Gérontocratie US Vs Taliban : Retour de la Théorie des dominos ?

| É-U / Afghanistan | Géostratégie | Eber Haddad |

Retour sur la Question afghane telle que gérée par Sleepy Jo Biden, Nancy Antoinette P. Pelosi & leur équipe de bras cassés. Quelques éléments de divergence avec nos propres analyses, ce qui est une raison de plus de lire ce papier. Le titre est de la Rédaction.

Les États-Unis sont dirigés actuellement par une gérontocratie corrompue jusqu’à la moelle et figée dans les années 70, qui ne comprend rien aux affaires du monde contemporain, notamment l’Islamisme et ses dangers. Les deux personnages les plus importants du gouvernement fédéral américain, Biden et Pelosi, sont deux octogénaires séniles, dépassés par les événements et motivés bien plus par la haine de leurs adversaires politiques que par l’amour de leur patrie ou de leur peuple. Ils sont capables de tout y compris nuire à leur propre pays pour arriver à leurs fins et tous les moyens sont bons pour y parvenir. Ce n’est pas nouveau que les Démocrates s’acharnent à humilier leur pays, pas seulement par méconnaissance de la politique internationale mais aussi pour régler des comptes avec leur opposition, les Républicains, et par avidité du pouvoir, quitte à ce que soit ruineux ou même dévastateur.

Au Viêt-Nam, les Américains, après s’en être largement retirés à la suite des Accords de Paris, avaient promis à l’armée du Sud Viêt-Nam un soutien aérien tactique mais surtout de leur fournir des armes pour contrebalancer les nombreuses fournitures d’armes et de munitions au Nord Viêt-Nam communiste par l’URSS et la République Populaire de Chine (RPC). Cela a permis à l’armée sud-viêtnamienne non seulement de tenir tête aux offensives nord-viêtnamiennes mais aussi de reprendre le contrôle de certaines régions. Cependant aux États-Unis les Démocrates, Ted Kennedy en tête, cherchaient par tous les moyens à discréditer le président Ford, qui avait succédé à Nixon démissionnaire, pour gagner les élections présidentielles de 1976 où l’abominable et incompétent Jimmy Carter fut élu. Grâce à la majorité qu’ils détenaient au Congrès, les Démocrates ont réussi à totalement bloquer les fournitures d’armes au Sud Viêt-Nam, provoquant ainsi la défaite des Sud-Viêtnamiens et la chute de Saïgon qui s’ensuivit en 1975. Après y avoir envoyé plus de 2.700.000 soldats américains au cours des années de guerre, avec une présence qui a atteint à son apogée plus de 540.000 hommes et après y avoir eu 58.000 morts et 300.000 blessés, sans compter les centaines de milliers de civils et militaires Viêtnamiens des deux côtés, morts ou blessés, et dépensé l’équivalent d’un trillion de dollars d’aujourd’hui (170 Md$US de l’époque), les États-Unis ont provoqué leur propre défaite en grande partie pour des raisons de politique intérieure mais aussi par ignorance de la géopolitique de cette région, de l’idéologie communiste et des intérêts de l’URSS et de la Chine prêts à sacrifier des millions de civils et militaires pour rendre le Viêt-Nam totalement communiste. Staline et Mao l’avaient déjà fait chez eux.

L’Histoire se répète… et bégaye et c’est à présent l’idéologie islamiste que les Américains ne comprennent pas. Aujourd’hui c’est en Afghanistan qu’un scénario similaire se produit après 20 ans de guerre sans buts réels où le tâtonnement a primé sur la stratégie, et que les Américains recommencent la même débandade qu’au Viêt-Nam en 1975. Biden nous montre son seuil d’incompétence mais ceux qui tirent les ficelles de cette marionnette, notamment Obama, Soros et les autres, nous dévoilent leurs préférences pour les régimes islamistes les plus fanatiques et les plus extrémistes. En 2009, Obama avait totalement laissé tomber le peuple iranien qui ne voulait plus de la main de fer de la « mollarchie » totalitaire qui le dominait et était sur le point de réussir à la renverser en bloquant l’économie du pays. Obama a laissé les Iraniens épris de liberté se faire massacrer, non seulement, sans leur venir en aide mais en ne faisant même pas une petite déclaration de soutien à leur endroit, tant il était impérieux pour lui de signer avec ces gangsters l’accord nucléaire le plus stupide de l’Histoire. Il a ainsi entériné l’élection frauduleuse d’Ahmadinéjad. Quelques temps après, il a réitéré son soutien aux Islamistes en provoquant, en accord avec le Qatar, les révolutions surnommées à tort « printemps arabe », lâchant ses meilleurs alliés au Moyen-Orient, faisant assassiner, par l’aviation US, Kadhafi pourtant bien assagi, et avec comme résultat une déstabilisation profonde de la région qui dure encore et a ouvert les vannes à toutes les horreurs que l’on sait ainsi qu’à l’afflux de migrants dans les pays européens dont les effets n’ont pas fini de se faire sentir. Nombre de ces migrants, qui ont fait la richesse des passeurs et des trafiquants d’êtres humains, ont péri en mer durant leurs traversées ce qui a rajouté encore plus de malheur aux malheurs.

