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Transfert de l’Ambassade US à Jérusalem : & maintenant ? [2]

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Après le feu promis par des pouvoirs arabes velléitaires & par là heureusement toujours aussi peu crédibles, le binôme Jérusalem-Washington arrive à faire face à une Intifada du transfert qui n’a rien à voir avec les précédentes. Mieux pour eux deux, le Guatemala vient de donner le top départ à tous ceux susceptibles de se ranger, à terme, derrière les administrations Trump & Nétanyahu. 2ème Partie.

| Absurdité !
« Jérusalem a été depuis les temps bibliques notre capitale, pourquoi demander donc un nouveau certificat d’origine de la part de la communauté internationale ? Pourquoi exiger une permission ? Se justifier à tout prix ? C’est absurde ! ».
Moshé Sharett1.

| Mettez m’en une dizaine !
La vice-ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, a indiqué qu’Israël était en contact avec « au moins dix pays dont certains en Europe ». Des sources diplomatiques israéliennes ont, de leur côté, évoqué le Honduras, les Philippines, la Roumanie et le Soudan du Sud parmi les pays concernés.

| Stratégie disruptive !
« … le compte est loin d’y être pour la direction palestinienne ! Non seulement l’initiative de Donald Trump n’a pas mis le feu dans les Territoires palestiniens et dans la rue arabe à travers le monde – contrairement aux prophéties apocalyptiques des commentateurs patentés – mais elle n’a pas, non plus, déclenché au sein de la communauté internationale une vague de reconnaissance de l’État palestinien. Venu à Paris pour quémander celle-ci, Mahmoud Abbas s’est vu opposer une fin de non recevoir par Emmanuel Macron, qui prend ainsi ses distances avec la stratégie de Laurent Fabius. Celui-ci avait fait voter, en décembre 2014, le principe de cette reconnaissance par le Parlement français – avec l’objectif de faire pression sur Israël – et convoqué en 2016, à Paris une conférence internationale sur la question israélo-palestinienne – qui fut un fiasco. Cela aurait dû, en bonne logique, déclencher la bombe diplomatique promise par Fabius, mais Macron ne voit pas les choses de la même manière, et fait preuve d’une saine prudence dans un dossier où il n’y a que des coups à prendre… La stratégie de Donald Trump sur le dossier israélo-palestinien est disruptive, bousculant le statu quo diplomatique installé depuis le début du siècle, après l’échec des pourparlers de Camp David et de Taba. Rien ne garantit que cette stratégie réussisse, mais il est certain que celle de son prédécesseur Barak Obama, qui voulait tordre le bras des Israéliens, a échoué ».
Luc Rosenzweig, in Causeur .

| Une surprise… pas si surprenante !
« La surprise semble avoir été totale et pourtant le candidat Trump avait évoqué à plusieurs reprises cette mesure lors de sa campagne électorale. Les observateurs avaient alors estimé qu’il s’agissait uniquement d’une manœuvre destinée à attirer les voix de la communauté juive – ce qui n’a d’ailleurs pas été vraiment le cas – et puis, tant de candidats à des élections – pas seulement aux États-Unis – ont tellement fait des promesses qui sont restées lettres mortes que personne ne s’est vraiment inquiété. En effet, il était communément admis qu’une fois élu, Trump rangerait cette proposition au fond d’un tiroir la réservant pour des temps plus lointains. Tout cela semblait se confirmer puisque le candidat Trump, qui avait affirmé qu’il prendrait cette décision sitôt élu, n’en avait rien fait au cours des premiers six mois de son mandat. C’était sans compter sur la volonté farouche de cet ‘amateur’ en politique internationale de faire bouger les lignes dans un processus de paix qui est au point mort depuis des décennies. En effet, Trump pense sans doute que ce coup de pied dans la fourmilière va faire évoluer la situation en obligeant les différents protagonistes à définir leur position et, éventuellement, à proposer des solutions. Il y a aussi un point important : tous les dirigeants politiques rêvent de laisser leur trace dans l’Histoire. Trump se voit en celui qui aura permis de régler ce problème dramatique qui perdure depuis la création de l’État hébreu. Personne ne peut aujourd’hui affirmer que ce sera le cas et que la situation ne sera pas encore pire qu’auparavant. Même l’ONU s’inquiète des suites possibles. Il également probable que cette déclaration soit également un ‘rideau de fumée’ destiné à camoufler les très sérieuses difficultés que traverse actuellement l’administration Trump à l’intérieur et à l’international, notamment avec la Corée du Nord ».
Alain Rodier, CF2R .

| Énième erreur d’évaluation, après la Syrie.
« Washington et Riyad ont estimé une réaction apathique de la population arabe alors qu’au contraire, les Palestiniens luttent aujourd’hui avec le soutien renouvelé de leurs frères arabes et musulmans pour obtenir la victoire, étant donné que Jérusalem restera la capitale de la Palestine, la Palestine entière ».
Abdel Bari Atwan, in Raï Al Youm.

