Mila, envers & contre tout !…

| France | Endkampf | Thierry Seveyrat |

Excellent papier sur l’Affaire Mila, apparu sur ma page FB. Du coup, je reposte tout in extenso. Quid des agresseurs de MILa, me dire-vous ? À titre perso : Fichage S & cours martiales. La plaisanterie du consensus mou et/ou de la complicité du régime de Paris face aux Kamiz brunes de cités de Charia a assez duré. Le titre étant de la rédaction.

Il est difficile de sortir du procès #Mila autrement qu’avec un terrible sentiment d’injustice, pour ne pas parler de celui d’une bavure judiciaire. Les délibérations seront rendues mercredi 7 juillet, mais d’ores et déjà on ne peut qu’être saisi par la totale dissymétrie qui a été la norme de toute cette première grande affaire du nouveau parquet contre la haine en ligne. C’est un fiasco.

Les réquisitions du parquet sont insignifiantes, entre 3 et 6 mois de prison avec sursis sans inscription au casier judiciaire B2, tous les avocats ont plaidé la relaxe de leurs clients et il est prévisible qu’un certain nombre, si ce n’est la majorité l’obtiennent, parmi les 13 prévenus. En lui-même ce chiffre de 13 prévenus reflète tout « le malaise », pour reprendre les termes du président du tribunal, de ce procès : la jeune femme a subi plus de 100.000 messages de haine, 506.000 messages en 12 mois, un flux plus élevé que celui de la coupe mondiale de foot lors des déferlements les plus intenses, et sur ces 100.000 auteurs potentiels, ne reste au final que 13 mis en cause qui n’écoperont au mieux que de peines symboliques.

De surcroît si ce chiffre de 13 inculpés semble infinitésimal face au nombre d’auteurs de messages haineux, il fut simultanément disproportionné face à Mila : brillamment défendue par Richard Malka, elle s’est toutefois retrouvée ensuite face à 13 avocats consécutifs, usant d’une demi-heure chacun, pour défendre leurs clients, soit six heures et demi de défense des harceleurs face à 25 minutes de défense de la victime, outre quantité de recours multipliés par 13, qui sont allés des Questions Prioritaires de Constitutionnalité aux demandes satisfaites de levées des contrôles judiciaires des prévenus, de production de pièces complémentaires dilatoires en considérations technologico-philosophiques sur les jeunes, les réseaux sociaux, les années 80 et aujourd’hui…

De l’autre côté, une jeune femme de 18 ans qui depuis 17 mois est privée de vie, reste en permanence sous protection rapprochée, c’est sa mère qui chaque jour lit tous ses messages en y passant des nuits entières en plus de son travail, elle parle de violence extrême, « comme si des allumettes m’ouvraient les yeux » à chaque message de haine, les vagues d’attaques sont totalement indépendantes de l’activité ou du retrait de Mila des réseaux sociaux, par exemple lors des prises de position hostiles de Cyril Hanouna, de Ségolène Royal, Raquel Garrido ou Nicole Belloubet, qui ont re-déclenché à chaque fois des tornades de haine numérique, elle souffre de dissociation traumatique, de cauchemars, de troubles du sommeil, d’alimentation « totalement déstructurée », elle pleure beaucoup, parfois pendant « des heures, des jours ou des semaines », elle se parle parfois à elle-même, a beaucoup d’idées noires, l’impression « d’avoir des lignées de couteaux derrière le dos », « je ne savais pas que je pouvais me retrouver dans ce genre de situation », « j’ai toujours plus l’impression d’avoir tout perdu, l’éducation nationale et l’armée ne peuvent pas assurer ma sécurité », « c’est normal d’avoir envie d’en finir après avoir vécu de telles horreurs, j’essaie juste de rester optimiste, ce qui me reste c’est la justice, je ne serai jamais habituée à souffrir », « je ne me vois aucun avenir et en plus il faudrait que je quitte les réseaux sociaux, c’est aujourd’hui mon seul contact avec la vie, c’est comme si on disait à une femme violée dans la rue qu’elle ne doit plus retourner dans la rue », et pourtant « je ne me soumettrai pas », « si je n’avais pas fait cette deuxième vidéo [de réplique] je serai morte intellectuellement, je veux me battre et essayer d’être heureuse pour le temps qu’il me reste, je me supplie de rester comme ça », in fine « l’affaire Mila ne me définit pas ».

Ce qui est terrible est que le procès a permis à Mila de s’exprimer, mais parmi ses 13 harceleurs dont seuls trois sont musulmans, et dont on ne sait pas vraiment comment ils ont réellement été choisis, seul un a exprimé des regrets et présenté des excuses, tous les autres ont continué à se présenter eux-mêmes comme des victimes, la palme du mépris revenant au plus âgé, 30 ans, Jordan Leroux, cuisinier, défendu par Juan Branco, qui avait proposé « un coup de bite pour la faire taire », et qui a conclu son audition en parlant de « supercherie » et de « spectacle », qui est sorti de salle à plusieurs reprises, rentrant en dernière instance avec une cigarette à l’oreille. Plusieurs des prévenus ne sont même pas venus, « il a un travail », « elle avait peur » (3 femmes pour 10 hommes).

Me. Malka : « je ne sais pas ce qu’elle va devenir ».

On se pose aussi cette question pour cette génération.

 

A Propos Jacques Borde

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