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Discours de S.E. Nikki Haley expliquant le recours au veto US

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Discours du US Ambassador to the United Nations, Nikki Haley1, expliquant l’utilisation du droit de veto américain au Conseil de sécurité des Nations-unies.

Merci, monsieur le président.

Cela fait maintenant presque un an que je suis la fière représentante des États-Unis. C’est la première fois que j’ai utilisé le droit américain à opposer un veto à une Résolution au Conseil de sécurité. Cet exercice du veto, les États-Unis n’en font pas souvent usage. Nous ne l’avions pas utilisé depuis plus de six ans. Nous nous y sommes prêtés sans joie, mais également sans réticence.

Le fait que ce veto ait été opposé pour défendre la souveraineté américaine et pour défendre le rôle de l’Amérique dans le processus de paix au Moyen-Orient n’est pas source d’embarras pour nous. Cela devrait plutôt être une source d’embarras pour les autres membres du Conseil de sécurité.

Comme je l’ai souligné lorsque nous avons débattu de ce sujet il y a 10 jours, je noterai encore une fois les caractéristiques de l’annonce faite par le président sur Jérusalem qui sont les plus pertinentes ici. Le président a pris un soin minutieux à ne pas préjuger des négociations de statut final, notamment des frontières spécifiques de la souveraineté israélienne sur Jérusalem. Cela reste un sujet qui ne pourra être négocié qu’entre les deux parties. Ce positionnement est pleinement conforme aux résolutions antérieures du Conseil de sécurité.

Le président a également pris soin d’établir que nous soutenons le statu-quo en ce qui concerne les lieux saints de Jérusalem et que nous soutenons une solution à deux États si c’est cette dernière auxquelles souscrivent les parties. Une fois encore, ces positionnements sont parfaitement cohérents avec les résolutions antérieures votées par le Conseil de sécurité.

Il est hautement regrettable que certains tentent de fausser le positionnement du président pour servir leurs propres agendas.

Ce qui est ennuyeux pour certains, ce n’est pas que les États-Unis aient nui au processus de paix – nous n’avons, en fin de compte, rien fait de tel. Ce qui est plutôt ennuyeux pour certains, c’est que les États-Unis ont eu le courage et l’honnêteté de reconnaître une réalité fondamentale. Jérusalem est le foyer politique, culturel et spirituel du peuple juif depuis des milliers d’années. Il n’a aucune autre capitale. Mais la reconnaissance par les États-Unis de l’évidence – que Jérusalem est la capitale et le siège du gouvernement israélien contemporain – c’est déjà trop pour certains.

Pour commencer, certains ont menacé de violences dans les rues, comme si la violence allait aider à améliorer d’une manière ou d’une autre les perspectives de paix.

Aujourd’hui, englués dans le jargon diplomatique, certains veulent dire à l’Amérique où installer son ambassade. Les États-Unis jouissent du droit souverain de déterminer où et si établir une ambassade. Je soupçonne que certains États-membres accueilleraient avec satisfaction des déclarations du Conseil de sécurité qui concerneraient leurs décisions souveraines. Et je pense à certains, qui devraient le redouter.

Il faut remarquer qu’il ne s’agit pas d’un nouveau positionnement américain. En 1980, lorsque Jimmy Carter était président américain, le Conseil de sécurité avait voté la Résolution 478, qui appelait les missions diplomatiques à être relocalisées à Jérusalem. Les États-Unis n’avaient pas soutenu la Résolution 478.

Dans son discours, le secrétaire d’État de l’époque, Ed Muskie, avait dit la chose suivante : « Le projet de résolution qui se trouve devant nous aujourd’hui illustre une préoccupation qui a produit des séries de textes irréalistes et déséquilibrés sur les questions du Moyen-Orient ».

