Les Propos (de campagne) mènent-ils à la Victoire ? [2]

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Actuellement, deux campagnes se déroulent de front pour le régime de Paris. 1- les présidentielles avec un French Deep State (FDP) en hydre à trois têtes : “M”+”P”+”Z”, pour ratisser au plus large possible & empêcher un regime change par trop national ; 2- la “crise malienne”, gérée en dépit du bon sens par Macron & son ministre de l’Europe & des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, trophée estampillé Hollande (François, pas le pays du Gouda), c’est tout dire. Sur ces deux fronts sont tenus des discours, appuyant des tensions dialectiques un peu rances : 1- préserver l’européisme incarné par le régime de Paris & l’omniprésente Gauche financiarisée ; 2- préserver la Françafrique, incarnée par, peu ou prou, les mêmes. Souci : discours & coups bas (de campagne) font-ils nécessairement une victoire ? Partie 2.

« Bonjour à tous, pour ceux qui se posent la question, sachez que reste avec #Marine à qui j’ai donné mon parrainage. Même si je connais bien Eric #Zemmour, mon père Gilbert #Collard fait ce qu’il veut, laissez-nous nous engueuler le dimanche en famille ».
Flavie Collard.

« Il faut aller jusqu’au bout de sa logique. Il a reçu son mandat de député européen par les électeurs du RN. Il faut qu’il en tire les enseignements et qu’il démissionne de son mandat ».
Louis Aliot.

« Les demi-habiles qui, tout en sachant qu’il n’a aucune chance de passer la barre du premier tour de la Présidentielle, rejoignent Zemmour en tablant sur une défaite de Marine Le Pen qui constitue leur vrai objectif, défaite qui leur permettrait, espèrent ils, d’organiser demain leur fantasmagorique union des droites trahissent la cause nationale pour un illusoire plat de lentilles: dans trois mois, malgré eux, en dépit de leurs manœuvres, nonobstant le soutien qu’ils trouvent dans les profondeurs de l’oligarchie, Marine entrera à l’Elysée pour au moins cinq ans ».
Jean-François Touzé.

« Le programme socio-économique d’Éric Zemmour est pire que celui d’E.M. Son seul programme “l’immigration étant responsable de tous les maux” : 1ère plus d’immigrés, 2ème immigration zéro, 3ème zéro Immigration… ».
Jacques Armando.

| Q. Passons en France : Zemmour qui enregistre des ralliements, qu’en pensez-vous ?

Jacques Borde. Peu de choses, en fait.

À ce stade de sa campagne et vus les soutiens (notamment financiers) dont il dispose, c’est le contraire qui serait un peu étonnant.

Ça me fait penser à Boeing ou Airbus qui compilent les annonces de vente et nous les sortent au moment des salons (Farnborouh, Le Bourget, etc.). Cela relève aussi du discours de campagne qui est une approche dialectique assez courante. Mais en rien une quelconque nouveauté.

On étale ses ralliés comme des trophées de chasse ou des dépouilles opimes. Ces Spolia opima1 qui étaient les trophées pris, de vive force, par un général romain sur un chef ennemi tué au combat et dont la consécration constituait l’honneur suprême pour un chef victorieux lui conférant un prestige plus important encore que la célébration d’un triomphe.

Chez les Premières nations amérindiennes, on ramenait des scalps. Chacun son truc ! Prises récentes pour le “Zédisme” :

-Christophe Lefèvre, conseiller municipal RN du Gard et proche de… Gilbert Collard.
-Sébastien Pillard (je crois), fondateur de Sens commun et figure de la Manif pour tous.
-last but not least du Week-end, Me. Gilbert Collard.
-un gusse de l’Institut (sic) de Marion, dont le nom m’échappe.

| Q. Et, ça porte ?

Jacques Borde. Bof. Concernant le chroniqueur-in-chief égocentorique accouché par le bollorisme, le soufflé ne semble guère prendre pour l’instant.

| Q. Comment ça ?

Jacques Borde. Alors que les annonces de ralliement(s) arrivent bel et bien, vient de sortir, pour la première fois, un sondage où Éric Prompteur Zemmour était en dessous des 10% : 9% précisément. Comme le note Christian Perez : « … il se passe que Marine est haute dans les sondages, que le système est inquiet et qu’il a imaginé qu’un “Z” pourrait l’affaiblir, mais l’électeur s’en moque ».

Grosso modo, Marine Le Pen garde son avance de 6 points sur Prompteur Zemmour.

| Q. Ceux qui au sein du RN parlent de trahison ?

