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Grignotage

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La Bataille de Vienne, le 12 septembre 1683 marqua la fin de l’expansion ottomane. Quelques années plus tard, la Bataille de Zenta du 11 septembre 1697 amena la signature du Traité de Karlowitz en janvier 1699 qui marqua le début du déclin de l’Empire ottoman en Europe orientale.

Mais ce fut bien sûr la 1ère Guerre mondiale qui entraîna l’effondrement de l’Empire ottoman.

À la Conférence de San Remo, en avril 1920, les puissance victorieuses s’entendirent sur le sort de l’Empire ottoman et imposèrent aux mandataires du sultan Mehmed VI, le 10 août 1920, la signature du Traité de Sévres.

Ce traité dépeçait l’Empire ottoman qu’il faisait passer d’1.780.000 km2 avant la guerre à 420.000 km2. Ce territoire ne correspondait même pas à l’Anatolie car certaines parties de celle-ci étaient données à la Grèce, à un futur État arménien. En outre Britanniques, Français et Italiens y disposaient de zones d’influence, les finances étant placées sous tutelle étrangère.

Mais ce traité imposé entraîna le rassemblement des Turcs autour de Mustapha Kemâl. Celui-ci qui était entré en opposition contre le sultan dès 1919 était en mauvaises posture au début de 1920, les troupes nationalistes ayant subi plusieurs défaites face aux troupes du sultan. La signature du traité entraîna un retournement de l’opinion en faveur des nationalistes de Mustapha Kemâl, la fin de la guerre civile permet aux forces turques de s’attaquer aux forces étrangères : contre les Arméniens à la fin de 1920 puis contre les Français et les Italiens et les Anglais qui eux occupaient Istanboul et enfin guerre contre la Grèce qui se termine en octobre 1922.

Ces victoires permirent à la Turquie d’obtenir la signature d’un nouveau traité à Lausanne, le 24 juillet 1923 qui rendit à la Turquie son indépendance.

Toutefois, on ne peut pas dire que les Turcs aient accepté de gaîté de cœur le rétrécissement de leur territoire : les années de l’entre-deux-guerres virent la Turquie mener une guérilla diplomatique face à la France détentrice d’un mandat de la SDN sur la Syrie et qui à ce titre se devait de protéger les intérêts syriens.

Avant même le Traité de Lausanne, la France avait engagé des négociations avec les représentants kémalistes : un premier accord, le 11 mars 1921 rendait à la Turquie les villes de Kilis, Aïntâb et Urfa ainsi que la Cilicie et les régions située au nord du golfe d’Alexandrette, le 20 octobre 1921, l’Accord d’Angora mettait fin à la guerre entre la France et la Turquie et fixait la frontière entre le mandat français et la Turquie, mais dés le mois de décembre 1921 des problèmes surgirent pour la délimitation de la frontière et l’armée turque commença à implanter des postes militaires en territoire syrien en particulier dans la zone dite du Bec de Canard1.

Pour les Turcs, la frontière sert d’une part de ligne de conquête militaire et en même temps de ligne symbolique où s’affiche la puissance retrouvée de l’État, elle est le lieu privilégié où se développent des campagnes de propagande nationaliste destinées à regrouper la nation en création, ces campagnes qui se développent en particulier dans le Sandjak d’Alexandrette et à Alep tendent à exacerber l’opposition entre Turcs et non-Turcs, le pouvoir kémaliste affirme sa volonté de récupérer les « provinces martyres ». Cette propagande est orchestrée par des comités nationalistes implantés dans les villes frontières.

Les difficultés rencontrées avec les populations kurdes poussent le gouvernement d’Ankara à demander l’aide de la France pour faire régner l’ordre à la frontière.

De son côté la France cherchait à renforcer la frontière syrienne, c’est ainsi que dans le Nord Est de la Syrie, en Haute Djezireh (l’actuel gouvernorat d’Hassaké), elle favorisa l’implantation et la sédentarisation de populations chrétiennes et kurdes2, elle y accueilli aussi des intellectuels kurdes qui fondèrent la Ligue Khoyboun3 qui s’investit dans la (re)ethnicisation de l’identité kurde en Syrie et qui avait aussi pour mission d’organiser une révolte armée en Turquie.

Mais l’affaire la plus importante fut sans conteste celle du Sandjak d’Alexandrette. Dans l’Accord d’Angora du 20 octobre 1921 on prévoyait à l’article 7 un statut particulier pour la région d’Alexandrette4. Ainsi, dès le début des années 1920 la Turquie entendait conserver des intérêts dans la région.

