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Le Transfert de l’Ambassade US à Jérusalem : Allumer le feu ou pas ? [1]

| États-Unis / Israël | Géostratégie | Ils ont dit |

Une décision apparemment anodine (puisque figurant à l’agenda géopolitique de Washington depuis des lustres) a allumé le feu, comme le chantait feu Johnny Halliday, dans l’Orient compliqué. Bon. & après, ai-je envie de dire ? Braises vite éteintes ou embrasement généralisé ? Qui peut le dire ? Reste qu’au faite d’une puissance militaire sans égal, le binôme Jérusalem- Washington a-t-il vraiment à craindre autre chose que des soubresauts sans lendemain ? Une Intifada du transfert ? Aucune des précédentes n’a jamais débouché (pour les Palestiniens) sur une avancée réelle. Une 4ème Guerre de Gaza ? Tsahal s’y prépare depuis des mois. Reste des réactions qui vont des préoccupations réelles de chancelleries sises dans la vestibule israélo-arabe aux prurit cucul-la-praline de certains Européens & d’un Pape à la limite (du point de vue théologique) de l’hérésie. Au bout du bout, si Trump avait eu raison de mettre les pieds dans le plat ? 1ère Partie.

| Une promesse à tenir !

« Tous les défis réclament de nouvelles approches. Mon annonce marque le début d’une nouvelle approche au conflit entre Israël et les Palestiniens.
« Alors que mes prédécesseurs en avaient fait une promesse majeure de campagne, ils n’ont pas tenu leurs promesses. Aujourd’hui, nous reconnaissons l’évidence : Jérusalem est la capitale d’Israël. C’est rien de plus et rien de moins que reconnaître la réalité. J’ai demandé au Département d’État de commencer à préparer le déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Une fois terminée, cette nouvelle ambassade sera un magnifique hommage à la paix.
« Notre engagement pour faciliter un accord de paix durable est inchangé. Nous ne prenons pas de position sur un statut final, y compris la délimitation de la souveraineté israélienne à Jérusalem ou la résolution des frontières contestées. Ces questions relèvent des parties impliquées.
« La paix est à portée de main de ceux qui veulent la saisir. Nous appelons donc au calme, à la modération et à ce que les voix de la tolérance l’emportent sur celles des pourvoyeurs de haine. Le Moyen-Orient est une région riche de culture, d’esprit et d’histoire. Mais le futur incroyable qui attend cette région est différé par les effusions de sang, l’ignorance et la terreur ».
Donald J. Trump.

| Une condition nécessaire pour arriver à la paix…

« Je suis arrivé à la conclusion qu’il est temps de reconnaître officiellement Jérusalem comme la capitale d’Israël. Les présidents qui m’ont précédé en avaient fait une de leurs principales promesses de campagne, mais ils ne l’ont pas tenue. Aujourd’hui, je tiens cette promesse. J’ai jugé qu’emprunter cette route était dans le meilleur intérêt des États-Unis et de la poursuite de la paix entre Israël et les palestiniens. C’est un pas que nous aurions dû franchir il y a longtemps pour faire avancer le processus de paix et travailler vers un accord de paix durable. Israël est une nation souveraine, qui a le droit comme toutes les nations souveraines de choisir sa propre capitale. Accepter ce fait est une condition nécessaire pour arriver à la paix (…). Beaucoup de présidents ont dit qu’ils feraient quelque chose et ils n’ont rien fait ».
Donald J. Trump.

| Ombre portée de… Riyad !

« La Syrie condamne dans les termes les plus forts la volonté du président américain de reconnaître (…) Jérusalem comme capitale de l’occupation israélienne (…). La Syrie condamne dans les termes les plus forts la volonté du président américain de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem occupée et de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’occupation israélienne (…) Cette initiative dangereuse de l’administration américaine montre clairement le mépris des États-Unis à l’égard de la loi internationale (…). Le président américain et ses alliés dans la région assumeront la responsabilité d’une telle décision. Le président américain n’aurait pas osé prendre cette initiative sans son alliance avec des régimes arabes1 qui ont comploté et continuent de comploter contre la Syrie et contre la cause palestinienne ».
Affaires étrangères syriennes.

| Attendre la suite… !

