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Hariri empêché (sic) à Riyad, Ils ont dit…

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L’Affaire Hariri, en clair l’empêchement (de circuler) imposé au Premier ministre libanais, Saad Hariri, séquestré à Riyad par l’administration néo-barbaresque wahhabî n’en finit pas de faire des vagues. À noter, qu’à ce jour & en dépit de leurs mâles paroles, aucun acteur du grand jeu au Proche-Orient, n’a réussi à faire plier le nouveau boss du royaume, Mohamed MBS Ibn-Salmān Āl-Séʻūd, plus tenace qu’on l’aurait cru. Comme quoi.
Quant à savoir si Saad Hariri sera plus libre de sa parole une fois à Paris, c’est une autre histoire..

| À toutes fins utiles…

… Le président libanais, Michel Aoun a rappelé que « la liberté de M. Hariri a été restreinte » en Arabie Séoudite. De son côté, l’ensemble de la classe politique libanaise évoque une « assignation à résidence » en Arabie du Premier Ministre.

| Paris de plus en plus embarrassé par la crise libanaise.

« … Il faut qu’il puisse « remettre sa démission au chef de l’État, s’il veut effectivement démissionner, à moins qu’il ait changé d’avis entre-temps », a souligné l’Élysée.

| Pas de MBS à Bagdad pour l’instant !

« Les agissements en Arabie Séoudite et dans la région ainsi que la question du Liban ou plutôt la démission de Saad Hariri ont compliqué les affaires régionales. De sorte que l’Irak n’aurait peut-être pas intérêt à recevoir un dirigeant en conflit avec l’Iran (…) . L’Irak tient à son indépendance et ne prendra pas partie de l’un pour s’opposer à l’autre. Ce n’est pas le moment propice pour recevoir le prince héritier. Sa visite sera envisageable à la fin des conflits. L’Irak qui n’accepte pas les prises de positions hostiles de Riyad envers l’Iran et le Hezbollah, va certainement reporter ce voyage (…). A présent, MBS tente de renforcer ses relations avec certains pays en voyageant un peu partout. Tandis que les indicateurs politiques révèlent la complexité de la situation régionale et la gravité des mesures hostiles que l’Arabie Séoudite s’efforce de mettre en œuvre contre l’Iran et le Hezbollah ».
Jassem Mohammad Jaafar du Ḥizb al Daʿwa al-Islāmiyya (Irak).

| Raison garder… !

Pour le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallâh, qui a invité tous les Libanais « à maintenir le calme et la sérénité par rapport à la stabilité politique et économique du pays (…). Nous savons bien, ce que pourrait être la stratégie arrogante de Riyad et de Tel-Aviv, mais j’invite tout le monde à attendre le retour de Hariri [si cela devait arriver, NdlR] pour comprendre ses motivations et pour trouver des solutions ».

| Le Drian préoccupé. Mais guère plus…

« Pour qu’il y ait une solution politique au Liban, il faut que chacun des responsables politiques ait évidemment sa totale liberté de mouvement et que la non-ingérence soit un principe de base (…). Nous sommes préoccupés de la situation au Liban (…) nous sommes soucieux de sa stabilité, (…) de son intégrité, nous sommes soucieux de la non-ingérence et soucieux de la constitution libanaise », a déclaré le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, en arrivant à la réunion des chefs de la diplomatie des 28.

| Le Liban n’est pas un jouet. Y compris de Riyad.

Réaliste (pour une fois) la diplomatie allemande, par la voix de son chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, n’a pas épargné (verbalement, il s’entend) Riyad, notant que « Le Liban risque de retomber dans de graves confrontations politiques et peut-être militaires. Afin de prévenir ceci, nous avons en particulier besoin du retour (au Liban) du Premier ministre actuel, d’une réconciliation dans le pays et d’empêcher une influence de l’extérieur (…). Le Liban ne doit pas devenir un jouet de (…) la Syrie, de l’Arabie Séoudite ou d’autres ».

| Ne pas importer les crises régionales !

