Le “Patriotisme de micro” est-il un Vrai patriotisme ?…[2]

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Éric Zemmour, “Zorglub-Zorro” trans-courant d’une droite ayant mangé à tous les râteliers, toujours que candidat putatif à la présidentielle de 2022. Une manière de faire campagne, sans se faire décompter du temps de parole. Pas très classe. Ce qu’il est encore moins c’est lorsque notre “Patriote de micro”, autrement dit de pas grand-chose, brodant sur son fantasme a-historique de juif assimilé, s’en prend, de manière inqualifiable, au grand-Rabbin Korsia, qu’il
qualifie de Juif de cour. Propos évidemment indignes… Partie 2.

« Peut-on aimer la France, la vouloir à nouveau grande et libre, tout en méprisant les Français et plus encore les Françaises ? Notre pays n’est pas une abstraction littéraire mais une réalité charnelle construite par son peuple dont nous devons être fiers.
Le rapport distancié qu’entretient Zemmour avec nos compatriotes témoigne de son incompréhension de la nature profonde de notre spécificité nationale. Sa vision de nos femmes dont on sait la place essentielle qu’elles occupèrent dans notre Histoire est malsaine et minable ».
Jean-François Touzé.

« … dès 1940, les femmes échappent aux hommes français car ils sont vaincus, prisonniers donc humiliés. Il y a dès juin 1940 une contrepèterie qui court les rues de Paris et qui est : ‘La femme française conservera toujours son cœur aux vaincus.’ Patrick Buisson explique très bien comment le soldat allemand sera le vecteur de l’émancipation de la femme française – car la femme française, en masse, ira aux vainqueurs, aux soldats allemands – et comment elle s’émancipera comme ça du Français et comment en 1945 elle recommencera avec le soldat américain. Et c’est comme ça qu’on peut expliquer les fameuses opérations de tontes des femmes qui est une tentative par les résistants de reprendre en main symboliquement le corps des femmes qui leur a échappé pendant cinq ans ».
Éric Zemmour, sur KTOTV (23 juin 2009).

« … Avant tout, ce qui doit être reproché à “Veni, Vidi Vichy”, c’est de vouloir à tout prix, tirer de leur “damnatio memoriae” les fantômes de cette époque. Sans parler de ses insultes sur les femmes de France. Qui, comme Marie-Madeleine Fourcade, Berry Albrecht, Germaine Fillon, Renée Lévy qui (désolé pour l’ “Histoire fanstasmée” de “V3”), n’ont pas choisi de coucher avec l’Occupant...».
Jacques Borde.

« On pourrait compter sur les doigts d’une main les femmes politiques, de stature nationale, qui ne soient pas passées dans les bras de l’un des trois monarques français de ces trente dernières années : Giscard, Mitterrand, Chirac. Et la loi sur la parité a décentralisé le droit de cuissage politique, surchargeant les listes pour les élections municipales et régionales d’épouses et de maîtresses. Mais il paraît que cela ne se dit pas ».
Éric Zemmour, .

| Q. Vous récusez toujours le narratif zemmourien sur son assimilation ?

Jacques Borde. Pas que. Narratif, vous êtes gentil. Des bobards, vous devriez dire. Soyons clair, notre “Patriote de micro” est né à Montreuil en 1958. Donc avant 1962.

De ce simple fait, Éric Zemmour :

-n’a jamais été rapatrié.
-n’a jamais été relocalisé.
-n’a, du coup, jamais été Pied-Noir.
-en 1962, il avait 4 ans. Quel traumatisme algérien (sic) a-t-il subi ?
-n’a jamais eu, comme tous les autres Français de sa génération, à s’assimiler.

Il est Français. Point Barre. Arrêtons cette farce indécente et cette récup permanente des souffrances d’autrui. Car, c’est bien de ça qu’il s’agit.

| Q. Donc, pour vous pas de juif assimilé possible ?

Jacques Borde. Si, bien sûr. Un juif de Tel-Aviv, de Buenos Aires ou de Brooklyn, non-francophone – comme, hier, beaucoup, de Pologne et d’Europe Centrale, dans des conditions autrement plus dramatiques – venant s’installer en France, pour toutes les raisons que vous voudrez, lui, évidemment, pourra s’assimiler au sens zemmourien du terme. Pas quelqu’un qui, de la Communale à l’ENA (ah, non, il l’a raté) a passé toute son enfance et sa scolarité en Région parisienne.

À ce stade, puisque “Z” aime jongler avec les formules à l’emporte-pièces qui ne veulent plus rien dire, ne respectant ni grand-chose, ni grand-monde, à commencer par le Grand-rabbin de France Haïm Korsia : ne peut-on voir en lui davantage un Juif de cour… de récréation ?

| Q. Cour de récréation, vous exagérez ?

Jacques Borde. Pas du tout. C’est tout à fait ça.

Derrière ses fiches (Qui les écrit, au fait ?), il n’a aucune rigueur. C’est un ado attardé et turbulent qui adore faire des farces et, de fait, ne peut s’empêcher de se payer la tête du maître d’école et du système scolaire.

