De l’Irminsul à l’Olivier : Ratisser large à tout prix ! [1]

| France | Présidentielles | Jacques Borde |

Les campagnes électorales sont toujours des lices inattendues. Si on n’aime ni les surprises ni les coups bas : autant rester chez soi. Descendu dans l’arène, Éric Zemmour ne se fait pas à l’idée d’être traité comme les vrais patriotes l’ont été des décennies durant avant lui ? Too bad, mon gars, fallait y penser avant ! Une lice & ses règles (sic) dont tous ces vétérans de la fachosphère, passés, si l’on peut dire de l’Irminsul à l’Olivier & ayant (à en entendre certains) l’oreille du “Z”, auraient pu l’avertir. À moins qu’ils ne se vantent carrément quant à leur influence & entregent. Allez savoir. Partie 1.

« Ne pas poser de “mauvaises Q” au “Z”: table rase du passé (de ses propos)... »
Jacques Borde.

« Zemmour parait si préoccupé de sauver la France et de se comporter en citoyen français exemplaire qu’il blesse parfois des gens inutilement. Dans son dernier livre, il a regretté que les enfants Sandler, assassinés en 2012 par un terroriste islamiste dans leur école juive de Toulouse, aient été enterrés en Israël et non pas en France. ‘Les anthropologues nous ont appris que nous sommes du pays où nous sommes enterré’. Il oubliait – ou ne savait pas – que les tombes de juifs assassinés par des islamistes sont souvent profanées soit par des antisémites, soit par d’autres islamistes ».
Yves Mamou.

« Zemmour: Pour certains le chemin d’Alger ou de l’Irminsul à l’Olivier ».
Gilbert Dawed.

« Quand il avait insulté Marine Le Pen en début de sa pré-campagne, là c’était contre productif. Il ne s’est toujours pas excusé ni même revenu sur son insulte en essayant de relativiser un peu. Rien de tout ça. Par contre, pour son doigt d’honneur à cette militante de gauche il a cherché à arrondir les ongles quelque peu. À ses yeux, Marine Le Pen vaut moins que cette militante de gauche ? ».
Stavros Katsaros.

« Le #ZemmourVillepinte me fait penser aux messes évangélistes de Macron en 2017. Au bout du tunnel, la même arnaque ».
Damien Obrador.

« 11.500 personnes au lieu des 20.000 attendus son meeting c’est comme ces sondages un tiers de moins pour faire quoi le perroquet ? J’ai l’impression d’avoir entendu le programme du Rassemblement national sans le talent de Marine Le Pen ».
Lionel Touriste.

« Fallait quand même pas s’attendre à ce que Gilles Bouleau, l’homme le plus cintré du monde, serve la soupe à Zemmour !
Il n’a certes pas été amical, mais il a posé des questions de journaliste. C’est fini l’époque Christine Kelly ».
Joris Karl.

| Q. Villepinte : un contre-meeting anti-“Z”, donc ?

Jacques Borde. C’est ce qu’a annoncé le président du Département de la Seine-Saint-Denis : organiser un contre-meeting avec Anne Hidalgo pour faire barrage (sic) à Éric Zemmour.

La seule hypothèse divertissante (sic) eût été le… Parc des expos de Villepinte. À quelques centaines de mètres des Zédistes. Apparemment, seules quelques poignées de gauchiste ont fait le déplacement jusqu’à Villepinte, où ils se ont heurtes aux Forces de l’ordre (FDO), mais aussi à des sympathisants de Zemmour.

| Q. Au-delà, pas beaucoup de ralliements au panache blanc zemmourien ?

Jacques Borde. À ce stade, assez peu, en fait. Certains (dont les Gave) débarquant même.

Toutefois, pensait Gérard Minati :

« Il semblerait que Charles Millon, ancien ministre de la Défense sous Jacques Chirac, rejoigne EZ. Il serait présent au meeting de Villepintes dimanche. Si cela se confirme, une excellente nouvelle (en son temps, il avait été également particulièrement diabolisé en tant que président de la région R.A., pour avoir été soutenu par le FN local (un précurseur de l’union des droites, tant désirée par les électeurs de droite) ».

Il semblerait, in fine, que Charles Millon ne soutiendra pas Zemmour. Ou de loin.

Après le plantage relatif à TF1 et les dérapages à l’endroit de la chaîne et de son meneur d’entretien, le sieur Bouleau, la date décisive pour l’avenir du Zédisme (sic) était donc bien celle du rendez-vous de Villepinte.

| Q. En quoi, TF1 a-t-il été un plantage ?

Jacques Borde. Parce que :

1- ce genre de prestation ne convainc que les convertis, pardi. Idem, pour les meetings, soit dit en passant. Les fans exultent, mais ce sont les seuls. Éric Zemmour n’y a rien gagné. Même s’il a, relativement, fait grimper l’audimat par sa présence à l’antenne. Mais, moins qu’espéré par son staff et ses groupies.

2- la vulgarité dont “Zorglub-Zorro” n’arrive plus à se départir qui, au début, agaçait simplement, là, commence à inquiéter.

| Q. C’est à juste raison selon vous ?

Jacques Borde. Oui. Nous sommes en France, monarchie élective de facto. Le président y reste toujours le maître des horloges internationales.