A semblé dire le chef du HaAvoda2, Avraham Avi Gabbay :
« Nous devons annoncer la fin des constructions d’implantations hors des blocs d’implantations majeurs, transférer le contrôle aux Palestiniens des villages et des quartiers palestiniens situés [dans les zones contrôlées par Israël]. Il n’y a aucune autre solution réaliste que celle de deux États pour deux peuples ».

| Nous sommes prêts !

« Attendons sa déclaration. Nous repousserons cette discussion jusqu’à la fin de sa déclaration (…) Comme vous le savez, Jérusalem et Israël, c’est une époque sensible, une région sensible. Et nous sommes parés à toutes éventualités ».
Avigdor Yvet Lieberman3, ministre israélien de la Défense.

| Démarche correcte !

« Il n’y a pas de démarche plus correcte et qui se justifie davantage au niveau historique que de reconnaître aujourd’hui Jérusalem, qui est la capitale du peuple juif depuis plus de 3 000 ans, comme capitale d’Israël ».
Yisrael Katz, ministre du Ha’Misrad Ley’Anyinei Modi’in (Renseignements).

| Céder ou pas ?

Le député apparenté FN, Me. Gilbert Collard, qui a dit s’exprimer en son nom personnel, a affirmé sur LCI soutenir le choix du président américain, Donald J. Trump. Sa décision « m’inquiète mais je la soutiens au nom du droit international, pas au nom de principes confessionnels. Israël est un État qui a le droit de choisir sa capitale (…). Je ne méconnais pas les tensions qui vont s’ensuivre. Est-ce qu’on doit tout le temps céder face au chantage et à la menace ? », a-t-il demandé en souhaitant que Jérusalem fasse « en sorte que les lieux saints des pratiquants musulmans soient respectés dans leur accès et dans leur intégrité ».

| Bonne nouvelle !

Une « nouvelle journée, une nouvelle réalité que nous avons attendue au cours des 70 dernières années ».
Uri Ariel (Ha’Bayit Ha’Yehudi), ministre israélien de l’Agriculture.

| Nous ne vous devons rien !

« Nous ne devons rien aux Palestiniens pour la reconnaissance de notre capitale. Nous demandons la chose la plus naturelle. Aucune autre nation n’entretient de liens historiques plus forts avec sa capitale que la nôtre ».
Gideon Saar (Likoud), ancien ministre de l’Intérieur.

| Washington, puissance occupante !

« Les États-Unis ne décident rien pour les Palestiniens et Trump ne représente pas l’establishment américain en cela. Jérusalem est la capitale de l’État palestinien, et nous continuerons à nous battre pour ça (…). les États-Unis se reconnaissent eux-mêmes comme étant non pertinents dans le rôle de médiateur de paix. Ils s’identifient eux-mêmes à une puissance occupante, ignorant même la tradition diplomatique du gouvernement américain lui-même ».
Hanin Zoabi, député de la Liste arabe unie.

| On arrête tout !

Nous devons « rompre tous les contacts palestiniens avec l’administration Trump et (…) stopper tous les liens de coordination sécuritaire et relatifs à la sécurité avec Israël de la part de l’Autorité palestinienne. Nous devons investir nos efforts dans l’unification des Palestiniens, dans une vraie unité, politique et stratégique, entre le Fatah et le Hamas, de manière à ce qu’ils mènent un combat national. La rédemption ne viendra pas des Palestiniens de l’extérieur. La rédemption de cette nation héroïque naîtra de ses propres efforts ».
Hanin Zoabi, député de la Liste arabe unie.

| Trump pyromane !

« Trump est un pyromane et va mettre le feu à la région avec sa folie (…). Si une chose est claire ces temps-ci, c’est que les États-Unis ne doivent pas être le médiateur entre Israël et les Palestiniens (…) . Si le gouvernement israélien veut que le monde reconnaisse Jérusalem-Ouest comme capitale d’Israël, ils n’ont qu’à reconnaître Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine ».
Me. Ayman Odeh, Liste arabe unie.

| Washington partie du problème & non de la solution !