« Nous ne voulons d’aucune interférence extérieure » au Liban et « nous jugeons qu’il est essentiel d’éviter d’importer au Liban des conflits régionaux, des dynamiques régionales, des tensions régionales qui doivent rester en dehors du pays » a estimé la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères & la politique de sécurité, Federica Mogherini, à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l’UE à Bruxelles.

| Mise au point iranienne !

« Saad Hariri prétend m’avoir averti, lors de notre rencontre, contre l’ingérence de l’Iran dans les affaires intérieures du Liban alors qu’il ne me l’a pas dit. En effet, l’ambiance de notre entretien n’était nullement tendue ni violente (…). Ce que M. Hariri a dit concernant ses mises en garde contre l’Iran est le reflet de ce que les Séoudiens lui ont suggéré, car l’Arabie Séoudite ne peut pas tolérer que l’Iran et le Liban entretiennent des relations amicales. Je n’ai pas menacé M. Hariri non plus. On s’est entretenus des questions importantes de la région. Il voulait assurer, en quelque sorte, une médiation entre l’Iran et l’Arabie Séoudite et je lui ai dit que nous n’étions pas hostiles aux Saoudiens, mais que nous nous opposions aux bombardements que mène l’Arabie Séoudite depuis deux ans contre les Yéménites (…). La guerre que mènent les Séoudiens contre le Yémen et le blocus de ce pays ont abouti à la propagation de l’épidémie du choléra qui a touché, jusqu’ici, plus de 700.000 personnes1. Cette question n’a rien à voir avec la politique. C’est exclusivement pour des questions humanitaires que les Séoudiens doivent s’asseoir à la table du dialogue avec les Yéménites ».
Pr. Ali Akbar Vélayati, haut conseiller du Rahbar-é-Enqelâb (guide de la révolution), l’Ayatollah Sayyed Ali Hossaini Khâmeneî.

| Première… !

Le président iranien, le Dr. Hassan Feridon Rohani, a accusé l’Arabie Séoudite d’« ingérence flagrante dans les affaires d’un État indépendant comme le Liban, en forçant quelqu’un de démissionner pour le remplacer par un autre. De tels actes sont très rares dans l’histoire (…). Qu’avez-vous à voir avec cette question ? Sur quelle puissance vous comptez pour prendre de telles mesures ? Vous croyez vraiment que l’argent jouit d’autant d’influence ? Nous n’avons jamais vu dans l’histoire qu’un État islamique prenne de telles mesures, ce qui prouve l’immaturité dont souffre les responsables séoudiens qui sont chargés de la gestion des affaires de ce pays ».

| Aoun hausse le ton !

« Rien ne justifie que M. Hariri ne revienne pas après 12 jours. Nous le considérons donc comme en captivité et détenu, ce qui est contraire à la convention de Vienne » régissant les rapports diplomatiques entre pays. « L’Arabie séquestre aussi la famille de M. Hariri . Nous n’avions pas demandé auparavant son retour mais nous sommes désormais surs qu’elle est elle aussi séquestrée et ses membres font l’objet de fouilles en sortant de chez-eux ».
Tweet du président libanais, Miche Aoun.

| Il est temps de rentrer !

« Nous ne pouvons pas prendre de décision concernant une démission qui a été présentée à l’étranger (…). Qu’il revienne au Liban soit pour présenter sa démission, soit pour revenir sur sa décision, soit pour discuter de ses motivations ».
Michel Aoun, président libanais.

| Une agression contre le Liban !

« Il ne s’agit pas d’une démission mais d’une agression contre le Liban, son indépendance et sa dignité (…). Le Premier ministre bénéficie d’une immunité diplomatique (…). Nous n’accepterons pas qu’il reste otage et que nous ne sachions pas les raisons de sa détention (…). Nous ne pouvons pas prendre de décision concernant une démission qui a été présentée à l’étranger »
Michel Aoun, président libanais.

| Hariri bien prisonnier ! Mais dans quel but ?…

Estime dans son éditorial, le directeur du journal Raï Al-Youm, Abdel Bari Atwan, « après les nombreuses arrestations de ces jours dans le royaume des Séoud» . Quant à la possibilité d’un conflit israélo-séoudien contre le Liban, Atwan écrit que « le Hezbollah a complètement changé durant ces années de conflit en Syrie, et l’Iran, qu’il le veuille ou non, est la véritable puissance de la région (….) par conséquent, un conflit contre le Liban aurait-il une chance de victoire pour Riyad et Tel-Aviv ? ».

| Réelle inquiétude !

