit :

-2014-2015 : 18.300 morts ;
-2016-2017 : 21.000 morts ;
-2018-2019 : 13.100 morts ;
-2019-2020 : 73 morts.

Depuis : zéro mort. Idem pour les gastros. Qu’est-ce qu’on est fort. Chiffres officiels (santepubliquefrance.fr). Ou sont passés les autres ? Tous étiquetés Covid ?

Le souci est bien que le régime de Paris est tout à fait capable de faire fermer des dizaines de milliers de bars et de restaurants, ce en 48 heures, mais est toujours infoutu de faire de même pour une petite centaine de mosquées takfirî. Le sens des priorités sans doute. Et les pétrodollars golfiques aussi ?

En attendant, les professionnels de la restauration (entre autres) commettent de plus en plus de suicides.

| Q. Faisons simple : comment résumeriez-vous le nouveau gouvernement italien ?

Jacques Borde. Outre, qu’une fois encore, il est confié à quelqu’un jamais élu par qui ce ce soit – mais ce qui n’est pas une franche nouveauté en ce pays – vous voulez dire ?

| Q. Oui…

Jacques Borde. Alors, faisons simple, comme vous le dites si bien : le nouveau Presidente del Consiglio dei Ministri1, Mario Draghi, ex-DG de Goldman Sachs, donc quelque part forcément homme lige d’icelle, ex-président de la BCE aura réussi à coaliser autour de sa personnalité pourtant controversé presque tous les partis de l’extrême-droite à l’extrême-gauche. Soit :

Lega (le parti de Salvini), correspondant à notre RN ;
Forza Italia, correspondant à notre LR ;
-M5S (Di Maio), correspondant à notre EELV ;
Partito Democratico, correspondant à notre PS, mais mâtiné d’un belle brochette d’anciens communistes (à peine) repentis ;
Liberi e Uguali (LeU), correspondant à notre LFI.

| Q. Et, parti comme ça, comment voyez-vous la situation en Italie ?

Jacques Borde. Assez mal, à vrai dire. Le régime de Rome, comme ceux de Madrid et de Paris, y fait, tous les jours, la démonstration de sa terrible incompétence. Mais, récemment, j’ai été littéralement écœuré par une nouvelle qui fait honte à tous les vrais Chrétiens.

Le (mal)Sain-Siège – État cousu d’or et de prébendes, est-il important de préciser  – à laissé mourir de froid un SDF sur son territoire. Normal, semble-t-il pour ce prétendu évêque de Rome qui n’a d’yeux que pour les migrants (sic). Sans bien sûr en prendre en charge un seul sur son sol durablement.

Décidément, les voies de Dieu restent nettement plus impénétrable que le rectum d’un séminariste novice en cette Rome mitrée mitée par les scandales sexuels à répétition et la pédophilie rampante de sa nomenklatura. Seule avancée : nous sommes loin désormais de la Simonie nicolaïde des temps anciens.

Un progrès, diront certains, de la sexualité infantile, passée à 13 ans ! Pardon, là, je m’emballe : 13 c’est en France. Quinze ans eussent embarrassé une enseignante montée en grade depuis.

| Q. Politiquement, ça bouge ?

Jacques Borde. Bof, le retour aux affaires de Mario Draghi, lige avéré de Goldman Sachs, répétons-le, n’est pas annonciateur de grandes améliorations. Pour les Italiens, il s’entend. Qu’il soit flanqué à sa droite par le plutôt fantaisiste patron de la Lega, Matteo Salvini, n’y change guère.

Salvini, n’avait eu que peu de réels succès dans l’équipe Conte Uno (sic). Gageons qu’il en aura encore moins sous la houlette d’un Presidente del Consiglio dei Ministri, d’une autre trempe que Giuseppe Conte. Ce, dans la mesure où, cette fois-ci :

1- il n’a obtenu que des ministères de second rang ;
2- aucun pour lui-même.

En fait, la seule à rester droite dans ses bottes est, encore et toujours, Giorgia Meloni2, qui a répété que « Fratelli d’Italia n’est en aucun cas disponible pour aller au gouvernement avec le PD et le M5S. Le problème du gouvernement d’unité nationale consiste à essayer de réunir des gens qui pensent différemment sur les grands thèmes fondamentaux. Si j’allais faire un gouvernement avec le PD et le MTS, que ferions-nous avec le revenu de la citoyenneté, l’immigration, la justice, la bureaucratie, les relations avec l’Europe ? Nos idées sont diamétralement opposées. Nous ne pourrions finalement rien faire, ce qui s’est passé avec les exécutifs que nous avons eu au cours de cette législature ».

Et Giorgia Meloni d’ajouter :

« Je ne pense pas que la solution aux graves problèmes sanitaires, économiques et sociaux de la nation soit un nouveau gouvernement né dans les laboratoires du Palais et entre les mains du PD et de Renzi. Dans une démocratie avancée, les citoyens, par le vote, sont maîtres de leur propre destin. Même lorsque la situation est difficile. Surtout quand la situation est difficile.
« Le président juge plus approprié de risquer un gouvernement qui, pendant deux ans, aura de nombreuses difficultés à trouver des solutions efficaces pour les Italiens. Par contre, nous pensons qu’il est préférable de donner aux Italiens la possibilité de voter, d’avoir une majorité forte et cohérente qui puisse régner pendant cinq ans et donner à l’Italie les réponses courageuses dont elle a besoin. Au Centro destra, nous nous affronterons, mais à l’appel du Président, nous répondons que, de toute façon, même de l’opposition, il y aura toujours la volonté de Fratelli d’Italia de travailler pour le bien de la nation ».

| Q. Est-on mieux loti en France ?

Jacques Borde. Toujours pas. Toujours pire, devrais-je dire.

| Q. Et Draghi lui-même, vous nous en dites quoi ?

Jacques Borde. Le personnage ? Peu ou prou ce que tout le monde sait – ou, plutôt, devrait savoir de l’homme !

-Mario Draghi est, de 2002 à 2005, vice-président de la branche européenne de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs. Cette fonction prête à polémique quant à un éventuel conflit d’intérêt : contre rémunération, la Goldman Sachs a, notamment, aidé la Grèce à dissimuler son déficit public via un procédé considéré comme relevant de l’inventivité comptable (sic).

De son côté, le député macroniste européen Pascal Canfin3 considère que Draghi a été directement impliqué dans l’échange de swaps avec des États en difficulté, ce que nie Mario Draghi qui affirme que le contrats de ce type étaient engagés avant son entrée en fonction à Goldman Sachs.

Pour le reste :

-le gouvernement Draghi associe des personnalités politiques (sic) à des techniciens comme le nouveau ministre des Finances Daniele Franco, directeur général de la Banque d’Italie ;
-le gouvernement Draghi affiche une certaine continuité avec la reconduction :

1- au Affaires étrangères de Luigi Di Maio ;
2- à l’Intérieur Luciana Lamorgese ;
3- à la Santé Roberto Speranza, où ces derniers n’ont guère brillé.

Pour en finir avec Mario Draghi himself, Il est membre, de longue date, du Groupe Bilderberg (autre vaste sujet de controverse) et de l’Académie pontificale des sciences sociales, fondée par le Vatican.

[À suivre]

Notes

1 Ou Premier ministre italien.
2 Présidente de Fratelli d’Italia (FdI).
3 Élu en mai 2019 sur la liste Renaissance de La République en marche (LREM), président de la Commission de l’environnement, de la santé publique & de la sécurité alimentaire.

 

A Propos Jacques Borde

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