Vous imaginez un connard (sic), ou autre nom d’oiseau, lâché à l’orée ou à l’issue d’une rencontre avec (exemples) :

-le président de la République algérienne démocratique & populaire, Abdelmadjid Tebboune ;
-le Cumhurbaşkanı1, le très Naqshbandi2 Reccep Tayyip Erdoğan.
-le président des États-Unis, Joseph Joe Robinette Biden, Jr. !

| Q. Les Zemmouriens prétendent qu’il y avait une liste de questions prévues que Bouleau n’a pas respecté ?

Jacques Borde. (Sourire) Possiblement. Mais, là, désolé, je ne peux que donner raison à Gilles Bouleau.

Ça ne marche pas comme ça, désolé. C’est un peu comme le flic qui vous arrête sur la route : lui, et lui seul, décide de l’opportunité de vous verbaliser ou pas. C’est lui qui décide de l’applicabilité de la loi. Le journaliste, qui dirige un entretien, reste maître de ses questions :

– qu’elles soient opportunes, biaisées, ou tout ce que vous voudrez n’y change rien.
TF1 a beau jeu de rappeler que, effectivement, le journaliste « a la liberté de ses questions, l’invité de ses réponses ». By the book, comme disent les Anglo-Saxons, c’est TF1 qui a raison, et “Zorglub-Zorro” qui nous fait sa crise (sic), alors que, du métier, il sait tout ça par cœur…

Croyez-moi des inters (Beyrouth, Téhéran, Tripoli, etc.) j’en ai au compteur. Jamais, je n’ai suivi quoi que ce soit, aussi bien en posant ou en répondant à des questions.

Ni, bien évidemment accepté (sauf si demandé aimablement, et si la nécessité de vérifier des éléments de réponse se posait) qu’on relise mes retranscriptions. Quitte à être menacé. Après, l’autre partie est libre de vous traîner en justice si elle s’estime lésée. Et votre media peut aussi :

-refuser l’entretien que vous avez réalisé.
-le caviarder à l’envi.
-décider de se passer de vos services, de manière plus ou moins définitive.

| Q. Vous dites aussi en répondant à des questions ?

Jacques Borde. Oui, parfaitement.

À l’étranger, vous ne maîtrisez pas tout. La plupart du temps vos propos sont traduits. D’où l’intérêt de connaître celui (ou ceux) qui vous pose des questions. En Iran, je connaissais personnellement 90% de mes traducteurs. Ce qui est le cas d’Éric Zemmour à propos de ses interlocuteurs. Lui et Bouleau sont des confrères de longue date. C’est pour ça que l’acrimonie de “Zorglub-Zorro” fait plutôt cinoche de mauvais goût et de mauvaise foi.

| Q. Et, ça peut mal se passer ce genre d’exercice ?

Jacques Borde. L’entretien ? La profession, de manière plus générale, a ses aléas. Et pas toujours des plus drôles.

Là, je pense très fort à ses amis photographes qui ramenant des plaques entières de photos démontrant le calvaire de ses enfants irakiens crevant du blocus onuso-étasunien mis en branle après la défaite irakienne de la 1ère Guerre du Golfe, se les faisant refuser d’un : « Pas vraiment le sujet, en ce moment ! ».

Un demi-million de morts, tout de même. Et huit ans de blocus génocidaire. Autre chose que le caca-nerveux (sic) de “Zorglub-Zorro”, non ?

Quant aux entretiens ? Oui, parfois. Ça peut aussi prendre un tour kafkaïen.

| Q. Comment ça ?

Jacques Borde. Une fois à Tripoli (Libye), je trouvais que le type qui traduisait mes réponses allait un peu vite. Mais bon. Sauf qu’à un moment où, réfléchissant, je tardais à répondre, le mec l’a fait à ma place !

J’ai fais mon petit scandale et je l’ai laissé en plan avec ses petits camarades…

| Q. C’était quand ?

Jacques Borde. Très précisément, l’année ou Yitzhak Rabin s’est fait assassiner. Novembre 1995, donc.

[À suivre]

Notes

1 Ou président de la République de Turquie.
2 Soit membre de haut vol de la Tariqa naqshbandiyya, une des quatre principales confréries soufies. Elle tire son nom de Khwaja Shâh Bahâ’uddîn Naqshband, qui est considéré comme son maître, bien que ne l’ayant pas fondée. Abû Ya’qûb Yûsuf al-Hamadânî, né en 1140, et ‘Abd al-Khâliq al-Ghujdawânî, né en 1179, sont les fondateurs des principes de cette voie soufie. Le soufisme compte 41 branches initiales de confréries soufies, dont 40 tirent leurs secrets spirituels de Ali ibn-Abi Talib, le gendre du prophète. Les Soufis expliquent ce fait par cette tradition prophétique (hadith) rapportée par Tirmidhi où Mahomet dit : « Je suis la cité de la science et Ali en est la porte ». L’initiation d’Ali a été faite par le dhikr (évocation, mention, rappel, répétition rythmique, du nom de Dieu) Lâ ilâha illa-llâh, en français : Je témoigne qu’il n’y a pas de divinité autre que Dieu (tawhid).

 

A Propos Jacques Borde

Consulter aussi

Grand jeu en Afrique : Qui y veut Quoi ? [2]

| Afrique / Occident(s) | Géostratégie | Questions à Jacques Borde | Le terme grand …

Ce site utilise des cookies. En acceptant ou en poursuivant votre visite, vous consentez à leur utilisation .

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer