D’Erdogan à Évian : Bienvenue au Dhimmīland européiste !…[2]

| Kulturkampf | Questions & Jacques Borde |

L’Europe, ou plutôt ce qu’il en reste, est une entité géopolitiquement hémorroïdaire. Je m’explique : Incapable de gérer ses contractions & ses lâchetés permanentes, elle en est, d‘un côté – par la voix du plus Latin crétin de ses Latins crétins – à insulter le Cumhurbaşkanı Reccep Tayyip Erdoğan (ce qui ne sert à rien, si l’on ne fait que ça) &, de l’autre, à s’excuser (l’Affaire d’Évian) d’avoir osé demandé à des internautes de « RT [RT pour retweeter] si vous avez déjà bu 1L aujourd’hui ». Ainsi, écartelée entre l’alpha & l’oméga de postures de moins en moins conciliables & plus débiles les unes que les autres, l’Europe, qui fut celle des puissances, est, petit à petit, en train de devenir celle des Dhimmī. À se demander s’il ne serait pas temps de déplacer le siège des instances kollaboratrices des 27 de Bruxelles (& Strasbourg) à… Vichy ? Partie 2.

« Évian s’excuse pour avoir invité à boire de l’eau le 1er jour du Ramadan. On ne sait ce qui est le plus désolant: la meute des offensés suite au tweet initial ou cette pitoyable mise au point qui cède au tourbillon victimaire ».
Eugénie Bastié, sur Twitter.

« S’excuser parce que des abrutis sont venus comme d’habitude jouer les offusqués et les victimes, chouiner pour imposer leurs vues suite à un tweet parfaitement anodin, c’est idiot et insupportable ».
Florian Philippot.

« Le cas #evian est emblématique, et me rappelle ce surveillant au lycée qui avait dit à son collègue que par respect pour lui, il ne devrait pas manger de porc à la table ou lui même déjeunait à la cantine ».
Fatiha Agag-Boudjahlat.

« EELV a un vrai problème avec l’antisémitisme, qu’elle minore, et avec l’islamisme, qu’elle adore ».
Joseph Trumpeldor.

« La justice française donne des idées à ceux qui veulent éviter de rendre des comptes après avoir tué quelqu’un : bien se pinter au cannabis et avoir une bouffée délirante. Sarah Halimi a été assassinée deux fois ».
Eber Haddad.

| Q. L’Affaire dite d’Évian, ça vous parle ?

Jacques Borde. Oui, bien sûr. Rien d’anodin dans cette affaire dans la mesure où elle s’inscrit de vive force dans notre Kulturkampf contre la doxa takfirî relayée par les idiots utiles de la Gauche financiarisée antisémite.

Une étape de plus, en fait.

| Q. Sinon, dîtes-moi, l’accusation visant Évian tient-elle le coup, théologiquement parlant ?

Jacques Borde. Pas un instant. Pour de nombreuses raisons :

1- nous ne sommes pas en Dar al-Islam, terre de fiqh et de foi islamique. Donc la Charia n’y dispose d’aucune sorte d’autorité(s), pénale, théologique, ou morale. Sauf celles, bien sûr, que lui concède le régime de Paris. Qui, en ces affaires, a clairement choisi son camp.
2- le Ramadan – même si le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, préfère s’en soucier davantage que des Pâques chrétienne et juive, autre volet de la Dhimmītude, qui sait ? – n’a, par voie de conséquence, aucune valeur légale en France. Sa pratique, qui, soit dit en passant, viole passablement plusieurs articles, et non des moindres, de nos lois, est tolérée. Rien de plus. Et, si vous voulez mon avis, quant au fond, elle pourrait ne pas l’être.
3- petit rappel aux Unlawful combatants1 de la doxa takfirî : durant le Ramadan, il n’est absolument pas interdit de boire pendant cette période, mais il faut le faire avant la première lueur de l’aube et après la quatrième prière appelée Al-Maghrib. Est-ce vraiment à Évian de se préoccuper de tels détails, grammaticalement parties d’un tout ?
4- les us ramadanesques, pour réels qu’ils soient, ne s’appliquent que aux adeptes de la foi mahométane. Ils ne concernent en rien le reste (majoritaire) de la population.
5- pire, rien dans ce que nous suggérait benoîtement Évian ne s’oppose aux us islamiques.

| Q. Comment ça ?

Jacques Borde. Que fait précisément Évian ? Simplement rappeler la nécessité de santé publique de s’hydrater correctement pour les gens qui :

1- en ont besoin ;
2- sont majoritaire dans ce pays ;
3- les musulmans ayant des problèmes de santé et qui peuvent s’absoudre du Ramadan.

Sur ce point précis, vieux souvenir, je me rappelle fort bien que, peu d’années avant sa mort, Habib Bourguiba2, avait été médiatiquement surpris lors d’une allocution télévisée avec un verre d’eau à côté de lui. À ceux qui s’en émurent (sic) fut rappelé aussitôt la santé du président. Fin du sketch.