Le problèmes, c’est qu’avec ses fariboles et bon mots qu’il enfile comme des perles, Éric Zemmour fait énormément de mal autour de lui.

Ensuite, à des fins strictement politiciennes, notre Juif de cour de récréation s’est inventé de toutes pièces un personnage – à cela près que la vraie vie n’est pas une scène – et plie tout tout ce qu’il touche à cette fausse réalité de l’assimilé dans la difficulté.

Or, c’est faux, archi-faux. Comme souligné sur la Toile :

« Bémol mon loup (…). Tes parents ont tranquillement quitté l’Algérie Française au moins 4 ans avant le fameux discours du Général de Gaulle et l’indépendance de ce pays ».

| Q. Vous me disiez que, pour vous, Zemmour fait énormément de mal autour de lui ?

Jacques Borde. Oui. Et pas qu’un peu.

Peu échappent à sa vindicte de combattant du Mont-Blanc (sic). Le stylo, pas le massif. Sans honte ni peur de blesser, Éric Zemmour, nous offre une révision (sic) assez perso de la 1ère Guerre mondiale. Dont sur KTOTV (23 juin 2009), il nous en dresse un tableau assez saisissant

« Tous les hommes sont réquisitionnés. Les femmes sont seules et donc libres. Tous les hommes sont transformés en larves humaines parce que la Guerre de 1914 est une guerre de rats, ils sont dans des tranchées, ils ne sont plus les héros qu’ils furent jadis en faisant la guerre. Et quand ils reviennent de la guerre, ils découvrent que les femmes se sont bien amusées à l’arrière pendant qu’eux souffraient. Ils sont humiliés par le rôle qu’on leur a fait tenir ».

Merci à toi, ô Noble Veni, Vidi, Vichy, de m’apprendre que mon grand-père, engagé volontaire à 17 ans à peine trichant sur son âge, mutilé et double médaillé militaire de 1914-1918, n’était qu’une « larve humaine » et un « rat », et que ma grand-mère, qui attendait aussi des siens, s’est autant « amusée ».

Eh, oui : à entendre pérorer Éric Zemmour, les – eh oui : lisez le bien, les, pas des – femmes françaises, de 1914-1918, puis de 1940 à 1944, passèrent l’essentiel de leur temps à s’offrir à des inconnus, aux Boches, puis aux Américains.

Quid de toutes celles qui, donnèrent leur vie pour que nous soyons libres. Ainsi, sur Facebook, Jean-François Touzé nous rappelle :

« Marie-Madeleine Fourcade, Berry Albrecht, Germaine Fillon, Renée Lévy1 cette merveilleuse figure décapitée dans un camp dont les dernières paroles furent : “je ne regrette qu’une seule chose ne pas en avoir fait assez pour mon pays”.
Et avec elles ces dizaines de milliers de femmes qui allèrent jusqu’au bout de leur amour de la France ».

Le narratif qui nous est imposé est un torrent de contre-vérités et de boue qui déshonore l’auteur de telles forgeries.

| Q. Pour vous, c’est à ce ce point-là ?

Jacques Borde. Oui. Feue ma sainte mère, née en 1928, a connu cette partie de plaisirs intense que fut l’Occupation. En ces heures dites sombres, mais, semble-t-il, éclairées par la bonhomie de Pétain, Laval et Papon (et le côté primesautier de leurs fonctionnaires et miliciens) :

-elle connut, bien que d’une famille aisée, les privations d’une époque qui fut d’une rare dureté et précarité à 99% de nos compatriotes.
-elle vit son oncle Jules arrêté, par des gendarmes 100% français, partir en déportation.
-elle vit son père filer in extremis au maquis escortés par d’autre gendarmes, eux, résistants. Ils ne se retrouveront qu’à la Libération de Lourdes, la ville où je suis né.
-elle eu, certes, la joie (sic) de côtoyer des Anglo-Saxons : les équipages d’avions alliés abattus qui, sur la route de l’Espagne, transitaient par le grenier familial.

Sans parler de ces familles juives avec des gamines de son âge qui, mal-informées, ne saisissaient pas la bonté dispensée à leur endroit par le maréchal et fuyaient ses largesses…

Ahh, l’extase de ces nuits noires à épier le départ des patrouilles allemandes qui, souvent, faisaient des poses devant l’immeuble. Cette attente, ces privations, ces peurs furent son quotidien et celui de la plupart de ses amies. Pas les coucheries à répétition prêtées à tant de mères, de femmes, de filles et de sœurs.

Des années après, bien que Gaulliste convaincue, ma mère dût prendre sur elle pour se faire à l’idée de l’Amitié franco-allemande portée par le Général et le Chancelier Adenauer. Voilà M. le fumiste de plateau-TV ce que fut la vie d’une Française ordinaire en ces temps de Nuits et brouillards.

Sans parler du sang versé par tant de Résistantes, de combattantes des FFL et de déportés. Mais qu’est-ce tout cela par rapport aux certitudes (sic) déployées par le narratif boueux d’un Veni, Vidi, Vichy ?

Note

1 Chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre, médaillée de la Résistance. Décapitée à la hache, le 31 août 194.

 

A Propos Jacques Borde

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