Hier, 14 août 2021, les autorités politiques et militaires américaines annonçaient que la prise de Kaboul n’était pas imminente, 12 heures plus tard les Tāliban étaient à l’intérieur du palais présidentiel et le président afghan en fuite ! C’est dire la perspicacité, la sagacité et la compréhension des Américains après bientôt 20 ans de présence sur place ! On peut n’en avoir rien à faire de l’Afghanistan mais il faut quand même se rendre compte de la réalité, c’est un désastre géostratégique qui s’abat sur le monde. Ce retrait d’Afghanistan est un échec retentissant dont les manuels tant militaires que ceux de sciences politiques parleront pendant des siècles. L’ineptie de l’Administration Biden à l’œuvre ! Non seulement cette victoire des Tāliban va redonner vie aux mouvements islamistes dans le monde entier mais ces derniers vont s’en inspirer pour se remettre en selle dans de nombreuses régions, y compris dans les pays occidentaux. Les nouveaux dirigeants afghans vont, comme ils le faisaient avant 2001, donner asile à tous les terroristes islamistes de la planète mais aussi en former de nouveaux, tout en provoquant un exode d’une partie de leur population, ce qui leur sera doublement bénéfique puisqu’ils se débarrasseront de bouches à nourrir que leur gestion de l’économie ne permettra pas d’accomplir mais y glisseront des terroristes, futures cellules dormantes, un peu partout ailleurs. On peut parier que ce pays s’alliera à la Chine qui disposera d’un moyen de pression de plus sur le monde, particulièrement sur les pays occidentaux. Après un tel fiasco, plus personne n’osera attaquer l’Afghanistan qui deviendra de facto un sanctuaire pour les terroristes islamistes et une base arrière vitale pour ce mouvement. Il est à noter que le Qatar, dictature islamiste maquillé en partenaire respectable a, une fois de plus, été consulté pour les « négociations de paix » entre les États-Unis et les Tāliban qui se sont déroulées à Doha et y a même été partie prenante. Étonnant de voir l’influence de ce pays, dictature islamiste sunnite aux relations étroites avec les Mollahs d’Iran, sur les États-Unis… et sur l’Europe également ! La médiocrité et l’ignorance, sont ce qui caractérise le mieux l’Administration Biden. La population afghane, pour sa part, va être soumise aux Tāliban fanatiques et tyranniques et leurs premières victimes seront, comme auparavant, les femmes qui seront maltraitées et soumises aux hommes et les jeunes filles à qui il sera désormais impossible et même interdit d’aller à l’école ou de s’instruire d’une quelconque manière dans le silence complice et assourdissant des organisations féministes occidentales. La théorie des dominos fonctionnera une fois de plus et les conséquences de cette victoire talibane seront mondiales.

En parallèle de ces événements, la Tunisie, situé à peine à un peu plus de 100 kilomètres des frontières de l’Europe, dont la situation géographique est éminemment stratégique, est très convoitée par les Islamistes qui y sont un parti dominant depuis le renversement du régime Ben Ali en 2011, un bras de fer est engagé entre le président de la République, Kaïs Said, et les Islamistes depuis le 25 juillet dernier. Les Islamistes tunisiens, dirigés par Rachid Ghannouchi proche d’Erdoğan, sont très bien financés par le Qatar et sa complice la Turquie, bénéficiant de l’écoute et du soutien de beaucoup de politiciens à Washington, la quasi-totalité étant Démocrates, de nombreux contacts et relais aux plus hauts niveaux et de l’accès à l’Administration Biden. Quelle que soit la sympathie qu’on porte au président tunisien il faut le soutenir dans ce combat ; c’est lui qui fait le « sale boulot » d’essayer de sortir son pays des griffes de l’Islamisme et il ne semble pas, cette fois également, que les États-Unis, et même l’Europe pourtant première concernée au premier chef, aient compris les enjeux et qu’il leur faudrait l’appuyer dans cette épreuve. À quoi bon faire des guerres dans des pays lointains, Mali, Afghanistan, surtout quand c’est pour la perdre ou abandonner le théâtre d’opération avant d’obtenir des résultats, pour soi-disant combattre l’islamisme si on ne soutient pas les pays musulmans, surtout s’ils sont voisins, lorsqu’ils cherchent à s’extirper de l’Islam radical ? Ça parait de plus en plus incompréhensible.

 

A Propos Jacques Borde

Consulter aussi

Zone tampon, en quelque sorte…

| Pologne / Bélarus | Migrants | Agences | Faute de mieux, Varsovie décrète l’état …