La population de la région était très mélangée5 et très divisée politiquement. Cependant peu à peu chez les Turcs, les Kémalistes l’emportèrent, ils se groupaient autour du journal turc d’Antioche, le Yeni Gûr et du cercle sportif de la jeunesse le Genç Spor Klübü, côté arabe, les divergences étaient plus profondes étant donné le caractère composite de cette population, mais peu à peu la Ligue d’Action Nationaliste (‘Usbat Al-Amal al-Qawmî)6 regroupa les éléments les plus jeunes et les plus actifs.

La situation commença à se tendre à partir de 1934 lorsque les kémalistes se mirent à organiser des manifestations à l’occasion de toutes les fêtes turques, portant la cocarde turque ou le portrait de Mustapha Kemâl à la boutonnière, s’en prenant même parfois aux militaires du 3e Bataillon de la Légion syrienne en garnison à Antioche dont les membres étaient recrutés pour la plupart parmi les Alaouites et les Arméniens.

À partir de 1936, la presse turque s’en prit à certains fonctionnaires français et syriens à qui elle reprochait de porter préjudice à la culture turque, d’appauvrir les propriétaires turcs pour que leurs terres soient achetées par des Arabes et de ne recruter comme fonctionnaires que des Alaouites.

La signature du Traité franco-syrien de septembre 1936 entraîna une levée de boucliers dans la presse turque qui déclarait que jamais la Turquie n’accepterait la domination de la Syrie arabe sur la région « turque » d’Alexandrette.

Sur place les kémalistes lancèrent une première offensive en déclarant qu’ils dressaient les listes de tous ceux qui portaient le tarbouch au lieu de porter le chapeau ou la casquette de la Turquie nouvelle7, on créa un peu partout des Maisons du Peuple pour encadre la population turque et un Comité pour l’indépendance du Hatay8 fut formé avec le soutien du gouvernement d’Ankara

Du côté arabe, les militants de la Ligue d’action nationaliste portèrent la sidara (bonnet de police irakien) et à chaque manifestation turque répondirent en organisant une manifestation arabe.

En novembre 1936 eurent lieu les élections législatives syriennes que les Turcs décidèrent de boycotter pour montrer leur forces, les écoles turques se mirent en grève. Mais ce boycott n’obtint pas les résultats espérés, dans la région d’Antioche où les Turcs étaient les plus forts, il y eut quand même 44,7% de votant. En même temps des rumeurs circulaient sur la possibilité d’une intervention militaire turque ce qui semait la peur parmi les populations alaouites et chrétiennes qui se mirent à organiser un service de protection.

Le 30 novembre et le 1er décembre 1936 des émeutes éclatèrent à Antioche ; les Turcs s’attaquant aux députés pro-syrien, il fallut faire intervenir l’armée, 2 manifestants furent tués. La presse turque s’enflamma, parla de 50 morts, d’atteintes portées à des femmes turques.

Au début de 1937, des observateurs de la SDN arrivent à Antioche ce qui permet à chaque camp de montrer ses forces le 11 janvier 1937 une manifestation réunit plus de 25.000 personnes aux cris de « vive la Syrie, vive l’unité syrienne, vive Zaki Arzouzi », après la manifestation, les musulmans arabes montrèrent leur solidarité avec les chrétiens arabes en allant faire leur prière sur le perron de l’église chrétienne orthodoxe au lieu d’aller dans les mosquées des quartiers turcs, le lendemain les Turcs rassemblèrent 15.000 personnes pour leur manifestation.

Cela n’empêcha pas la signature de l’accord du 29 mai 1937 par lequel le Sandjak est séparé de la Syrie et passe sous le contrôle de la SDN qui est chargée d’y organiser des élections.

La pression turque ne cessa pas pour autant, un nouveau traité franco-turc est signé le 4 juillet 1938, dés le lendemain les premières troupes turques entrent au Sandjak. Finalement, le 23 juin 1939 un accord franco-turc assure le retour d’Alexandrette à la Turquie. Plusieurs dizaines de milliers d’habitants quittent la région : c’est le cas de la quasi-totalité de la population arménienne qui va dans la plaine de la Békaa et dans des camps de réfugiés prés de Beyrouth9, les notables arabes spécialisés dans le négoce partent dans les villes syriennes, en particulier Alep, restent sur place ceux qui ne peuvent partir, en particulier les ouvriers agricoles alaouites. Pour remplacer les exilés, on fait venir des populations turques.

