Returnees, Revenants, Fichés S,etc. : & Si on allait au plus simple ? [2]

| France | Terrorisme & Kulturkampf | Questions à Jacques Borde |

Sorte de marronnier1 de nos relations internationales, depuis que nombre de compatriotes & ou étrangers vivant sur notre sol ont, à un moment donné, choisi d’aller combattre sur des fronts extérieurs (la France étant, de notre point de vue, une front intérieur de ce même djihâd) du djihâd takfirî, est évoqué le sort à réserver à ces individus. Notamment à ceux tombés entre les mains des forces régulières (ou irrégulières, peu importe) des pays concernés, principalement l’Irak & la Syrie. « Que faire » eût dit le camarade Lénine ? & pourquoi ne pas aller au plus simple (voire au plus drone, si nos lecteurs nous passent ce jeu de mot) & les abandonner à ce, triste bien que largement mérité, destin d’infortune ? Autre sujet du moment : à quoi doivent rêver les enfants ? À finir sur les genoux de Dany-le-rouge ? Partie 2.

« EELV sont les ennemis de tous les enfants français. D’autant plus que cet aéro-club s’occupe de gosses en situation de handicap. Saloperie de secte. Ces Khmers verts préfèrent subventionner des mosquées que des aéro-clubs. Que je les méprise ».
Nelson Surjon.

« Gérald Darmanin nous annonce le déploiement de 90.000 policiers pour traquer les familles qui veulent s’aérer un peu. Ce que les Français attendent, c’est 90.000 policiers dans les cités ».
Nicolas Bay.

« La Maire écologiste de Poitiers supprime une subvention à un aéroclub au motif que ‘l’aérien ne devrait plus faire rêver les enfants’. Les enfants ne pourront plus prendre l’air, mais d’évidence, les cons n’ont pas fini de voler en escadrille ».
Éric Naulleau.

« Dommage que Charles Martel n’ait pas aussi arrêté les écolos à Poitiers ! ».
Robert Ménard.

« L’homme depuis la nuit des temps a rêvé de briser la malédiction d’Icare. Mais une petite soviet verte décide que ‘l’aérien ne devait plus faire partie des rêves des enfants’ handicapés pris en charge par l’aéroclub local. Des dingues ! ».
Mathilde Androuët.

| Q. Une petite question pour nous échauffer : que penser de l’état des media US ? Mal en point, semble-t-il…

Jacques Borde. Le cloaca mediatica maxima étasunien, vous voulez dire. Effectivement, au Bidenistan (sic), les grands media voient leur lectorat fondre comme neige au soleil. Bloomberg.news licencie, CNN licencie, le Huffington.post licencie, et les autres sont à la ramasse. Question subsidiaire : doit-on vraiment s’en plaindre ?

La raison en est simple : quasiment plus personne ne s’intéresse ni aux séniles pitreries de Joseph Joe Robinette Biden, Jr., ni aux promesses creuses de cette administration. Personne ne tient à se faire rappeler chaque jour avoir été floué par les mensonges démocrates. Les citoyens se tournent vers la vie de leur propre État, de leur localité et de leur communauté.

Avant Biden regnante, les gens consultaient les grands media car ils s’intéressaient au scandale de la Rigged election (l’élection présidentielle volée, en bon français). Le cloaque démocrate a ainsi détourné à son profit onze millions de voix, crachant sur la démocratie. Pour en faire quoi ? L’Amérique se retrouve avec un président sénile et une vice-présidente hystérique – visiblement malade de ses nerfs, et qui éclate règulièrement de rire aux questions des journalistes en conf de presse, y compris les plus sérieuses – entourés par une cour pour les servir.

Mais l’opposition républicaine se réorganise et prépare des supports 100% indépendants ! Comme la Guerre de Troie, la Guerre pour l’info libre aura bien lieu !

| Q. Quel regard portez-vos sur l’attitude du gouvernement français sur le dossier du Levant ?

Jacques Borde. Peut mieux faire. Mais c’est déjà ça.

