Oui à l’État stratège

| France | Éco | Jean-François Touzé |

Ne pas oublier les enjeux économiques de cette présidentielle. Ce que vient de faire Jean-François Touzé, dans ce papier, Le titre, légèrement modifié est de notre rédaction. Bonne lecture.

« A l’image de Barnier qui après avoir été le Gauleiter de l’Europe, Macron après avoir détruit et vendu tout ce qui est national depuis son élection, tente aujourd’hui de nous vendre la réindustrialisation du pays, une sorte de “en même temps” en quelque sorte ».
Christian Perez.

Réindustrialiser la France, la placer à la fois au centre et à la pointe de la recherche et de l’innovation européenne, reconquérir notre souveraineté technologique, numérique, alimentaire, sanitaire, reconstituer une indépendance énergétique à partir de mini-centrales nucléaires et de l’hydrogène (tout en promettant — l’électorat vert ne devant à ses yeux ne surtout pas être négligé — 500 nouveaux millions pour les éoliennes), redonner à l’État les moyens de définir les contours stratégiques de la reconstruction économique française, voilà les ambitions affichées par Emmanuel Macron qui présentait ce mardi son plan d’investissement “France 2030” chiffré à 30 milliards d’euros sur cinq ans.

De telles dispositions et de tels objectifs ne peuvent laisser indifférents les nationaux qui prônent depuis longtemps l’avènement de l’État stratège. Il ne s’agit pourtant que d’un mirage.

Mirage car dans “État stratège” il y a “État”, cet État qu’il faudra d’abord reconstruire avant de songer à en faire le deus ex machina de l’investissement français. La déconstruction nationale en marche est antagoniste à ce projet. L’État stratège suppose en préalable la mise en place d’un État national.

Mirage car le financement de ce plan reste assis sur des présomptions. Présomption d’une croissance dépassant les 6%, présomption d’une inflation maîtrisée malgré la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, présomption de la pérennité des taux d’intérêts bas, voire négatifs, présomption d’une situation nationale et internationale à données constantes.

Mirage enfin car rien ou presque n’est dit dans l’intervention du président de la manière dont seront répartis, choisis, décidés ces investissements. Se référer à De Gaulle et à sa très surestimée politique industrielle confiée à la nomenklatura technocratique, c’est oublier ce que furent ses échecs dramatiques comme le procédé SECAM, le Concorde, ou le Plan Calcul décidé en 1966 pour assurer l’autonomie de la France en matière d’informatique et qui se termina en fiasco.

Compter sur la pertinence des choix opérés par les technocrates et les énarques en responsabilité administratives ou pantouflards du pouvoir, c’est se condamner enfin à rejouer indéfiniment la pitoyable pièce du Minitel des années 80 qui nous fit passer à côté de la révolution numérique et nous ridiculisa aux yeux du monde entier.

Macron, une fois de plus, dans l’incantation et le saupoudrage pré-électoral, joue les marchands d’illusion à quelques mois de la Présidentielle, enrobant son discours de considérations cyniques, décalées et globalisantes sur les défis démographiques, climatiques, humanitaires, usant du chéquier dématérialisé de la France pour tenter de faire miroiter aux Français la vieille lumière hollogrammique de leur grandeur oubliée, et déversant sur eux sa poudre de perlimpinpin.

L’État stratège oui. Mais pas avec lui.

A Propos Jacques Borde

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