OTAN : Rome Vs Paris ? Enfin, presque !…

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2022, parmi les changements qui se profilent, la partie de chaises musicales à la tête de l’OTAN. Enfin le choix de son nouveau Secrétaire général. Qui aura le poste, tant convoité du Norvégien Jens Stoltenberg ? À noter les efforts de nos amis italiens pour l’emporter…

Depuis un demi-siècle, les Italiens n’ont plus occupé le poste. Et, à lire la presse italienne spécialisée, ils feront tout leur possible pour prendre la suite du Secrétaire général de l’OTAN, le Norvégien Jens Stoltenberg. Une ambition raisonnable et raisonnée, dirai-je.

À noter que ce poste civil, pour symbolique qu’il semble ou qu’il soit, est le Graal pour tout Européen. Le commandement militaire de la machine de guerre otanesque est réservé, par principe, à un officier de haut rang de l’establishment militaire de l’hêgêmon thalassocratique étasunien. Généralement, des praticiens acérés de la guerre en général. Et, en particulier, de celles menées par l’Amérique en Irak et Afghanistan, pour les plus récentes.

Donc reste aux ambitieux du Vieux monde le strapontin actuellement occupé par Jens Stoltenberg.

Or, à entendre le président (italien) de la NATO Defense College Foundation et déjà secrétaire général par intérim de l’organisation, Alessandro Minuto Rizzo, celui-ci se verrait bien monter en grade :

« Le Secrétaire général de l’OTAN, a historiquement un rôle très significatif. Il préside de droit le Conseil et toutes les instances de l’Alliance. Entretient des relations politiques dans le monde entier. Dispose d’un effectif de 1200 personnes. D ispose de l’expertise du comité militaire, composé de généraux 3 étoiles. Il peut compter sur le quartier général suprême des puissances alliées en Europe, où opèrent plusieurs milliers d’officiers ».

Rizzo, deviendrait alors le second Secrétaire général à nous venir de la Botte.

En effet, l’a précédé à ce poste Manlio Brosio, qui l’occupa du 10 aout 1964 au 1er octobre 1971.

Sauf que Rizzo n’est pas le seul à lorgner sur ce maroquin. Pour succéder à Jens Stoltenberg, se bousculeraient déjà :

-l’actuel ministro della Difesa della Repubblica Italiana, Lorenzo Guerini1.
-le toujours sénateur Matteo Renzi. A quitté en 2019 le Parti démocrate pour former un nouveau parti politique, Italia Viva.
-Piero Franco Rodolfo Fassino, qui préside la Commissione della Difesa della Camera.
-Federica Mogherini2, ex- Haute représentant de l’Union pour les Affaires étrangères & la politique de sécurité3, poste où elle a assez peu brillé, cependant.

La chasse est ouverte, et la place sera chère, pourrait-on dire.

Quelque part, le forcing de Rome ne fait pas vraiment l’affaire de Paris. Emmanuel Te Haka Iki Taaoa4 Macron, de longtemps, a lassé les Italiens par ses foucades internationales et son appétit forcené pour les entreprise (rentables) au-delà des Alpes.

Gênant donc, au moment où Paris fait des pieds et des mains – notamment par la peu efficace entremise – de son ministre de l’Europe & des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, pour faire reposer au maximum le poids de la guerre contre la terreur takfirî au Sahel sur les épaules otaniennes.

En fait, « l’union franco-italienne » comme l’a écrit Pascal Salciarini dans l’Est Républicain, « était plus proche de la réanimation Covid, que de la réunion de famille, entre cousins qui se tapent dans le dos autour d’un bon barolo ».

D’où ce bel accord en bonne et due forme entre Paris et Rome. Certains parleront, à cette occasion, de replâtrage.

Mais à ce genre ce petit jeu, on est aussi en droit de demander ce que représente ce genre d’entente. Signer quelque-chose est souvent la seule chose que trouvent les diplomates pour éviter des catastrophes. Mais au-delà…

Fort heureusement, ça fonctionne pas mal. Après, il y a aussi les marchés de dupes. Comme Munich, le 28 septembre 1938. Tiens, deux des signataires en étaient déjà Rome et Paris.

Notes

1 Passé par la Democrazia Cristiana (DC, dite la Baleine blanche) et aujourd’hui encarté au Partito Democratico (PD).
2 Membre du Parti démocrate (PD, ex-communistes notamment), a été ministre des Affaires étrangères du gouvernement Renzi avec délégation aux Affaires européennes.
3 En moins ronflant, chef de la diplomatie européenne.
4 Rebaptisé ainsi aux Îles Marquises, signifierait le petit chef qui va trébucher.

A Propos Jacques Borde

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