Je note que la délégation française, qui avait passé la frontière syrienne s’est vu refuser de poursuivre son déplacement sur le territoire du prétendu Rojava par les Kurdes de Syrie. Pour Me. Ludovic Rivière, membre éminent de cette étrange cohorte, la raison de ce refus est claire : le blocage de Paris.

Cf. « Nos échanges sur place nous permettent d’affirmer que ce refus est dû à la pression directe des autorités françaises ».

Or, prétend Me. Rivière :

« la situation dans les camps où sont détenus de nombreux Français était explosive (…). En l’absence de toutes perspectives de création d’un tribunal international ad hoc, nous appelons les autorités françaises à ne pas laisser nos ressortissants présents dans ces camps échapper à la justice et à les rapatrier en France, seul pays où ils sont judiciarisés, afin qu’ils rendent compte de leurs actes ».

Déjà, faux ! La plupart des ces Unlawful combatants2, sont déjà « judiciarisés » sur place. Ou pourraient l’être, c’est juste une question d’organisation entre gens de bonne compagnie. Je veux dire les États concernés.

| Q. Vous mettez en doute les propos de Me. Rivière ?

Jacques Borde. Non. Tout simplement, je m’en désintéresse totalement. Ou « rien à cirer » comme disait en son temps une éphémère Premier ministre de Mitterrand, Édith Cresson.
Sinon, oui, je pense effectivement que ces terroristes – lorsqu’ils échappent, hélas aux coups des forces légitimes qui les combattent comme l’Al-Jayš al-’Arabī as-Sūrī (AAS)3 – doivent être « judiciarisés, afin qu’ils rendent compte de leurs actes ».

Mais, là, je diffère totalement de Me. Ludovic Rivière et de ses petits camarades. Pour moi c’est à Bagdad, Beyrouth, au Caire, Damas, N’Djaména, etc., que ces Unlawful combatants, doivent être « judiciarisés ».

Au plus près de leurs crimes. Et Basta ! Quant « à la pression directe des autorités françaises » (sic). Pour une fois que celles-ci font le travail… Et pour Émilie Koenig : je le répète : Qu’elle reste là bas ? Comme toutes ses petites copines, d’ailleurs. Pour le reste, concernant plus généralement la lutte contre la terreur takfirî, il serait opportun de laisser les professionnels faire leur travail.

| Q. Et, entre pros, la coopération se passe bien ?

Jacques Borde. La plupart du temps, oui.

Tenez, un exemple, le 30 mars 2021, le chef d’État-Major des armées (CEMA), le général d’armée François Lecointre, s’est entretenu par téléphone avec son homologue irakien, le lieutenant-général (général d’armée) Abdel Amir Rachid Yarallah4.

Une conversation qui a « permis d’évoquer la situation régionale au Levant. À cet égard, j’ai tenu à réaffirmer le soutien de la France au rétablissement de la souveraineté irakienne. J’ai également proposé de développer la coopération bilatérale ».

Et le général Lecointre, de rappeler que « L’appui français à l’Irak s’effectue notamment dans le cadre de l’opération Chammal », qui est le « volet français de l’Opération Inherent Resolve (OIR) qui rassemble 80 pays et organisations et dans laquelle la France est pleinement engagée ».

| Q. Je vous ai trouvé un peut court sur la guerre des drones, est-elle toujours d’actualité ?

Jacques Borde. Plus que jamais, même. Prenez la Libye et la courte guerre conduite contre l’Arménie – au sens large (ou 2ème Guerre du Haut-Karabakh)5 – par le camp néo-ottoman, les vedettes incontestées en ont été les drones made in Turkey, utilisés d’une manière particulièrement intelligente et innovante.

Tout particulièrement le Bayraktar TB2, drone de Combat d’altitude de croisière moyenne & de longue autonomie (MALE), développé à partir du Bayraktar TB1 par la firme turque Baykar.

Je pense que vous ne serez pas trop surpris d’apprendre que le pionnier du développement des drones Bayraktar est Selçuk Bayraktar, diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT), gendre du Cumhurbaşkanı6, Reccep Tayyip Erdoğan. Et, par la force des choses le CTO/CEO de la firme (quasi) éponyme Baykar par lui créée.