Autre région sur laquelle la Turquie conservait un œil : l’île de Chypre. À la suite de la Guerre russo-turque de 1877-1878, le Congrés de Berlin de juillet 1878 fit de Chypre un protectorat britannique, en novembre 1914 le Royaume-Uni rompt ses liens avec l’Empire ottoman et annexe Chypre qui devient à la suite du Traité de Lausanne de 1923, une colonie de la Couronne.

Concernant la population, les Chypriotes grecs étaient largement majoritaires face aux Turcs puisqu’ils représentaient plus de 77% de la population totale.

Ces Grecs avaient un désir : le rattachement à la Grèce : l’Union ou Enosis (en grec : ἔνωσις).

De 1955 à 1959 se déroula une guerre d’indépendance menée par l’EOK (Ethniki Organosis Kyprion Agoniston) dirigée par le général Grivas. Finalement, en 1960, Chypre devint indépendante.

Le gouvernement du président Makarios peina à maintenir un équilibre entre les deux communautés alors que les affrontements se multipliaient. Le 15 juillet 1974, la Garde nationale dirigée par des officiers grecs tenta un coup d’État avec l’aide de l’EOKA-B, cette action provoqua, le 20 juillet 1974 , l’invasion de Chypre par l’armée turque : Opération Attila ou Opération Paix pour Chypre 10, 40.000 soldats turcs débarquent sur l’île où ils sont appuyés par 20.000 miliciens chypriotes turcs, les combats se terminent au mois d’août 1974 et aboutissent à la partition de l’île (les Turcs en contrôlent 38%, soit 3.555 km2) et à l’exode de 210.000 chypriotes grecs vers le sud.

En février 1975 et proclamé l’État fédéré turc de Chypre puis en novembre 1983 est proclamée l’indépendance de la « République turque de Chypre du Nord », seule la Turquie reconnaît cet État. Pendant cette période, la Turquie met en œuvre une politique de colonisation.

Aujourd’hui, selon les autorités turques de Chypre du Nord, la population s’élèverait à 265.000 habitants alors que selon le recensement de 1973 la communauté chypriote turque représentait 116.000 personnes.

La chute du communisme en Europe de l’est et la désintégration de la Yougoslavie permirent à la Turquie d’opérer son retour aux Balkans, cette région qu’elle avait perdu au XIXe siècle et au début du XXe siècle ces Balkans considérés comme faisant partie du monde turc qui comme le disait Suleyman Demirel « s’étend des rives de l’Adriatique à la Chine »11.

C’est dans l’ex-Yougoslavie que la Turquie effectua son grand retour dans les Balkans.

En juillet 1991 Alija Izetbegovic effectue une visite de trois jours en Turquie, il demande au président turc Turgut Ozal que la Bosnie Herzégovine participe à la conférence des pays islamiques prévue le mois suivant à Istanbul. Ozal l’assure de son soutien. À l’automne, l’ambassadeur d’Ankara à l’OTAN affirme que son pays apportera une aide économique à la Bosnie, en novembre, la Turquie propose en secret de former l’armée bosniaque. Le 6 février 1992, avant même le référendum sur l’autodétermination qui a lieu le 29 février, la Turquie reconnaît la Bosnie et dès l’été 1992 fournit deux importantes cargaisons d’armes légères.En janvier 1993 le vice-premier ministre bosniaque est tué dans un véhicule de l’ONU alors qu’il revenait de s’entretenir d’affaires militaires à l’aéroport avec une délégation turque.

L’aide aux Bosniaques passa aussi par le biais d’associations « humanitaires » comme l’Internationale Humanitäre Hilfe crée en Allemagne en 1992 puis en Turquie sous le nom d’İnsani Yardım Vakfı. Par la suite elle s’impliqua dans l’aide aux terroristes tchétchènes et aussi aux djihâdistes syriens.

En 2011, avec les « Printemps arabes », Ankara leva l’étendard du confessionnalisme et s’érigea en protectrice des masses sunnites victimes de régimes dictatoriaux laïcisants ou d’États sous influence chî’îte.

On a eu l’impression qu’Erdoğan relevait l’étendard du califat ottoman aboli par Mustafa Kemâl Atatürk le 3 mars 1924.

Les services secrets turcs12 se mirent alors au travail que ce soit en Libye, en Syrie ou en Irak. La déstabilisation de ces deux derniers pays étaient d’autant plus intéressante pour la Turquie que ces deux pays abritent d’importantes minorités kurdes et servent de base arrière pour le PKK13 ce qui devait permettre à la Turquie d’affaiblir cette organisation.