Jacques Borde. Un qualificatif qui a du sens, mais, à user avec parcimonie, si vous voulez mon avis. Déjà, militer pour Zemmour n’a rien de honteux. Nous sommes en démocratie et les gens sont libres de leurs engagements politiques.

| Q. Parcimonie ? Que voulez-vous dire par là ?

Jacques Borde. Deux exemples

Je ne sais où en est réellement Me. Gilbert Collard, intellectuellement parlant. Mais, difficile de le qualifier de traître, ce Condottiere de plume ou du verbe, c’est comme vous voulez, n’a jamais fait partie de la famille ou du camp national. Alors, « un traître de structure et pas de courant », comme en pensent d’aucuns ? Bof. En fait, le Condottiere du Verbe était comme les autres, il avait son prix. Au sens politique, je veux dire.

Marion Maréchal, si d’aventure, elle se pâmait, s’infatuait et tombait en Zéditude (sic). Oui, là, ça serait de la trahison pur porc. Trahison. Un terme dont son grand-père avait déjà usé à son endroit, si ma mémoire ne me fait pas défaut.

| Q. Pourquoi traiter Collard de Condottiere du verbe ?

Jacques Borde. Parce que c’est le qualificatif qui lui va le mieux, pardi.

Le Condottiere2, qui nous vient de l’italien Condotta (contrat de louage), est un chef d’unité mercenaire, généralement à la tête de compagnies d’hommes d’armes professionnels.

Les compagnies de Collard, ce sont ses mots, son verbe qu’il met, le temps qu’il lui sied, au service d’un camp ou d’une cause. Un Condottiere ne trahit pas, au sens strict du terme, même s’il est (cas extrême) un régnicole, il change tout simplement d’employeur.

Cela s’est même vu au beau milieu de batailles. Donc, rien de bien nouveau sous le soleil.

Même si les fragrances qui s’en dégagent n’en sont pas celle de la rose. D’ailleurs, à entendre Me. Collard s’exprimer, on sent bien que son discours n’est pas celui d’un militant, mais bien celui du Condottiere qui sentant, selon lui, le vent tourner, veut faire de même.

Comme il s’en ouvrait à BFM TV :

« Je pense qu’un jour viendra où Marine Le Pen fera comme moi, et rejoindra Éric Zemmour… Il a pour lui une dynamique qui est celle du courage historique, du courage politique… Je n’ai rien contre le Rassemblement national ni contre Marine Le Pen, aucune récrimination, aucune vindicte ».

Plus généralement, si vous n’avez pas été encarté au RN, ou sympathisant actif, vous n’êtes pas un traître. Ensuite, compte la manière dont vous partez. Si vous vous tirez avec la caisse de votre fédé ou le fichier, c’est différent.

Sinnon, pour situer le personnage, rappelons, aussi, que Me. Gilbert Collard a été membre du Parti socialiste (PS) dans les années 70-80, membre du Comité de soutien de François Mitterrand à l’élection présidentielle en 1981.

| Q. MLP n’a pas commis une erreur en le récupérant ?

Jacques Borde. Une erreur majeure en fait. Elle l’a relancé au plan politique où il n’était plus rien. Invitée de Dimanche en politique sur France-3, Marine Le Pen, a, toutefois, estimé que

« Toutes ces petites manœuvres politiciennes, j’y accorde peu d’intérêt parce que toute mon énergie est ciblée vers la situation des Français (…). Il y a une cohérence dans ces deux départs, car ce sont des gens, qui depuis le début de la campagne me reprochent de faire de la défense du pouvoir d’achat des Français une priorité. Ils me reprochent de ne pas partir dans cette folie de la guerre de religion et cette guerre civile qu’ils souhaitent pour le pays. Je ne veux pas de cette guerre civile (…). Pour des gens qui nous expliquent toute la journée qu’ils vont sauver la France, ne même pas être capable de décrocher son téléphone pour dire à la personne qui vous a fait élire “j’ai pris la décision de partir chez un concurrent”, je trouve que c’est vraiment déplorable. Le problème, c’est qu’on est une dérive de notre société, on est un peu dans le mercenariat ».

Pourquoi croyez-vous que je vous parle de Collard comme d’un Condottiere !

[À suivre]

Notes

1 Selon la tradition, cet honneur n’a été décerné que trois fois dans toute l’histoire romaine, la première fois à Romulus en 748 av. J.-C., la deuxième fois à Aulus Cornelius Cossus en 437 av. J.-C. et la troisième et dernière fois à Marcus Claudius Marcellus en 222 av. J.-C.
2 Ou Capitano di ventura.

 

A Propos Jacques Borde

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