De manière plus spécifique, concernant la disposition sur les missions diplomatiques à Jérusalem, le secrétaire Muskie avait dit ce qui suit : « De ce que nous pouvons en juger, la résolution n’est pas contraignante. Elle est sans force. Et nous la rejetons en tant que tentative subversive de régenter les autres nations. Elle ne fait rien pour promouvoir une résolution des problèmes difficiles que doivent affronter Israël et ses voisins. Elle ne fait pas avancer la cause de la paix ».

C’était en 1980. C’est tout aussi vrai aujourd’hui. Aucun pays ne dira aux États-Unis où nous pouvons placer nos ambassades.

Encore davantage enterré dans le jargon de cette résolution, l’accusation que les États-Unis font reculer les perspectives de paix au Moyen-Orient. C’est une accusation scandaleuse. Ceux qui la profèrent devraient se rendre compte qu’elle ne nuit qu’au peuple palestinien, au nom duquel ils affirment s’exprimer. Que gagnent les Palestiniens lorsque leurs propres dirigeants installent des barrages aux négociations ?

Un processus de paix abîmé par la simple reconnaissance du fait que Jérusalem est la capitale d’Israël n’est pas un processus de paix, c’est la justification apportée à une paralysie sans fin. Que gagnent les Palestiniens lorsque certains de leurs dirigeants accusent les États-Unis d’être hostiles à la cause de la paix ? Ils ne gagnent rien, mais cela risque de leur coûter beaucoup.

Les États-Unis ont fait plus que n’importe quel autre pays pour aider les Palestiniens. Et de loin. Depuis 1994, nous avons versé plus de 5 milliards de dollars aux Palestiniens en assistance économique, sécuritaire et humanitaire.

L’UNRWA fait fonctionner des écoles et des établissements médicaux à travers toute la région. Il est financé presque entièrement par des contributions volontaires. L’année passée, les États-Unis ont financé presque 30% du budget de l’UNRWA. Cela représente davantage que les deux plus importants donateurs réunis. Et c’est très largement plus que certains des membres de ce conseil qui ont pourtant des ressources financières considérables qui leur appartiennent.

Je vais être directe : Lorsque les Américains voient un groupe de pays dont les contributions totales versées aux Palestiniens représentent moins d’un pour cent du budget de l’UNRWA – Lorsqu’ils voient ces pays accuser les États-Unis de ne pas être suffisamment engagé à la paix  – les Américains perdent patience.

J’ai été dans ces camps de réfugiés que les États-Unis soutiennent par leur contribution. J’y ai rencontré hommes, femmes et enfants. J’ai épousé leur cause en leurs noms. Je peux vous dire que leurs dirigeants ne leur font aucune faveur en se montrant plus enclins à abandonner les négociations qu’à travailler dur pour les voir aboutir.

Les États-Unis n’ont jamais été plus engagés envers la paix au Moyen Orient. Nous y étions engagés avant que le président n’annonce notre reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël et nous le sommes encore aujourd’hui.

Ce à quoi nous avons assisté ici au Conseil de sécurité est une insulte. Elle ne sera pas oubliée. C’est un exemple de plus du fait que les Nations-unies font plus de mal que de bien dans leur gestion du conflit israélo-palestinien.

Aujourd’hui, par la simple action de décider où installer notre ambassade, les États-Unis ont été contraints à défendre leur souveraineté. L’histoire se souviendra que nous l’avons fait avec beaucoup de fierté. Aujourd’hui, parce que nous avons reconnu une vérité fondamentale sur la capitale d’Israël, nous avons été accusés de nuire à la paix. L’histoire se souviendra également que nous rejetons cette affirmation scandaleuse.

Pour ces raisons, et avec les meilleurs intérêts des Israéliens et des Palestiniens à l’esprit, les États-Unis ont voté non à cette résolution.

Merci.

Note

1 Née Nimrata Randhawa, née et élevée dans une famille de confession sikh. Elle s’est convertie à la religion de son mari, le méthodisme, avant son mariage. Appartient, de fait, à l’aile chrétienne des Républicains pro-Trump.

 

A Propos Nikki Haley

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