« C’est une mesure déraisonnable, qui viole le droit international. C’est ridicule que la promesse de campagne du président Trump finisse par devenir du ‘terrorisme diplomatique’, qui sera sérieusement préjudiciable à la solution à 2 États (…) L’administration américaine prouve cette fois qu’elle fait partie du problème, et non de la solution ».
Ahmed Tibi.

| Embarrassé mais réaliste !

Transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem risque de « compliquer » la situation dans la région, a estimé le président égyptien, ‘Abdu l-Fattāḥ Sa‘īd Ḥusayn Khalīl as-Sīssī, qui, à l’occasion d’un entretien téléphonique avec Trump, a souligné « la nécessité de ne pas compliquer la situation dans la région en prenant des mesures qui compromettent les chances de paix au Proche-Orient », a indiqué le porte-parole de la présidence, Bassem Radi, dans un communiqué, réaffirmant « la position constante de l’Égypte sur le maintien du statut juridique de Jérusalem dans le cadre des normes internationales et des résolutions de l’ONU ».

| Inquiétude !

« Nous sommes inquiets d’une possible escalade des tensions (…). Toutes les parties concernées doivent avoir à l’esprit la paix et la stabilité régionales, être prudentes dans leurs actions et leurs déclarations, éviter de saper les bases d’une résolution de la question palestinienne et s’abstenir d’engendrer une nouvelle confrontation dans la région ».
Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

| Mettre le feu !…

Cette mesure est susceptible de « précipiter la région et le monde dans un incendie dont personne ne sait quand il prendra fin (…). Proclamer Jérusalem capitale (d’Israël) est une négation historique, une grande injustice, un grand manque de vision et une grande folie (…). J’appelle chacun à agir de manière responsable (…) à se garder de mettre en péril la paix dans le monde à des fins de politique intérieure ou autres. J’invite les musulmans et les pays islamiques à protéger leur honneur ».
Bekir Bozdağ, porte-parole du gouvernement turc sur Twitter.

| Erreur & Chaos !

« Ce sera une erreur. Cela n’apportera ni paix ni stabilité, mais chaos et instabilité (…). Je l’ai déjà dit [au US Secretary of State, Rex W. Tillerson] et je le lui redirai ».
Mevlüt Çavuşoğlu, chef de la diplomatie turque.

| Opposition sans équivoque !

« Le peuple et le gouvernement du Pakistan ont pris note avec grave préoccupation de la décision rapportée des États-Unis de déplacer son ambassade dans la ville occupée d’Al-Qods Al-Sharif, modifiant de ce fait le statut légal et historique de (cette) ville ».Un tel pas, qui « constituerait une claire violation du droit international et de résolutions onusiennes », « mettrait de côté des décennies de consensus sur la question, saperait la paix régionale et la sécurité de même qu’il empêcherait toute perspective de paix durable au Moyen-Orient »,
Bureau du Premier ministre pakistanais, Shahid Khaqan Abbasi.

| Quant à soi !

« Nous observons avec préoccupation les informations que nous avons entendues (…). Nous pensons que Jérusalem devrait, évidemment, faire partie d’une solution définitive (au conflit) entre Israéliens et Palestiniens, une solution négociée (…) Nous-mêmes n’avons pas l’intention de déplacer notre ambassade ».
Alexander Boris de Pfeffel Johnson, dit Boris Johnson, Secretary of State for Foreign & Commonwealth Affairs4.

Notes

1 Allusion à peine voilée à l’Arabie Séoudite et à ses alliés.
2 Ou Mifleget HaAvoda Ha’Yisraelit, soit le Parti travailliste israélien.
3 Pas si bourrin (sic) que le dépeignent ses détracteurs, parle quatre langues : l’hébreu, le russe, le roumain et l’anglais et est, depuis 1999, rédacteur en chef de la revue Yoman Yisraeli.
4 Ou de manière raccourci : Foreign Secretary. Autrement dit le chef de la diplomatie britannique.

 

A Propos Jacques Borde

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