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Biélorussie, Russie, Pologne, Ukraine, Yémen

| Quai d’Orsay | Points de presse du 21-29 décembre 2017 | Extraits |

Comme cela nous a été suggéré par quelques lecteurs institutionnels du blog, Nous reprenons une vieille habitude : reposter les Q&R du Point de presse quotidien, tenu au Quai d’Orsay. Ces reprises seront faites sans commentaire de notre part. Bonne lecture à tous. Extraits.

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| Q. Après la décision de la Russie de se retirer du centre de contrôle & de coordination du cessez-le-feu dans le Donbass, le président de l’Ukraine Piotr Porochenko s’est dit favorable à ce que les représentants de la France et de l’Allemagne y participent. Comment évaluez-vous cette idée ? Comment cela peut-il changer la situation dans le Donbass ? M. Porochenko a aussi dit que le risque d’aggravation de la situation au Donbass est très élevé. Il a décidé d’y augmenter le nombre des forces de sécurité. Comment évaluez-vous ces propositions ?

R. La France regrette le retrait des représentants russes du centre conjoint de contrôle et de coordination du cessez-le-feu dans le Donbass et a invité hier la Russie à revenir sur cette décision. Il est prématuré d’envisager une modification de ce mécanisme conjoint, dont la vocation est de rendre possible un travail coordonné des militaires russes et ukrainiens pour consolider le cessez-le-feu et soutenir la mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine.

La France et l’Allemagne sont déterminées à poursuivre leurs efforts dans le format de Normandie pour le règlement pacifique du conflit.

Nous saluons à ce titre la décision du groupe de contact trilatéral de reconduire le cessez-le-feu à l’occasion de Noël et appelons l’ensemble des parties à respecter strictement cette décision.

| Q. Quelle est la réaction de la France suite à l’annonce hier par la Commission de l’activation de l’article 7 du traité de l’UE à l’encontre de la Pologne ?

R. La commission européenne a décidé le 20 décembre de saisir le conseil sur le fondement de l’article 7 du traité sur l’Union européenne. Elle l’a invité à constater que les réformes de la justice conduites en Pologne font courir un risque grave de violation de l’État de droit dans ce pays.

L’Union européenne est une communauté de droit et de valeurs partagées. Le respect de l’État de droit s’impose à tous ses États membres.

La compatibilité des réformes de la justice en Pologne avec le droit et les valeurs de l’Union européenne est un sujet de préoccupation. Comme l’a indiqué le président de la République le 15 décembre et comme l’a rappelé à plusieurs reprises Mme Nathalie Loiseau, la France appuie la commission dans sa démarche et dans ses efforts.

La Pologne est un partenaire de la France au sein de l’Union européenne. C’est pourquoi la France – comme elle n’a cessé de le faire, y compris dans notre dialogue politique bilatéral – appelle les autorités polonaises à poursuivre un dialogue constructif avec la commission et l’ensemble des partenaires, en tenant pleinement compte des recommandations qui leur ont été faites dans ce cadre. Le président de la République s’est exprimé en ce sens lors de la conférence de presse conjointe qu’il a tenue avec la chancelière Angela Merkel à l’issue du conseil européen des 14 et 15 décembre.

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| Q. Le gouvernement français a toujours soutenu le Premier ministre espagnol M. Rajoy à propos du conflit catalan. Les élections en Catalogne ont redonné la majorité au bloc indépendantiste et ont placé le Parti populaire (PP) en dernière position, dont c’est le pire score historique. Quelle est la lecture des résultats que fait le gouvernement français ? Est-ce qu’une révision des stratégies serait souhaitable ?

R. Notre position est constante : la France réitère sa confiance dans la démocratie espagnole ainsi que son attachement au respect du cadre constitutionnel de l’Espagne.

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| Q. Selon le président du Conseil de la Fédération de Russie, Valentina Matvienko, la chambre haute du parlement russe a demandé à la France la permission à M. Kerimov de retourner en Russie pour exercer ses pouvoirs de sénateur, « avec l’assurance, que M. Kerimov continuera à coopérer avec les autorités chargées de l’enquête et qu’il sera à l’endroit où il devra être sous la garantie de la part de la Russie ». Quelle est votre réaction ? Les autorités françaises sont-elles prêtes à permettre à M. Kerimov de retourner en Russie sous ces conditions ?

R. M. Kerimov, représentant du Daghestan au Conseil de la Fédération de Russie, a été interpellé le 20 novembre à Nice et placé en garde à vue.

Mis en examen pour blanchiment aggravé de fraude fiscale, commis en bande organisée, M. Kerimov a été libéré et placé sous contrôle judiciaire à l’issue de sa garde à vue.

Il revient à l’autorité judiciaire de poursuivre, en toute indépendance, l’instruction de cette affaire.

(…)

| Q. Deux Biélorusses ont été condamnés à mort le 20 décembre. Avez-vous une réaction ?

R. La France fait part de sa préoccupation à la suite de la décision, le 20 décembre, de la Cour suprême de Biélorussie de condamner à mort Igor Guerchankov et Simion Berejnoï.

Elle rappelle son opposition constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances.

Nous exhortons les autorités biélorusses à instaurer un moratoire sur la peine capitale, première étape vers son abolition. Une telle évolution faciliterait le rapprochement de la Biélorussie tant avec l’Union européenne qu’avec le Conseil de l’Europe.

| Q. Alexeï Navalny a été éliminé de la campagne présidentielle en Russie par la Tsik (commission électorale). Quelle est la position du Quai d’Orsay ?

R. La France prend note de la décision de la commission électorale centrale russe refusant, le 25 décembre, l’enregistrement d’Alexeï Navalny en tant que candidat à l’élection présidentielle du 18 mars 2018, au motif que celui-ci a été condamné à une peine de prison avec sursis.

Toutefois, comme l’Union européenne l’a indiqué hier, la Cour européenne des droits de l’Homme a jugé que le droit d’Alexeï Navalny à un procès équitable avait été violé à l’occasion de ses condamnations par la justice russe (Navalnyy et Ofitserov c. Fédération de Russie et Navalnyy frères c. Fédération de Russie).

| Q. Des bombardements séoudiens ont encore fait de nombreuses victimes civiles au Yémen récemment. Une réaction ?

R. La France déplore les nombreuses victimes civiles au Yémen au cours d’opérations militaires ces derniers jours. Cette situation souligne l’urgence d’une solution politique négociée, seule à même de mettre fin à la crise au Yémen et à ses conséquences dramatiques pour le peuple yéménite, comme à ses répercussions sur la sécurité des pays voisins.

La protection des populations et des infrastructures civiles et l’accès complet, inconditionnel et sans entrave à l’aide humanitaire s’imposent à toutes les parties. Nous demandons à tous de les respecter. Le président de la République a fait part à cet égard le 27 décembre au roi Salman de sa forte préoccupation face à la catastrophe humanitaire au Yémen et l’a appelé à lever entièrement le blocus pour permettre à l’aide humanitaire et aux biens commerciaux d’entrer au Yémen.

La France est attentive à la sécurité de l’Arabie Séoudite. Elle lui a exprimé sa solidarité après les tirs de missiles qui l’ont visée ces dernières semaines. Elle souhaite jouer tout son rôle pour relancer un processus politique crédible à brève échéance au Yémen et contribuer ainsi à la restauration d’une stabilité durable dans ce pays.

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