“Bien profond” : Ainsi parlait Z-Phocea ! [2]

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« Chassez le naturel, il revient au galop », dit l’adage populaire. Comment traiter du doigté & du commentaire associé : « bien profond », adressé par Éric Zemmour à une opposante phocéenne ? Prenons-le problème autrement : imagine-t-on de Gaulle, ou bien Louis XIV, qui saluait ses femmes de chambre, agir de la sorte ? La fonction régalienne, monarque, président ou dictateur (au sens antique du terme) exige un minimum de (vrai) doigté & de savoir-vivre. Le polémiste-parvenu (sic), dont tous nous parlons – eh bien, non je de me tairai pas à son sujet comme me le demandent certains amis sur la Toile – en a-t-il la moindre once ? Aux électeurs, d’en juger le moment venu. Partie 2.

« Échanges “d’amabilités” entre Mammour et une passante à Marseille.
Désolé pour mes amis qui le soutiennent mais je ne pouvais pas ne rien dire. Je me souviens qu’avec bon sens, Mammour encore sur le plateau de CNews, avait critiqué Macaron sur la désacralisation de la fonction présidentielle. Sauf que maintenant il tombe, lui aussi, dans certains travers “désacralisateurs” dont ce doigt d’honneur n’est pas le début des travers. Il y avait eu quelques signes annonciateurs avant…
Certes, Mammour n’est même pas encore candidat mais, tout de même, pour quelqu’un qui voulait resacraliser la fonction présidentielle quel message a-t-il envoyé au public et ce dernier qu’aura-t-il retenu de cette visite à Marseille ?
Entre la critique et le geste, quelques semaines qui ont tout changé. Ce doit être vraiment très dur de faire campagne. Il vaut mieux être un coureur de fond qu’un sprinter ».
Stavros Katsaros.

« Le mec qui prétend être un candidat crédible et perd son sang-froid face à une femme. Imaginez-le en face d’un Poutine ou un grand de ce monde à défendre les intérêts de la France ça friserais la caricature qu il aille donc écrire le tome 2 de ‘Oui-Oui veux être président’ (…) Il est évident qu’il ne peut pas garder son sang-froid ce n’est pas la première fois qui se laisse déborder. Ce n’est clairement pas la personne que je veux comme décisionnaire en cas de crise ».
Lionel Touriste.

« Il aurait pu se satisfaire d’avoir mis en déroute les tenants du politiquement correct et droitisé la campagne présidentielle en l’axant sur ses thèmes de prédilection quitte à décevoir une partie de ses fidèles qui attendaient le Messie. Il semble avéré que, grisé par sa résistible ascension, il n’ait pas résisté à la tentation d’accéder à la magistrature suprême. Au risque de ne pouvoir stopper la descente amorcée qui peut devenir dégringolade du fait de ses outrances provocatrices, de ses maladresses et des coups (souvent bas) de ses adversaires. Quos vult perdere Jupiter dementat. Jupiter rend fou ceux qu’il veut perdre ».
Jean-Paul Gourévitch.

« Éric #Zemmour vole la vedette à Josephine #Baker !
Ces deux noms, dans la même phrase, il fallait oser ! Qu’on me pardonne mais le jour où l’artiste et résistante Josephine Baker entre au #Panthéon est aussi le jour de la de l’annonce subite de la candidature officielle d’Éric Zemmour… Le polémiste candidat aurait-il voulu effacer l’ombre de Josephine ? Veut-il que l’on parle toujours plus de lui ? À vouloir trop parler on risque de ne plus être écouté, monsieur Zemmour le sait mais chassez le naturel…
Je “vois” des sourires moqueurs et certains opinent du chef. Ma question surprend et c’est sa raison d’être mais elle est posée ».
Jean-François Soyez.

| Q. Quelque part, Zemmour ne s’est-il pas imaginé en deus ex machina d’une droite qui n’existe pas ?

Jacques Borde. On est en droit de se poser la question. Une droite fantasmée qu’ont tenté de lui caser ces éternels mercenaires qui (depuis le MNR de Mégret surtout mais pas seulement) essaient de se vendre eux et leurs carnets d’adresses aux plus offrant en disant, évidemment, à leur futur acheteur ce qu’il a envie d’entendre.

Du coup, à lire Gilbert Melac, Éric Zemmour se serait « imaginé en candidat de “la droite hors les murs” un fantasme qui n’existe pas au-delà de quelques puceaux de la chose publique, quelques bobos qui n’ont pas fini de lire Gramsci quelques demi soldes de tous les mouvements où leur passage à prouvé leur inutilité et les habituels rêveurs qui attendent qu’un messie règle les problèmes à leur place ».

Libération allant jusqu’à parler d’un entrepreneur « proche de sphères néo-nazies » aidant Zemmour.

Vrai ? Faux ? Vu le sérieux de ce furoncle médiatique qu’est Libé, allez savoir ? En tout cas – car les pseudos sur la Toile cachent, en fait peu de chose – il est assez cocasse de voir (ad minimo tenter de) se rallier au panache blanc zédiste1, des tocards masturbatoires liges de Mishima, de Darnand, voire de Savrati Devi. Pas vraiment très démocrate-chrétien tout ça.

À noter que Éric Zemmour, lui, apprend de ses erreurs, son escape ratée à Phocée notamment, il se présentera (sic), aujourd’hui officiellement à midi 30 novembre sur Youtube. Efficace et raisonnable. Et, pour un chroniqueur qui était contre les réseaux sociaux… pas mal !

| Q. Sinon, comment, plus généralement, répondre aux Antifas ?