« Le Liban est un pays trop petit pour pouvoir faire face aux conséquences politiques et économiques d’une telle démission ».
Walid Joumblatt, chef du Hizb al-Taqadummi al-Ishtiraki (PSP)2.

| La main déstabilisatrice de MBS…

« La motivation officielle invoquée : un climat tendu et similaire à celui qui a conduit à l’homicide de son père, Rafiq Hariri en 2005 ; mais aussi une situation politique encore plus compliquée à cause de l’hégémonie du Hezbollah. Les motivations réelles, par contre, pourraient être totalement différentes. Selon presque la totalité de la presse libanaise progressiste (dont As-Safir) et conservatrice (dont L’Orient le Jour), le Premier ministre aurait été contraint par le Prince MBS (…) et le ministre des Affaires du Golfe, Thamer Sahban à un choix : démission ou détention. Après de nombreuses tentatives, toujours rejetées, pour convaincre l’ex-pion de rentrer dans les stratégies séoudiennes de déstabilisation du Liban, Riyad a changé de tactique et a décidé de ‘brûler politiquement’ une figure actuellement inutile. Soutenue par Washington, avec des objectifs anti-iraniens et anti-Hezbollah, la politique menée par la diplomatie saoudienne est devenue beaucoup plus agressive. Pour preuve, les contacts pris avec de nombreux représentants politiques irakiens – sunnites, chî’îtes et kurdes – dans la perspective de favoriser les divisions confessionnelles internes. Ou encore, la visite de Thamer Sahban à Raqqa après sa reconquête par l’armée syrienne. La démission de Hariri le 4 novembre est le dernier acte de cette stratégie de déstabilisation régionale ».

| Une affaire aussi de (gros) sous !

« Cela pourrait-il tout ceci a quelque chose à voir avec l’état des finances – ou presque – de sa société Saudi Oger, qui est censée être redevable de 9 milliards de dollars à l’État séoudien et dont les propres employés en Arabie Séoudite (y compris de nombreux citoyens français) tentent maintenant de le poursuivre pour des mois de salaire impayés ? Fait inquiétant, les responsables libanais ont reçu des copies de documents gouvernementaux apparemment séoudiens montrant que Hariri, qui détient également la nationalité séoudienne, devrait comparaître devant un tribunal de Riyad pour répondre aux travailleurs impayés d’Oger. Il est cité dans les documents judiciaires séoudiens sous le nom de Saadedin Rafiq al-Hariri – Rafiq, bien sûr, était le prénom de son père, ex-premier ministre assassiné – où figure son numéro d’identification saoudien. Pourtant, la date de comparution de Hariri devant la cour est donnée dans les journaux comme le 24/2/1438 dans le calendrier islamique, ce qui correspond au 25 novembre 2016, il y a presque exactement un an. Les documents judiciaires en Arabie Séoudite peuvent être retardés indéfiniment – mais ils peuvent ensuite ressortir. Cette comparution à Riyad est donc déjà suspendue au dessus de la tête de Hariri depuis un an. Fait inquiétant, le même tribunal avait demandé la comparution deux jours plus tôt (le 23 novembre) d’Al-Waleed bin-Talal, l’un des plus riches des prisonniers princiers déjà détenus pour ‘corruption’. Comme Saad Hariri, al-Talal est également d’origine libanaise. Plus inquiétant encore, l’hôtel Riyadh Ritz, dans lequel se trouvent un grand nombre des 200 personnes arrêtées – princes, ex-ministres et hommes d’affaires – pour des enquêtes sur la corruption, est presque débordé et le gouvernement séoudien aurait réservé d’autres chambres à l’hôtel Riyad Marriott. En d’autres termes, il faut s’attendre à d’autres arrestations, dont sans doute certains ennemis politiques du prince héritier ».
Robert Fisk3.

Notes

1 Le Pr. Vélayati est un médecin de renom.
2 Ou Parti Socialiste Progressiste.
3 The Independent .

 

A Propos Jacques Borde

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