Lors de la Bataille de Kobanê en 2014-2015, l’armée turque bloqua la frontière, empêchant toute aide de parvenir aux Kurdes attaqués par les combattants de l’État islamique.

Durant cette période, la Turquie devint le lieu de passage des islamistes qui allaient rejoindre les organisations terroristes en Syrie et en Irak celui aussi des armes fournies par les États-Unis aux groupes terroristes en Syrie. Ces derniers pouvaient se ravitailler en Turquie en produits permettant la fabrication d’explosifs et y vendre le pétrole qu’ils extrayaient des régions qu’ils contrôlaient, pétrole exporté par le port d’Iskenderun (Alexandrette) ou dirigé vers la raffinerie turque de Batman.

La zone industrielle d’Alep fut pillée par les djihâdistes qui vendirent les machines en Turquie.

Mais en octobre 2015 l’État Islamique commit un attentat devant la gare d’Ankara (102 morts, plus de 500 blessés) ce qui amena la Turquie à modifier sa politique à son égard.

À l’été 2016, l’État Islamique contrôle encore une zone importante à la frontière avec la Turquie, mais les Forces démocratiques syrienne14 franchissent l’Euphrate et s’emparent de Manbij le 12 août. La Turquie ne veut pas que l’ensemble de sa frontière tombe entre les mains des Kurdes elle lance alors l’opération Bouclier de l’Euphrate (Fırat Kalkanı Operasyonu). Pour ce faire elle a recours à des groupes terroristes de l’ouest de la Syrie qui n’ont rien à lui refuser,en particulier la Division Sultan Murad15 composée de Turkmènes, ceux-ci fournissant la piétaille alors que la Turquie fournit le matériel lourd.

L’offensive débute le 17 août et le 24 août la ville de Jarablus est prise à Al-Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (DA’ECH)16 puis les forces sous le contrôle d’Ankara se retournent contre les FDS qui doivent reculer mais conservent cependant Manbij.

Les opérations se poursuivent contre DA’ECH, la principale bataille se déroule pour la prise de la ville d’al-Bab, elle dure plus de deux mois et les Turcs y perdent plus d’une douzaine de chars.Mais ils se retrouvent bloqués car après la libération d’Alep-Est l’ Al-Jayš al-’Arabī as-Sūrī (AAS)17 a lancé une offensive contre DA’ECH et est parvenue à l’Euphrate. En outre, au mois de mars, des troupes russes sont entrées dans la ville d’Afrin, dans une région contrôlée par les Kurdes. Le 29 mars 2017, la Turquie annonce la fin d’une opération qui lui a permis d’occuper une partie du territoire syrien.

L’évolution de la situation en Syrie en 2017 ne pouvait que déplaire aux Turcs, en effet, les FDS se sont emparés de Raqqa, capitale de DA’ECH puis on poursuivi à l’est de l’Euphrate, l’AAS a de son côté éliminé les djihâdistes de DA’ECH à l’ouest du fleuve.

Cette libération d’une grande partie de la Syrie a permis un regroupement des forces syrienne qui se sont lancées à l’assaut de la dernière grande région tenue par les djihadistes : la région d’Idlib, un bastion djhâdiste peu touché par les combats depuis la libération d’Alep en décembre 2016, toutefois des affrontements assez sanglants y ont éclaté de temps en temps mettant aux prises divers groupes djihâdistes.

Après de violents combats, les forces syriennes sont parvenues à libérer l’aéroport d’Abu Duhur qu’elles avaient perdu en 2015, les groupes djihâdistes subissant de lourdes pertes dans les combats.

On a pu remarquer à cette occasion l’utilisation par les djihâdistes de véhicules blindés d’origine turque.

Cette offensive des forces gouvernementales syrienne qui a déjà entraîné une réduction de 20% de la poche d’Idlib va se traduire par la disparition de la dernière grande région aux mains des djihâdistes ce qui ne fait bien sûr pas les affaires de la Turquie outrée de plus de la proposition américaine de création d’une « force de sécurité frontalière » de 30.000 hommes constituée essentiellement de Kurdes, d’où le lancement de l’Opération Rameau dOlivier.

Il faut remarquer que les militaires russes stationnés à Afrin l’ont évacué, ce qui est clairement un feu vert donné par Moscou aux Turcs ce qui n’est pas surprenant étant donné le rapprochement russo-turc à l’œuvre depuis 2016.

