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Golpe, Ploutocratie, etc. ! Mattarella & co. s’accrochent aux branches [1]

| Italie / Géopolitique | Ils ont dit | BforBORDE |

Contrairement à une idée reçue, le Golpisme (pratique du coup d’État) n’est pas une idée si à droite que ça.
1940, c’est bien une forme de coup d’État constitutionnel qui, par le vote de députés de gauche félons, porte au pouvoir Pétain.
1973, un général centre-droit (& encore), Augusto Pinochet Duarte fait sauter un président plus centre-gauche qu’autre chose, Salvador Allende Gossens, pour filer les clés de l’économie chilienne aux Chicago boys fer de lance de la finance cosmopolite.1.
2018, la ploutocratie 3ème âge incarnée par la Marionnetta de service a choisi cette vieille ficelle du golpe pour maintenir l’Italie sous la coupe bruxelloise. In Fine, la manœuvre visant à filer les clés du Capitole à la finance cosmopolite.2 n’aura été qu’une éjaculation géopolitique précoce de plus. Épisode 1.

| Golpe or not Golpe ? !
« Pas totalement d’un point de vue arithmétique. Le président a empêché la constitution d’un gouvernement qui avait la majorité dans le pays et au Parlement et dont le programme avait été expliqué durant la campagne électorale. Mais, formellement, le président a respecté la Constitution et l’accusation de « haute trahison » pour déclencher une procédure d’empêchement ne tient pas [Luigi Di Maio, chef de file du M5S, a annoncé sa volonté de mettre le chef de l’État en accusation devant le Parlement pour obtenir sa destitution, NdlR]. Le président a certainement accompli un geste politique fort, qu’on peut critiquer ou partager, mais il ne peut pas être accusé de trahison ».
Vera Capperucci, politologue italienne, In Le Point .

| Épisode parlant… !
« C’est un véritable coup d’État dont se réjouit le président ‘en même temps’ Macron qui n’a pas de mots assez durs pour qualifier les élections vénézuéliennes, mais félicite Mattarella pour son ‘courage’ ! Des voix en Italie s’élèvent pour réclamer la destitution du président félon, nous verrons…
« Pour ceux qui doutaient encore que nous n’étions plus en démocratie (si tant est que nous n’y ayons jamais été) cet épisode italien est parlant.
« Aujourd’hui en France, on juge des étudiants ayant occupé un lycée sur base d’une loi destinée à lutter contre l’intrusion de voyous dans les établissements scolaires, ce qui montre qu’une loi peut toujours être détournée de son objectif pour servir le pouvoir; demain dans toute l’Europe on jugera ceux qui contreviennent aux lois contre les fake voulue par l’UE tant cette notion est subjective… A quand une loi criminalisant ceux qui contestent le projet européen… ».
Wasterlain.

| Golpistes, non merci !
« Les journaux et les politiciens allemands nous insultent : Italiens mendiants, fainéants, adeptes de l’évasion fiscale, pique-assiettes et ingrats. Et nous, on devrait choisir un ministre de l’Économie qui les satisfait ? Non merci ! Les Italiens d’abord ».
Matteo Salvini sur Twitter.

| Ploutos & Germanos !
« A de rares exceptions sauf dans l’opposition, les dirigeants allemands et leurs presses cachent bien le niveau de corruption et le bilan financier des Établissements bancaires dans leurs pays comme les industriels auraient caché le niveau d’émission de CO2 des moteurs diesel. Orthodoxie budgétaire (alors qu’ils tricheraient) pour permettre notamment la vente des actifs communs de l’État comme en Grèce à vil prix et juridisme pour mieux étouffer la compétition, comme les USA le font avec le monde entier (dont l’Iran bientôt comme avec PSA pour mieux y mettre GM)… Quant à l’ingratitude, ils oublient que nous avons tous collectivement –fainéants que nous sommes – payés la réunification. Je n’en veux pas au peuple allemand manipulé comme nous, c’est juste qu’il faut rétablir les faits et qu’ils se souviennent où cela nous a mené autrefois ».
Dizalch.

