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Autriche, Levant, Libye

| Quai d’Orsay | Point de presse du 18 décembre 2017 | Extraits |

Comme cela nous a été suggéré par quelques lecteurs institutionnels du blog, Nous reprenons une vieille habitude : reposter les Q&R du Point de presse quotidien, tenu au Quai d’Orsay. Ces reprises seront faites sans commentaire de notre part. Bonne lecture à tous. Extraits.

(…)

| Q. Quelle est votre réaction à la nomination de ministres d’extrême-droite au sein du gouvernement autrichien, notamment aux Affaires étrangères ? Cela va-t-il compliquer la relance du projet européen que prône le président français Emmanuel Macron ?

R. Le nouveau gouvernement de la République fédérale d’Autriche, issu des élections du 15 octobre 2017 et dirigé par le chancelier Sebastian Kurz, a été investi ce matin par le président Alexander Van der Bellen. La France adresse ses félicitations à M. Sebastian Kurz.

Le nouveau chancelier a, à de nombreuses reprises, affirmé son attachement aux valeurs européennes et au projet européen, ce que le programme de son gouvernement reprend.

C’est bien dans cet esprit que nous voulons engager le dialogue avec son gouvernement, particulièrement en vue de la présidence du Conseil de l’Union européenne qu’exercera l’Autriche au second semestre 2018.

| Q. L’accord politique inter-libyen de Skhirat peut-il encore servir de cadre à une réconciliation nationale à partir du moment où l’un des protagonistes de la crise, le maréchal Haftar, estime qu’il est devenu caduc ?

R. La France continue à parler avec l’ensemble des parties, dont le général Hafter, pour les appeler à mettre en œuvre dans un esprit de responsabilité et de paix le plan d’action du représentant spécial du secrétaire général des Nations-unies pour la Libye, M. Ghassan Salamé.

Je rappelle que le Conseil de sécurité a adopté le 14 décembre une déclaration présidentielle réaffirmant la validité de l’Accord inter-libyen de Skhirat et l’appui de la communauté internationale à la mission de M. Ghassan Salamé pour la mettre en œuvre, en lien avec toutes les forces politiques libyennes.

C’est ce processus politique inclusif qui permettra de renforcer les institutions libyennes, d’unifier les forces armées sous l’autorité du pouvoir civil, de relancer le processus électoral et de mettre un terme à la crise.

L’assassinat du maire de Misrata, que M. Jean-Yves Le Drian avait rencontré le 4 septembre lors de sa visite en Libye, est venu confirmer hier une nouvelle fois l’urgence d’une solution politique. Nous condamnons cet acte lâche qui a visé une personnalité connue pour sa modération et présentons nos condoléances à sa famille.

| Q. Le processus de paix inter-syrien de Genève a-t-il une chance de redémarrer face à la « stratégie d’obstruction » du régime de Damas ? Quelles initiatives la France compte-t-elle prendre au début de l’année 2018 pour le relancer ?

R. Comme l’a indiqué hier le président de la République, il faut, en Syrie, « construire une solution politique qui permettra une paix durable, où toutes les minorités seront protégées ». Il a ajouté que des initiatives seront prises « dans le processus que la France souhaite voir émerger en début d’année prochaine ».

Les négociations inter-syriennes conduites sous l’égide des Nations-unies à Genève sont le cadre légitime pour trouver une solution politique à la crise.

Le régime de Bachar al-Assad est responsable du blocage du processus de Genève, alors que l’opposition était parvenue à présenter un front uni. Comme nous l’avons déjà indiqué, il incombe aux pays qui soutiennent le régime d’exercer les pressions nécessaires pour que celui-ci s’engage de bonne foi dans les discussions.

Dans ce contexte, la France réitère son plein soutien aux efforts conduits par l’envoyé spécial des Nations-unies pour la Syrie, M. Staffan de Mistura.

| Q. Êtes-vous au courant que Mohamed Ibn-Salmān Āl-Séʻūd, a acheté le Château Louis XIV pour 300 M$US, comme le dit le New York Times ? Auriez-vous un commentaire sur la campagne anti-corruption du Prince vu ses achats en France (yachts, immobilier) ? Tillerson a récemment haussé le ton contre l’Arabie Séoudite sur le Yémen, le Liban, etc. Êtes-vous d’accord avec son analyse ? Dites-vous les mêmes choses en privé ? Pourquoi pas ouvertement ?

R. De nombreuses personnalités étrangères disposent de biens en France. Il s’agit d’acquisitions privées pour lesquelles l’avis des pouvoirs publics n’est pas sollicité. L’Arabie Séoudite est un partenaire important de la France, à l’actualité duquel nous sommes attentifs.

S’agissant du Yémen, la position de la France est connue : seule une solution politique est à même de mettre fin au conflit et d’améliorer durablement la situation humanitaire. C’est pourquoi nous soutenons les efforts de médiation de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations-unies, M. Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, en vue d’une reprise des négociations. L’accès complet, inconditionnel et sans entrave de l’aide humanitaire est une obligation qui s’impose à l’ensemble des parties au conflit. Cette exigence a fait l’objet d’échanges approfondis avec les autorités saoudiennes lors de la visite à Riyad de M. Jean-Yves Le Drian les 15 et 16 novembre. Le ministre s’était exprimé à cette occasion.

S’agissant du Liban, le groupe international de soutien a réaffirmé le 8 décembre son attachement à la stabilité, à la sécurité et à la souveraineté du pays ainsi que la nécessité de le protéger des crises qui déstabilisent le Moyen-Orient.

Notre méthode est de parler à tous. Notre objectif est de parvenir à la baisse des tensions dans la région afin de favoriser le règlement des crises.

| Q. Ali Akbar Vélayati, principal conseiller du guide suprême de la révolution iranienne, a déclaré hier que le président français se comportait comme « le toutou de Trump ». Comprenez-vous pourquoi l’Iran a une telle vision de la position française envers l’Iran ?

R. Nous voulons croire que cette déclaration ne reflète pas la position du gouvernement iranien.

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