Afghanistan : Fiasco, lâchetés & conséquences [1]

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Le vainqueur d’un conflit l’emporte par ses qualités propres mais aussi en raison des faiblesses de l’ennemi. S’il est évident d’admettre que les Tāliban sont d’excellents combattants & tacticiens – leurs qualités (sic) morales étant un tout autre sujet, mais ce blog ne traite pas de philo ou de morale –. Quid de ceux de l’autre camp ? À se parer de toutes les vertus, militaires & autres, les Occidentaux que nous sommes ont-ils été à la hauteur de leur verbe toujours haut & suffisant ? Simple exemple : à nous vautrer dans notre onanisme moralisateur, pompeux & moderniste, ce sont, nous, les militaires occidentaux, qui décidions qui faire monter à bord de nos avions (pas les Tāliban, que je sache), comment se fait-il que nous ayons laissé autant de femmes & d’enfants derrière nous ? Poser la question, c’est, largement y répondre. Mais de Napoléon à Churchill, abandonner ceux qui se sont engagés à nos côtés à toujours été la honte de l’Occident. Partie 1.

« La victoire des Tāliban, aussi tragique soit-elle, n’oblige en rien la France à accueillir des migrants afghans. La priorité absolue des pouvoirs publics devrait être de protéger les Français de ce tsunami migratoire qui vient ».
Stéphane Ravier.

« Le président a été résolu pendant des années à permettre la prise de contrôle de l’Afghanistan par les Tāliban. Il espérait que, lorsque l’inévitable se produirait, les Tāliban auraient soif de légitimité internationale – l’étalon-or transnational-progressiste – et donc qu’ils se comporteraient (relativement parlant) bien en prenant le contrôle. Dans l’intervalle, lorsqu’il était en son pouvoir de le faire, Biden a entrepris de gagner les Tāliban à sa cause par des concessions et des accommodements choquants, y compris en sabotant le gouvernement et les forces de sécurité afghanes, ce qui a facilité le chemin des Tāliban vers Kaboul. Au final, ils ont à peine eu à tirer un coup de feu pour prendre le pouvoir ».
Andrew McCarthy, in National Review.

« Y’a un truc que je pige pas. On nous dit que l’essentiel des personnes menacées en Afghanistan sont des femmes.Fort bien. Dans ce cas pourquoi l’écrasante majorité de ceux qui demande l’asile en France sont des hommes ? D’ailleurs combien de réfugiées afghanes la France a-t-elle accueilli ces dernières années ? Quasi aucune ? Merci au revoir ».
Jean Messiha, sur CNews.

« Les voilà ici et de l’autre côté de l’Atlantique en train de nous jouer le morceau de la compassion sur le sort futur des femmes Afghanes, mais à la vérité ils s’en foutent royalement. D’ailleurs tout ces gouvernants et autres mondialistes sont incapables d’appliquer les lois anciennement démocratiques dans leur propre pays.  Quand à l’UE cette nébuleuse éthérée elle ferait mieux de fermer son clapet. L’Occident a perdu sa puissance et ce ne sont pas ces progressistes imbus de suffisance qui la lui feront retrouver puisqu’ils en sont les principaux responsables ».
Aristotellis Follet.

| Q. Ces Afghans qui ont travaillé pour l’armée française et qui appellent à l’aide ?

Jacques Borde. Pauvres gens. Mais, désolé, c’est du foutage de gu…e sur toute la ligne. Deux anciens de nos interprètes afghans auraient pu rejoindre Paris, grâce à un vol d’évacuation, le lundi 23 août 2021, semble-t-il. Sauf que nos troupes ont plié bagage en.. 2014. Nous sommes en 2021 : cherchez l’erreur !..

| Q. Philippot s’indignant du terme de rapatriement à propos des Afghans ?

Jacques Borde. Il a tout à fait raison. À l’exception de quelques cas extrêmes de bi-nationaux, et encore, rapatrier signifier ramener dans sa patrie. Or, depuis quand la France est-elle la mère-patrie d’un Afghan ? Cessons de tout mélanger !…

Malgré le filtrage promis, parmi les premiers Afghans arrivés en France, entre 5 et 6 – en fait, on ne sait plus très bien – étaient en relation avec les Tāliban. Ça promet…

Rappelons aussi que toutes les politiques migratoires européistes ont consisté à laisser venir ceux qui le voulaient et à empêcher toute expulsion. Il s’agit au mieux d’une politique de démission totale, de capitulation préméditée, d’une lâcheté intégrale. Et, là, nous sommes en temps de guerre.

Ensuite, sommes-nous vraiment capables de faire la différence entre ceux qui viennent toquer à notre porte. Avons-nous la capacité de séparer le bon grain de l’ivraie ?

| Q. Vous en doutez ?

Jacques Borde. Furieusement.