Cette opération vise à chasser les Kurdes de la région d’Afrine qui jouxte en particulier la province turque du Hatay. Comme pour l’opération Bouclier de l’Euphrate, Ankara a fait appel à ses supplétifs djihâdistes, mais il y a une nouveauté car l’aviation turque a pénétré dans l’espace aérien syrien pour bombarder des positions kurdes.

Les Turcs et leurs supplétifs attaquent à la fois depuis la province du Hatay et depuis la région d’Azaz à l’est. L’objectif étant d’éliminer toute présence kurde dans la zone et d’occuper une nouvelle portion du territoire syrien.

Le Traité de Sèvres qui remonte à près d’un siècle n’a toujours pas été digéré par la Turquie qui depuis lors a mené une politique constante pour récupérer des bribes des territoires qui lui avaient été arrachés à cette occasion.

Notes

1 Le Bec de Canard, étroite bande de terres fertiles et cultivables, séparait la ville de Nissibin (actuelle Nusaybin) de la montagne. Elle était peuplée de tribus chrétiennes orthodoxes et de Kurdes hostiles à la Turquie. Bordant le Tigre et traversée par la voie ferrée en direction de Mossoul, le Bec de canard, commandait aussi d’importantes communications internationales.
2 En 1927 45 villages kurdes, en 1941 700 villages kurdes, sur une population de 141.000 habitants on comptait 58.000 Kurdes, 48.000 arabes et 35.000 chrétiens.
3 La Ligue Khoyboun (être soi-même) est à la base de la conception du nationalisme kurde moderne, ce comité créé en 1927 a pour but de réaliser l’union de tous les Kurdes dans un Kurdistan indépendant. En même temps les Kurdes se rapprochèrent des Arméniens du Dachnak pour tenter de convaincre le gouvernement iranien de soutenir la cause kurdo-arménienne au nom de la fraternité aryenne et en opposition aux Turcs qualifiés de « Mongols » ou de Tartares ».
4 Un régime administratif spécial sera institué pour la région d’Alexandrette. Les habitants de race turque de cette région jouiront de toutes les facilités pour le développement de leur culture. La langue turque y aura le caractère officiel.
5 En 1936 on comptait 85.000 Turcs, 99.000 arabes se répartissant entre 62.000 alaouites, 22.000 musulmans sunnites et 14.000 chrétiens, s’y ajoutaient 29.000 arméniens, 5.000 kurdes et 1.000 Tcherkesses.
6 C’est dans la région d’Alexandrette que cette ligue fut la plus active, elle se disloqua en 1939, mais l’un de ses militants les plus actifs, un instituteur alaouite réfugié en Syrie après la cession du sandjak à la Turquie, Zaki al-Arzouzi deviendra l’un des fondateurs du parti Ba’as.
7 Cela paraît clochemerlesque mais il ne faut pas oublier que lorsque Mustapha Kemâl a lancé cette campagne en Turquie, il a brisé les oppositions, les gendarmes bastonnant ceux qui ne portaient pas le chapeau ou la casquette, il y eut même des cas de pendaisons.Ici cela permettait de rassembler les Turcs en un bloc face aux non-turcs.
8 Le comité pour appuyer ses revendications entendait démontrer que les Hittites constituent la souche de la race turque que les Hittites étant établis dans le nord syrien, la population du Sandjak descendait des hittites, ancêtres des Turcs donc le Sandjak était turc.
9 C’est à Beyrouth que fut fondée en 1975, l’ASALA : Armée Secrète de Libération de l’Arménie (Hayastani azatagrut’yan hay gaghtni banak).
10 Atilla Harekâtı ou Kıbrıs Barış Harekâtı.
11 Dans le quotidien turc Cumhuriyet du 24 février 1992.
12 MIT : Millî İstihbarat Teşkilatı (organisation nationale du renseignement).
13 Le Parti des travailleurs du Kurdistan (Partiya Karkerên Kurdistan ) formé en 1978, mène depuis 1984 une guérilla contre la Turquie.
14 Les Forces démocratiques syrienne (Hêzên Sûriya Demokratîk) sont une coalition militaire très largement dominées par les Kurdes des Unités de protection du peuple (Yekîneyên Parastina Gel ) branche militaire du Parti de l’union démocratique (PYD).
15 La Division Sultan Murad a reçu du matériel lourd des Turcs : au moins 8 ACV-15 et au moins 2 automitrailleuses ZPT.
16 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
17 Armée arabe syrienne.

 

A Propos Jean Cuny

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