D’Anagni à Tain, le ridicule made in France culmine ! Merci qui ?

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1959 : Attentat (faux) de l’Observatoire. 2021 : Torgnole de Tain. D’où cette question lancinante comme la brûlure d’un soufflet : La torgnolyte sera-t-elle à Macron ce que la kryptonyte est à Superman ? À savoir, son point faible. À bien observer – de Observatoire, fiasco mitterrandien bien connu – ce qui s’est passé à Tain finit par générer plus de questions que d’indignation. Plus gênant : d’Anagni à Tain, le ridicule made in France semble atteint avec un affaire ou la forgerie pourrait l’emporter sur le ridicule. & là, aussi près des présidentielles…

« Je pense qu’Emmanuel Macron n’est pas innocent dans cette histoire et qu’il a sa part de responsabilité. Je pense qu’on ne gifle pas quelqu’un qui est sacré et qui est respecté (…). Damiens [Robert-François Damiens, qui a été le dernier en France à subir l’écartèlement pour avoir tenté d’assassiner le roi, NdlR] ne veut pas tuer Louis XV. Il veut simplement humilier Louis XV et lui montrer qu’il n’est qu’un homme et que le peuple est mécontent de lui et qu’aux yeux du peuple, Louis XV par son comportement a désacralisé la fonction royale et la monarchie. Il ne veut pas le tuer (…) Je pense que Macron est un peu Louis XV dans cette histoire. Il a lui-même désacralisé sa fonction et c’est très paradoxal parce que, si on se souvient des débuts d’Emmanuel Macron, il avait très bien compris que ses prédécesseurs avaient par leur comportement désacralisé la fonction. Ils ne remplissaient pas le costume ».
Éric Zemmour.

« Pas très républicain, c’est vrai ! Mais ce n’est pas non plus le Petit-Clamart ».
Jean-François Touzé, sur sa page Facebook.

« A Tain, nouvelle forme de ‘Street Art’ : l’impressionnisme… facial ! ».
Jacques Borde, sur sa page Facebook.

« Je pense que l’auteur de la gifle devrait prendre Dupont Moretti comme avocat pour s’en sortir avec un rappel à la lois ».
Renaud Duponchel.

| Q. La gifle de Tain, ça vous parle ?

Jacques Borde. Fort peu en fait, mais l’actu s’impose à nous. Le règne de la claquitude macronienne, en quelque sorte.

Ceci dit, démontons, d’entrée, quelques faussetés du cloaca mediatica maxima sur cette étrange affaire. Et, en tout premier lieu, la forgerie vétéro-marxiste du gourou de La France (in)soumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, osant nous sortir que « Macron a été giflé à Tain dans la Drôme au cri de l’extrême-droite royaliste Montjoie-Saint-Denis ». Précisons donc que :

1- Montjoie, Saint-Denis ! est le cri de guerre des chevaliers français au… Moyen-Âge.
2- ce n’est ni le cri de ralliement des Royalistes ni leur chant de combat.
3- le chant de combat, celui des Camelots du Roi (mais assez peu usité, de nos jours) plus précisément, s’intitule La France Bouge.
4- l’auteur de la baffe n’est pas connu, semble-t-il, des milieux royalistes.
5- le personnage serait pratiquant de que que l’on appelle les Arts martiaux historiques. Activité sportive assez dense (mais très codifiée pour ceux que cela attirerait) qui consiste à s’habiller en chevalier ou routier1 et à se livrer à des joutes et des lices avec épée, marteau d’armes et autres ustensiles guerriers de ces temps. Ceci expliquerait, alors, son exclamation.

| Q. Le gifleur aurait Mein Kampf, dans sa bibliothèque ?

Jacques Borde. Sacrebleu ! So what ? Un des ouvrages les plus lus au monde, avec la Bible. J’ai les deux, évidemment. La plupart de ceux qui le possèdent (et l’ont lu) ont un passé universitaire.

Livre qui n’a jamais cessé d’être en vente libre depuis avant le début de la 2ème Guerre mondiale, et qui est toujours édité par les Nouvelles Redditions latines (Sorlot). Hitler a même essayé de le faire interdire en France, en faisant un procès contre l’éditeur Sorlot qu’il a perdu.

À noter sur ce point la remarque de bons sens de Sam Uel :

« Mes auteurs de chevet : Céline, Bloy, Genet, Diderot, Virgile, Chrétien de Troyes, Mishima, Tanizaki…
Donc, selon les fabuleuses équipes d’investigation du Monde, de Libé, de L’Obs et du Quotidien, je suis logiquement un antisémite catholique et socialiste pratiquant le bushido, couchant avec des nazis, nostalgique du féodalisme ET de l’empire romain, et nationaliste japonais ».

| Q. Au-delà du grotesque de l’affaire, ne doit-on pas se poser quelques questions ?

Jacques Borde. Tout à fait. Mais lesquelles ? Comme l’a souligné Pierre Duriot :

« L’épisode de la gifle est désastreux selon ses deux versions. Il s’agit soit d’une opération de communication, avec ce président qui va directement vers son agresseur et se laisse longuement attraper le bras, avant de sembler hésiter à recevoir le soufflet prévu. Ou alors, on est dans le réel et le service de protection est totalement à la rue. Dans les deux cas, le point commun est un amateurisme pitoyable, des acteurs improvisés, ou des professionnels concernés. Comme sont marquées par l’amateurisme, la gestion de la pandémie ou les sorties à l’étranger. À l’image d’un recrutement à la ‘Benala’, dans lequel on voit des hommes issus de nulle part, ou des cercles d’amis improbables, occuper des postes les dépassant et des agences de communication sans grade gérer une pandémie, pour arriver à l’un des pires bilans du monde occidental. Historiquement, les présidents sont victimes d’attentats et les gamins mal élevés, de simples gifles. La dévalorisation impensable de la fonction, par ce président, entraîne la dévalorisation de tout le reste. Il serait grand temps de retrouver un président avec une stature et pour lui, un encadrement à la hauteur. Rigueur, mérite et exigence, doivent remplacer les troupes de bateleurs ineptes, le monde nous regarde et doit bien rire ».