| Tous ensemble !
« Il appartient au peuple palestinien de mener la troisième Intifada contre cette décision (…). Et il appartient à la Résistance, palestinienne et libanaise, d’assumer ses responsabilités pour promouvoir l’union entre tous les partis palestiniens et pour soutenir la cause de Jérusalem contre la conspiration américaine »,
Sayyed Hassan Nasrallâh, secrétaire général du Hezbollah.

| Erreur géostratégique ? 
« …Trump a provoqué une onde de choc dans une bonne partie du Proche et du Moyen-Orient. En voulant reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, le président américain a galvanisé la résistance à l’occupation. Hassan Nasrallâh a indiqué que le Hezbollah se tiendrait aux côtés des Palestiniens pour la troisième Intifada. Moqtada As-Sadr a nargué les Séoud en les invitant à envoyer leurs avions militaires défendre Jérusalem plutôt que de bombarder le Yémen. Le FPLP mise en outre sur le soutien des Pâsdâran iraniens pour mener le combat. Trump aurait-il sous-estimé la réaction de la résistance dans la région? ».
Stefano Mauro, in Contropiano .

| Plan (à quatre) calculé !
« Le Hamas peut bien brûler des drapeaux américains et israéliens, il n’y a rien de nouveau à cela. Il peut appeler à une nouvelle Intifada, lors de laquelle quelques malheureux vont simplement se blesser. L’émulation palestinienne des Frères Musulmans égyptiens est à bout de souffle ; elle exerce déjà sa capacité de nuisance au maximum et cela n’empêche même plus les habitants du Néguev de dormir. La réaction d’Ismaïl Haniyeh et de son organisation terroriste aurait pesé de quelque poids si elle avait, ne serait-ce qu’une seule fois, proposé un autre agenda, mais elle a toujours prôné la destruction de l’ ‘entité sioniste’ et le génocide de ses citoyens, sans jamais n’avoir eu le commencement des moyens de réaliser ces objectifs. Tout ce que le Hamas est parvenu à faire est de mener, en lançant des guerres suicidaires, dans un premier temps à la destruction de Gaza, et à force, de devenir insignifiant. Et Mahmoud Abbas amuse la galerie en claironnant que les USA, en prenant cette décision, se sont exclus des négociations en vue d’un règlement pacifique. Une prise de position périlleuse, lorsque l’on sait que seul Washington est capable de faire évoluer les choses, et que tout ce qui se passe actuellement est le résultat d’un plan savamment mûri entre Trump, le prince héritier séoudien Mohamed Ibn-Salmān, le maréchal égyptien as-Sīssī et Binyamin Nétanyahu ».
Sami el-Soudi, in Menapress.

| Couic !
« Aujourd’hui, les Nations-unies ont convenu d’un budget pour l’année financière 2018-2019. Parmi une foule d’autres succès, les États-Unis ont négocié une réduction de plus de 285 M$US par rapport au budget final 2016-2017. En plus de ces importantes économies, nous avons réduit les fonctions de gestion et de soutien de l’ONU, renforcé le soutien aux principales priorités américaines à travers le monde et inculqué plus de discipline et de responsabilité dans tout le système des Nations-unies (…). Nous ne laisserons plus la générosité du peuple américain profiter à d’autres ou rester sans contrôle (…). Cette réduction historique des dépenses, en plus de nombreuses autres initiatives en faveur d’une ONU plus efficace et responsable, est un grand pas dans la bonne direction ».
US Ambassador to the United Nations, Nikki Haley2.

| On se retient !
« En réalité et selon la nouvelle doctrine Trump, les États-Unis ne considèrent plus le dossier palestinien comme une priorité. Il ne représente pas le cœur de la confrontation au Moyen-Orient. Il existe de nombreux conflits plus importants qui menacent vraiment la paix. Seuls les États-Unis peuvent être garants de stabilité dans le monde, et sont les seuls qui pourront servir d’arbitre, investir des fonds, notamment pour faire avancer le processus de paix avec les Arabes. Les Russes, les Chinois et mêmes les Européens le savent parfaitement même si parfois ils ont cette ambition. En conclusion, les Palestiniens n’ont d’autre alternative que d’accepter la médiation américaine. Ni la campagne de délégitimation, ni les résolutions des Nations-Unies ne peuvent leur apporter une légitimité de vivre côte à côte avec les Israéliens ».
Freddy Eytan, La doctrine Trump, les provocations dangereuses & la retenue israélienne, CAPE http://jcpa-lecape.org/la-doctrine-trump-les-provocations-dangereuses-et-la-retenue-israelienne/.

Notes

1 Un des pères fondateurs de l’État d’Israël. Il fut notamment ministre des Affaires étrangères de 1948 à 1956 et Premier ministre du 26 janvier 1954 au 3 novembre 1955.
2 Née Nimrata Randhawa, née et élevée dans une famille de confession sikh. Elle s’est convertie à la religion de son mari, le méthodisme, avant son mariage. Appartient, de fait, à l’aile chrétienne des Républicains pro-Trump.

 

A Propos Jacques Borde

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