Au plan de l’armement, le 17 décembre 2015, le système de missile développé pour le Bayraktar TB2 est testé avec 100 % de précision et d’exactitude sur une cible de 2×2 mètres à une distance de 8 km et une altitude de 16.000 pieds (environ 5.000 m), avec deux missiles antichar à longue portée air/sol UMTAS, développés par Roketsan, une firme également turque.

À l’origine, le Bayraktar TB2 était équipé du système électro-optique canadien L3Harris WESCAM MX-15D. Patatras, le 5 octobre 2020,Ottawa décidait de suspendre l’exportation du système à la Turquie pour son implication dans la 2ème Guerre du Haut-Karabakh. Qu’à cela ne tienne, le L3Harris sera remplacé par une alternative locale : l’ASELSAN CATS. Et, dès le 6 novembre 2020, l’ASELSAN CATS était utilisé avec succès sur un Bayraktar TB2 lors d’un tir de test avec une munition MAM-L10.

À ceux que cette rapidité surprend encore, rappelons que le Cumhurbaşkanı, le très Naqshbandi7 Reccep Tayyip Erdoğan, est un homme pressé et… intelligent, comme le sont généralement les hauts-dirigeants soufis. Ce qu’est Erdoğan et non un produit (sic) du Jamiat al-Ikhwan al-Muslimin8, comme le croient, à grand tort, la plupart des observateurs.

Or,il ne faut jamais sous-estimer l’adversaire !…

[À suivre]

Notes

1 Article ou reportage meublant une période creuse, voire détournant l’attention, consacré à un événement récurrent et prévisible. Son équivalent anglophone est le terme evergreen, « [à feuilles] persistantes ». Parmi les marronniers les plus célèbres, on peut citer : les soucoupes volantes, les soldes, le changement d’heure d’été ou d’hiver, le marché de l’immobilier, la météo ou encore les embouteillages.
2 Traduite par combattant illégal, combattant ennemi ou encore combattant ennemi illégal. Défini dans le PATRIOT Act, ou plus précisément le Uniting & Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept & Obstruct Terrorism Act of 2001, pris sous la présidence de George W. Bush, qui permet de soustraire au droit commun les combattants armés capturés dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.
3 Ou Armée arabe syrienne.
4 Nommé à ce poste le 6 juin 2020, remplaçant le Lt-General Othman Al-Ghanmi, passé au poste de ministre de l’Intérieur.
5 En en arménien : Արցախ, Artsakh ou Լեռնային Ղարաբաղ, Leṙnayin Gharabagh.
6 Ou président de la République de Turquie.
7 Soit membre de haut vol de la Tariqa naqshbandiyya, une des quatre principales confréries soufies. Elle tire son nom de Khwaja Shâh Bahâ’uddîn Naqshband, qui est considéré comme son maître, bien que ne l’ayant pas fondée. Abû Ya’qûb Yûsuf al-Hamadânî, né en 1140, et ‘Abd al-Khâliq al-Ghujdawânî, né en 1179, sont les fondateurs des principes de cette voie soufie. Le soufisme compte 41 branches initiales de confréries soufies, dont 40 tirent leurs secrets spirituels de Ali ibn-Abi Talib, le gendre du prophète. Les Soufis expliquent ce fait par cette tradition prophétique (hadith) rapportée par Tirmidhi où Mahomet dit : « Je suis la cité de la science et Ali en est la porte ». L’initiation d’Ali a été faite par le dhikr (évocation, mention, rappel, répétition rythmique, du nom de Dieu) Lâ ilâha illa-llâh, en français : Je témoigne qu’il n’y a pas de divinité autre que Dieu (tawhid).
8 ou Association de la Confrérie des musulmans, autrement dit les Frères musulmans (FM).

 

A Propos Jacques Borde

Consulter aussi

Biden & de Quelques faux amis ! [2]

| États-Unis | Géostratégie | Questions à Charlotte Sawyer & Jacques Borde | Fors le …

Ce site utilise des cookies. En acceptant ou en poursuivant votre visite, vous consentez à leur utilisation .

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer