Du Ridicule & de Quelques hautes fonctions !…

| France | Défense & Kulturkampf | Général Bertrand Soubelet |

Sa réaction était attendue. On ne présente plus le général de corps d’armée Bertrand Soubelet1. cet homme de devoir & d’une rare modestie – pour le malheur des caciques & des courtisans – sait prendre la parole au moment opportun. Il a donc posté cette réaction sur sa page Facebook. Nous la reprenons in extenso. Le titre es de notre rédaction.

Décidément le ridicule ne décourage pas nos gouvernants.

Il y a quelques jours à peine la ministre des Armées a convoqué en Conseil de discipline plusieurs généraux en deuxième section, c’est-à-dire dans une position statutaire qui n’est pas celle de l’activité.

Motif : avoir signé la tribune publiée par Valeurs Actuelles le 21 avril dernier.

Objectif : les sanctionner.

Cette réaction politique au message d’amour pour la France de tous ces militaires est véritablement typique d’un petit monde parisien totalement déconnecté de la réalité.

On attend de nos dirigeants un peu de hauteur de vues et la compréhension des enjeux auxquels nous devons collectivement faire face.

Au lieu de positiver et de rebondir intelligemment à cette inquiétude manifestée dans la tribune et partagée par une majorité de Français voilà une réponse bien étriquée et comme on dit dans nos rangs : « garde à vous ! Je ne veux voir qu’une seule tête !

Application de l’article 1 : “le chef a toujours raison”

Mais où est le chef ?

Je parle du chef des Armées qui est resté bien silencieux depuis cet épisode. Il a chargé la ministre des Armées d’exécuter les basses œuvres.

Mais au fond qu’y a t-il dans cette lettre de si particulier ?

Que des militaires de tous grades s’adressent collectivement au Président de la République et à l’ensemble de l’exécutif ? Quel affront ! Quelle outrecuidance !

Il se trouve que ces militaires et anciens militaires sont aussi des citoyens.

Comme les autres. Avec des attentes, des inquiétudes, une conception de leur pays, de leur patrie.

Et tout cela est respectable.

En réalité les signataires n’ont rien dit de plus que ce que j’avais déclaré en 2013 devant une Commission d’information de l’Assemblée Nationale et écrit maintes fois depuis, rien de différent de ce qu’avait aussi affirmé Patrick Calvar alors directeur général de la Sécurité intérieure devant l’Assemblée Nationale en 2015 en évoquant une crainte de guerre civile ; rien de différent non plus de la déclaration de Gérard Collomb sur les marches de Beauvau parlant de Français « ne vivant plus côte à côte mais face à face ».

Qu’est ce que l’exécutif veut prouver en convoquant en Conseil de discipline ces serviteurs de l’État qui pour la plupart ont risqué leur vie pour notre pays ?

Faire un exemple ?

Pour à nouveau montrer que les militaires sont des citoyens de seconde zone à qui on demande d’aller se faire trouer la peau et de la fermer ?

Aggraver les fractures dans notre pays ?

Car plus de 70% des Français approuvent le contenu de cette lettre et partagent ces inquiétudes.

Ou alors confirmer l’autisme dont ils font preuve depuis des années devant la dégradation de la société française, maladie partagée par l’ensemble de la caste politique.

Pire j’ai la conviction que c’est la peur qui dicte cette réaction disciplinaire d’un autre âge, peur de celles et ceux qui placent au dessus de tout : les principes, la droiture, l’honneur et la défense de toutes les valeurs qui fondent notre pays et dont les politiques ne sont plus représentatifs depuis bien longtemps.

Réveillez vous monsieur le Président, mesdames et messieurs les ministres nous ne sommes plus au XIXe siècle.

Les militaires ne sont pas un danger.

Ils n’ont qu’un seul défaut. Ils aiment la France.

Nous avons plus que jamais besoin de bienveillance, de grandeur et d’audace et hélas pour la France vous n’en faites pas preuve.

Les Français vous diront clairement ce qu’ils pensent de vous en 2022.

Note

1 Ex-numéro 3 de la Gendarmerie nationale. Ancien directeur des Opérations & de l’emploi à la Direction générale de la Gendarmerie nationale. Le 18 décembre 2013, le général Soubelet est auditionné à l’Assemblée nationale par la Mission parlementaire d’information de lutte contre l’insécurité, il y souligne les difficultés rencontrées au quotidien par la gendarmerie dans sa lutte contre la délinquance : « six mille emplois supprimés, une procédure trop complexe, une justice sans moyens, des délinquants dans la nature malgré l’engagement des gendarmes et des magistrats, des coupables mieux considérés que les victimes ». Il publie Tout ce qu’il ne faut pas dire le 24 mars 2016 et se livre à une expression publique inédite pour un haut-gradé en exercice de la Gendarmerie nationale. Sa publication a lancé le débat sur la liberté d’expression des militaires et le devoir de réserve d’un fonctionnaire.

 

A Propos Jacques Borde

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