Et, c’est sans doute, ces rires – qu’il soient étouffés ou franchement assumés, y change peu – qui posent problème. Qui, au plan international, va encore avoir la plus petite once de respect pour le président français, Emmanuel Jupi-Atlas2 Macron ?

| Q. Diriez-vous que cette affaire, ou plutôt les réactions à cette affaire, sont disproportionnées ?

Jacques Borde. Ça en donne, furieusement, l’impression, en tout cas. Je fais miens les propos de François Galvaire lorsqu’il nous dit que :

« À l’heure de la révolution 2.0, une mini baffe ou une vidéo de tir sur mannequin passent pour des attentats… Tout cela reste à l’image de notre époque… Minable ».

| Q. Vous n’aimez guère le sieur Mélenchon. Parce qu’il est de gauche ?

Jacques Borde. absolument pas. Je vais, une fois encore, vous raconter deux anecdotes.

Adolescent, j’ai vu arriver, seul, à dépôt de gerbes, Henri Rol-Tanguy, autrement dit le Colonel Rol-Tanguy. Il avait une de ces classes. L’allure, une manière nonchalante de se déplacer. Un chef, quoi.

Pour ceux qui ne connaissent pas le personnage, le Colonel Rol-Tanguy, communiste français, fut un dirigeant de la Résistance sous l’Occupation. Il a joué un rôle-clé dans la Libération de Paris, réalisée de l’intérieur, avant l’arrivée de la 2e Division blindée de Leclerc.

Rappelons que Henri Rol-Tanguy était :

Compagnon de la Libération (décret du 18 janvier 1946).
Grand-croix de la Légion d’Honneur.
Croix de guerre 1939-1945 (3 citations)
Médaille de la Résistance.
Croix du combattant volontaire.
Croix du combattant volontaire de la Résistance.
Presidential Medal of Freedom (États-Unis).
Orden Droujby Narodov, autrement dit Ordre de l’Amitié des peuples (URSS).

Il y a quelque quatre ans, à peu près, je me suis trouvé avec Mélenchon, tout aussi seul que Henri Rol-Tanguy l’était, là, dans le même wagon de métro, à Paris.

La Méluche baissait les yeux comme s’il avait peur d’être reconnu et pris à partie. Il était tellement grotesque que tous les autres passagers – quel qu’ait été leur couleur, âge, ou allure – étaient pliés de rire. Tout le monde l’avait évidemment reconnu.

Et c’est ça qui nous donne des leçons ?…

| Q. Désolé, pourquoi, d’Anagni ?

Jacques Borde. Un clin d’œil au Soufflet d’Anagni, qui fut le point d’orgue de la lutte opposant le roi de France Philippe IV le Bel au pape Boniface VIII.

Au début de l’année 1303, Philippe le Bel est menacé d’excommunication. Conseillé par son nouveau chancelier, Guillaume de Nogaret, il convoque un concile œcuménique à Lyon en vue de déposer le pape. Nogaret est chargé de se rendre en Italie afin de notifier, et seulement ça, les volontés du roi au pontife, Boniface VIII. Celui-ci, ayant appris les intentions de Philippe le Bel, prépare la bulle d’excommunication Super patri solio.

Nogaret décide d’organiser un coup de force avant la mise en vigueur de la bulle, le 8 septembre 1303. À la tête d’une troupe de 600 cavaliers et de 1.500 fantassins menés par deux chefs de guerre italiens, ennemis du pape, Sciarra Colonna et Rinaldo de Supino, ils investissent la petite ville d’Anagni (Latium) où réside le pape pendant l’été et s’emparent du palais pontifical, de la ville, et du pape.

Dans l’échange d’amabilités et de noms d’oiseaux qui va suivre entre le trio et le pape, Colonna est donné pour avoir décoché un revers ganté de fer à Boniface. D’où la référence au Soufflet d’Anagni.

Mais, dans sa biographie, qui fait autorité, de Philippe le Bel, Jean Favier estime que ce n’est qu’au XIXe que prit naissance le mythe affirmant que Sciarra Colonna aurait giflé le pape. En réalité, aucun témoin contemporain n’a jamais évoqué une gifle.

Libéré, Boniface VIII repart pour Rome où il meurt un mois après, le 11 octobre 1303. Son successeur, Benoît XI, abroge la bulle Super Patri Solio, mais il écarte de l’amnistie les coupables directs de l’attentat d’Anagni, Colonna et Nogaret, à qui il consacre la bulle d’excommunication Flagitiosum Scelus, du 7 juin 1304.

Fort heureusement, le nouveau pape défuncte à son tour le 7 juillet 1304. Le nouveau, Clément V (élu en 1305) est le Français Bertrand de Got, qui installe la papauté à Avignon en 1309 et lève en 1311 toutes les condamnations portées contre le roi et ses conseillers, déclarant que durant tout le conflit l’attitude de Philippe le Bel avait été « bonne et juste ».

Que pourrait bien nous dire l’Argentin François à propos de la Tarte de Tain ? Qu’on a moins mal sans gantelet de preux ? Et nous pondre la bulle (latin de cuisine) Per Quicham populum non prendere.

Notes

1 Soldat en fait, une troupe étant, notamment, appelée une route.
2 Selon les surnoms que, selon la légende élyséo-macronienne, que lui aurait trouvé sa moitié, dame Brigitte.

A Propos Jacques Borde

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