Pour ce que cela intéresse, les SR italiens auraient joué un rôle important dans le golpe qui provoqua la chute de Bourguiba. Dans un entretien à La Repubblica, l’ancien directeur du Servizio per le Informazioni & la Sicurezza Militare (SISMI)3, l’amiral Fulvio Martini confirmera cette hypothèse :

« En 1985, M. Craxi m’a demandé de me rendre en Algérie pour y rencontrer les services secrets (…) l’objectif était d’éviter un coup de tête » algérien. « À partir de ce moment a commencé une longue opération de politique étrangère dans laquelle les services secrets ont eu un rôle extrêmement important. À la fin, nous avons estimé que le général Ben Ali était l’homme capable de garantir, mieux que Bourguiba, la stabilité en Tunisie (…). Nous avons proposé cette solution aux Algériens qui en ont parlé aux Libyens. Je suis allé en parler aux Français (…). Le chef des SR de l’époque, le général René Imbot, m’a traité avec arrogance et m’a dit que nous autres Italiens, nous ne devions pas nous mêler de la Tunisie, qu’il s’agissait de l’empire français »4.

Pour revenir à Évian, Ce qui vient de se produire est donc bien une attaque de plus du camp de la doxa takfirî. Tout sauf une facétie sur les réseaux sociaux.

| Q. Et, face à ces actes de guerre culturelle, comme vous les nommez, que devrions-nous faire ?

Jacques Borde. Si nous étions dirigés par des hommes d’État, deux choses :

Primo, arrêter comme Fichés S tous ceux qui sont son émus (sic), au point de l’instrumentaliser, d’un incident qui, de toute évidence, n’en est pas un, mais plus réellement relève de l’acte de guerre culturelle (Kulturkampf) de la part d’ennemis de la République et de la France.

Secundo, pour en finir avec ces provocations incessantes, suspendre et interdire la pratique du Ramadan sur le territoire national. Sous peine ad minimo pour les contrevenants de Fichage S immédiat.

Sur ce point précis, on rappellera qu’un musulman empêché d’accomplir le Ramadan – maladie, restrictions, travail, etc, – peut s’en acquitter à un autre moment ou y suppléer par des compensations à négocier avec ses autorités religieuses.

Idée simple : le Ramadan dont ils rêvent de manière aussi hégémonique manque à certains ? Qu’ils l’accomplissent au moment des congés, dans le pays musulman de leur choix. Lors du Hadj5 qui, par la force des choses se passe à la Mecque (Arabie Séouitie), les musulmans qui le font quittent bien leur pays de résidence.

| Q. Pas un peu radical, tout de même ?

Jacques Borde. Non pas du tout. Rappelons qu’en Islam existe l’Ijtihād, qui est l’effort que tout ʿālim6, mufti ou simple croyant doit entreprendre pour :

1- interpréter les textes fondateurs de l’Islam ;
2- en déduire le droit musulman :
3- informer tout autre musulman de la nature d’une action (licite, illicite, réprouvée).

Pour ceux que le sujet intéresse, je leur conseille fortement la lecture des ouvrages du Pr. Charles Saint-Prot, sur le sujet.

| Q. Vous allez me trouver tatillon, mais votre Ijtihād, ça donne quoi concrètement ?

Jacques Borde. Évitons de trop nous disperser : un exemple, simple et parlant à la fois, vous éclairera.

Tous les ans, un peu en amont des célébrations de la fête chî’îte de l’Achoura (en Irak et Iran) – des commémorations assez spectaculaires, assez semblables à celles de Pénitents espagnols, où il est de tradition de faire couler son propre sang avec des scarifications rituelles et spectaculaires – le Rahbar-é Enqelâb7 (guide de la révolution) iranien, l’Ayatollah Sayyed Ali Hossaini Khâmeneî, recommande à ses coreligionnaires de remplacer ces démonstrations de foi énergiques par des dons de sang aux hôpitaux et au Jamʿiyat-é Helāl-é Aḥmar-é Jomhuri-é eslāmi-e Irān8.

Alors, pourquoi nos compatriotes musulmans ne réfléchiraient-ils pas – Ijtihād oblige, en quelque sorte – à des modes et des pratiques de leur religion moins envahissants que la pratique pure et dure du Ramadan, telle que les plus takfirî d’entre eux tentent de nous l’imposer ?

Dernier point, mon travail m’a fait fréquenter beaucoup d’amis chî’îtes (que je salue ici). Aucun n’a jamais jugé utile d’organiser, en France dans nos rues je veux dire, de défilé de l’Achoura. L’Ijtihād, encore !…

[À suivre]

Notes

1 Traduite par combattant illégal, combattant ennemi ou encore combattant ennemi illégal. défini dans le PATRIOT Act, ou plus précisément le Uniting & Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept & Obstruct Terrorism Act of 2001, pris sous la présidence de George W. Bush, qui permet de soustraire au droit commun les combattants armés capturés dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.
2 Président de la Tunisie du 25 juillet 1957 au 7 novembre 1987.
3 Ou Service des Renseignements & de la sécurité militaire.
4 La Repubblica (11 octobre 1999).
5 Ou pèlerinage rituel. Un des piliers de l’Islam ; doit être accompli au moins une fois dans sa vie par tout croyant.
6 Singulier d‘ulamā’ (ouléma). Dans le monde chî’îte duodécimain, on parle plutôt de hojatalislam wa-l-muslemin (hodjatoleslam, preuve de foi des croyants).
7 Aussi appelé Rahbar-é Moazzam (guide suprême, pas une titulature officielle).
8 Ou Croissant rouge iranien.

 

A Propos Jacques Borde

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