Jacques Borde. Par la loi et l’ordre. Celles de la Cité, puis de la République. Tout est posé depuis des siècles. Bis repetitas, je le sais, mais relisez Glotz :

« Alors surgit Dracon. Un homme sut accomplir en quelques mois l’œuvre où depuis de longues années peinait vainement tout un collège. Il laissa un nom sinistre et redouté, parce qu’il arma l’État de la puissance judiciaire ; il passa pour un législateur sanguinaire, parce qu’il s’efforça de mettre fin à l’effusion du sang. Les guerres civiles étaient un enchaînement de guerres privées où les génè se lamaient les uns contre les autres avec toutes leurs forces. Pour pousser la partie lésée à s’adresser aux tribunaux, Dracon détermine les conditions du recours à la vengeance ou à la composition. Pour désagréger les groupes familiaux, il distingue dans chacun d’eux des cercles de parentèles plus ou moins proches, et même, dans certains cas, il exige des parents appelés à prendre une décision qu’elle soit prise à l’unanimité ; il fait appel dans le génos à l’individualisme… »2.

Pas de place pour la vendetta mesquine d’un passé algérien qui, en fait, ne fut même pas le sien. Tout ça en raison d’une journée manquée dans un agenda qu’on suppose long comme le bras.

Ensuite, comme l’affiche le Rassemblement Nationol (RN) : « Avec la barbarie on ne négocie pas, on la combat »… Et, cette fois-ci, en français, pour être plus clair : autre temps, autres mœurs. Pas celles d’un homme se voulant d’État, en tout cas.

| Q. Dans quel sens ?

Jacques Borde. Imagine-t-on le général3, ou bien Louis XIV, qui saluait ses femmes de chambre, agir de manière aussi vulgaire et déplacée que “Z-Phocea” ? Non, bien sûr, pas une minute.

La fonction régalienne, monarque, président ou dictateur (au sens antique du terme) exige un minimum de (vrai) doigté & de savoir-vivre. Le polémiste-parvenu (sic), dont tous nous parlons désormais, en a-t-il la moindre once ? Aux électeurs, d’en juger le moment venu.

Mais, là, je serais plus de l’avis de Frédéric Cabrolier, lorsqu’il nous dit que « Zemmour à Marseille aujourd’hui, désolé mais même si il a été provoqué ce n est pas la conception que je me fais du comportement d un prétendant à la présidence de la République. Et il ose donner des leçons à Marine ! ».

En fait, le souci, c’est que, comme toujours, notre polémiste CNiouziste (sic) se rend assez peu compte de la portée de ses actes. Et encore moins de ses propos. Au passage, soulignons l’infinie élégance de son « bien profond », s’adressant à une femme. Même si, de manière surprenante, ce comportement supposément viril (sic) fait de pâmer ses groupies du sexe opposé.

| Q. Portée de ses actes : que voulez-vous dire ?

Jacques Borde. Imaginez-vous le calvaire de nos fonctionnaires, eux, confrontés à de la vraie racaille de manière quotidienne. À combien de doigtés inélégants, accompagnés de quolibets du genre : « Yo ! Comme le Zem », vont-ils avoir droit en sus de leurs aléas habituels.

Et, surtout, désormais, que répondre, vu l’exemple donné ? La vraie vie, ça n’est pas jouer les matamores dans une bagnole et sous escorte ou sous les spots de CNews.

Comme le dit Bernard Plantain, « Il a fallu beaucoup plus qu’un “doigt d’honneur”, pour repousser les Allemands. Ce post est indigne de tous points de vue ».

| Q. Pensez vous que cet épisode du doigt a eu de l’impact ?

Jacques Borde. Certainement. Notons que, passé le carré de militant aguerris sous d’autres harnois, il a fallu plus de 24 heures pour que le gros des troupes zédistes (sic) se manifeste sur la Toile pour défendre le désormais gourou du Bienprofondisme.

Après, c’est devant l’isoloir que se soupèsera ce dol. Si dol il a eu… Mais, je pense qu’il y a eu, au moins, effet de sidération, chez certains.

| Q. Ce geste a servi à quelque-chose, selon vous ?

Jacques Borde. Même pas, soyons sérieux. Cela ne requinque que les frustrés droitards qui, depuis bien longtemps :

-rasent les murs ;
-plient l’échine devant la racaille ;
-n’ont jamais (comme leur gourou, d’ailleurs) voté patriote de leur vie ;
-nous rebattent les oreilles d’une guerre civile qu’ils ne feront jamais ;
-sourient à un geste, souvent fantasmé, mais n’ont rien d’autre au compteur.

Évidemment, cela n’apporte rien de positif (ou de négatif) à tous ceux qui ont un vrai passé militant. Eux en ont vu d’autres.

Quant aux choses sérieuses, comme la vraie lutte contre la terreur takfirî, laissons des pros – voir notre papier  – comme le chef d’État-Major des armées (CEMA), le général d’armée Thierry Burkhard, s’en charger.

Assurément, il leur faudra des politiques expérimentés pour les appuyer. Nous en reparlerons le moment venu. En attendant, comme l’a souligné l’ennemi(e) préféré(e) du “Z”, Marine Le Pen : « La mue de polémiste en candidat à la présidentielle ne s’est pas faite ».

Semble-t-il. Mais, une chose à la fois, et on en saura un peu plus vers midi…

Notes

1 Qui, lui, n’y peut guère.
2 La Cité Grecque, Gustave Glotz, p. 420.
3 De Gaulle, évidemment.

 

A Propos Jacques Borde

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