Ainsi, nos media nous annonçaient que nos SR ont repéré 3 ou 5 Afghans suspectés d’avoir collaboré avec les Tāliban… Sauf que c’est faux ! Ce sont des Afghans qui ont dénoncé leurs petits camarades.

| Q. Pourtant, à écouter l’ex-préfet Prouteau : renvoyer des Afghans dans leur pays, serait les mettre en danger ?

Jacques Borde. C’est son opinion et personne n’est parfait. À rappeler que cet ancien patron du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) a aussi eu affaire à la justice :

-dans l’Affaire des Irlandais de Vincennes, pour laquelle, il est relaxé en janvier 1992.
-en 2005, il est condamné à une peine de huit mois de prison avec sursis et au versement d’une amende de 5.000 € dans le cadre de l’Affaire des écoutes de l’Élysée.

D’où cette question (faussement) naïve : lorsque le colonel (CR) Christian Prouteau nous donne son avis, c’est :

-l’ex-patron du GIGN qui s’exprime ?
-l’ex-barbouze élyséenne émargeant désormais sur un media du tycon Vincent Bolloré, proprio de CNews ? Comme dit l’ancien clown médiatique d’une autre chaîne : Les Français ont le droit de savoir !

| Q. Mais, sur la question afghane, les alliés de Washington ont suivi sans vraiment broncher ?

Charlotte Sawyer. Oui, à reculons pour certains, mais, ils suivent tous. Avaient-ils et ont-ils vraiment le choix ?

Évidemment que non, les OTANiens sont piégées par leur infini autisme géopolitique, leur lâcheté permanente et leur éternel statut de seconds couteaux de l’hêgêmon thalassocratique étasunien.

Ainsi, à Londres l’heure a été – un peu, n’exagérons rien – à la soupe à la grimace. Même au sein du Labour, on a tiré à boulets rouges sur l’administration Biden-Harris.

La Shadow Foreign Secretary1 travailliste, Lisa E. Nandy, a dû reconnaître à la BBC que « L’une des retombées de la décision des États-Unis de se retirer et de se retirer très rapidement, puis de celle du Royaume-Uni, est que cela a envoyé un message aux Tāliban, à savoir qu’ils pouvaient se promener dans tout l’Afghanistan, avec une liberté relative et très peu de conséquences ».

| Q. Et l’ONU ?

Jacques Borde. Faute de réels pouvoir, le machin, comme l’appelait le Général2, se paye de mots. À vrai dire que peut-il faire d’autre ?

Ainsi, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme (HCDH), Michelle Bachelet3, nous a fait son numéro de (fausse?) indignation contrôlée, affirmant qu’« Une ligne rouge fondamentale sera la façon dont les Tāliban traitent les femmes et les filles et respectent leurs droits à la liberté, à la liberté de mouvement, à l’éducation, à l’expression personnelle et à l’emploi, conformément aux normes internationales en matière de droits de l’Homme (…). En particulier, la garantie de l’accès à une éducation secondaire de qualité pour les filles sera un indicateur essentiel de l’engagement des Tāliban en faveur des droits de l’Homme ».

Bon, et après ?

| Q. Dites-moi Charlotte, le ton monte entre Biden et son opposition ?

Charlotte Sawyer. C’est le moins qu’on puisse dire. Au point que, depuis quelques temps déjà, le président des États-Unis, Joseph Joe Robinette Biden, Jr., qui ne manquait pas de surnoms peu glorieux le visant, vient d’en hériter un nouveau qui – de mon point de vue, en tout cas, résume assez bien le bonhomme – : Coward-in-chief, en lieu et place de Commander-in-chief.

Soit dans la langue de Molière : lâche-en-chef au lieu de commandant-en-chef.
Tout commentaire supplémentaire sur ce sujet précis me semblant franchement inutile.

Jacques Borde. Mais gardons-nous de trop nous moquer de nos amis américains.

| Q. Difficile de faire mieux, non ?

Jacques Borde. Si Marc Amblard avait raison de dire que « Retirer les militaires d’un pays hostile en laissant sur place près de 15.000 civils américains4, désormais bloqués, et des milliards de matériel de guerre est sans précédent » ; notre propre Histoire ne lui donne pas tout à fait raison.

| Q. Comment ça ?

Jacques Borde. Un Commander-in-chief français a, à quatre reprises, abandonné ses troupes, blessés y compris, et tout son matériel à l’ennemi :

-en Égypte.
-en Espagne.
-en Russie.
-en Belgique.

Il est assez connu de nos écoliers, lycéens et étudiants : c’était Napoléon !…

[À suivre]

Notes

1 Ou ministre des Affaires étrangères.
2 De Gaulle.
3 Ancienne assez lamentable Presidente de la República de Chile (présidente de la République du Chili).
4 Chiffres ramenés à la baisse depuis.

 

A Propos Jacques Borde

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