| Système de lâcheté institutionnelle organisée !
« L’UE est un système de lâcheté institutionnelle organisée: c’est une sorte de super État conçu et organisé pour ne prendre aucune décision. Pour ne fâcher personne. L’UE n’a ni armée, ni police, ni légitimité d’aucune sorte, c’est une chimère juridique qui n’a de consistance que celle que ses adeptes lui reconnaissent. Ensuite, l’Italie est trop grosse pour être lâchée. Le risque bancaire qu’elle emporte est trop ‘systémique’, comme disent les spécialistes : c’est la théorie dite du ‘too big to fail’. Enfin, l’exemple italien finirait fatalement par créer des émules. C’est alors que l’on assisterait à l’éclatement de la zone euro. Une fois le précédent italien survenu, c’est-à-dire, une fois que la situation sociale et économique de l’Italie se sera améliorée, que se diront les autres peuples( …) ? Les peuples européens vont ainsi découvrir la supercherie: l’euro n’est qu’un mécano de subvention de l’industrie allemande, qui peut faire du dumping monétaire sur le dos des pays moins productifs, et cette BCE que l’on nous vend comme un paratonnerre anti-mondialisation financière est en fait là la solde des grandes institutions financiers et bancaires mondiales ».
Guillaume Bigot, directeur général du groupe Ipag Business School Paris Nice. In Le Figaro .

| Chiens de garde du système Vs démocratie.
« En refusant de nommer Paolo Savona comme ministre de l’Économie, le Président italien Sergio Mattarella a délibérément choisi de saboter un gouvernement élu par le peuple. ‬‪Il s’agit d’un coup de force inacceptable contre la démocratie en Italie.‬ ‪Rappelons que le Président actuel avait été désigné non par les Italiens mais par l’ancienne majorité parlementaire du Parti Démocrate laminée aux élections. Il n’a aucune légitimité pour bloquer un ministre issu de la nouvelle majorité. ‬‪En vérité, M. Savona et ce gouvernement critiquent la pensée unique pro-Union Européenne et dérangent ceux qui ont ruiné l’Italie. Ces nouveaux dirigeants élus veulent s’opposer frontalement aux politiques stupides qui ont conduit l’Italie dans le mur. ‬‪Une fois encore, l’Union Européenne et les chiens de garde du système bafouent le vote libres des citoyens ! Ils affirment constamment leur mépris de la démocratie. Les « puissants » ne respectent le vote des citoyens que lorsqu’il valide leur propre programme !‬ ‪Les vrais démocrates et républicains comme DLF soutiendront toujours la seule légitimité qui vaille : le vote du peuple. Plus que jamais nous apportons notre solidarité au choix démocratique des Italiens face à cette manipulation !‬ ».
Nicolas Dupont-Aignan‬, ‪député de l’Essonne‬, ‪président de Debout la France (DLF)‬.

| & Maintenant ?
« Je prévois deux scénarios. Le premier, à mon avis le plus probable, se base sur une très forte progression de la Ligue, comme le prédisent tous les instituts de sondage. Le pays sera encore plus polarisé entre le M5S et la droite. La Ligue sera totalement hégémonique sur Forza Italia. Matteo Salvini deviendra l’homme fort à droite et le président de la République ne pourra pas refuser de le laisser former l’exécutif. L’autre scénario prévoit une sorte de sursaut autour d’une majorité institutionnelle, que j’appelle « majorité du président ». Elle rassemblerait autour du Parti démocrate les pro-européens de la gauche de la gauche et du centre et se poserait en défenseur des institutions, de l’Europe et de la monnaie unique. Mais c’est, selon moi, l’hypothèse la moins probable ».
Vera Capperucci, politologue italienne, In Le Point .

| Soft coup !
« C’est effectivement un véritable “soft coup”, applaudi des deux mains par, entre autre, Macron et Parisot… tout un symbole ! la Démocratie n’est plus “malade”, elle a tout simplement perdue son “Démo”… Après le Danemark, l’Irlande, la Suède, la France, les Pays-Bas, la Grèce, la liste des dénis de démocratie s’agrandit donc avec l’Italie en 2018… ceux encore aveugles sur l’UE, ne peuvent plus être qualifiés de “moutons”, mais de “complices”… ».
Degorde.

| Incompatibilité entre le peuple & Bruxelles !
« En effet ceci s’ajoute – entre autres – aux pressions sur l’Irlande pour qu’elle revote (et bien) à un nouveau référendum sur le Traité de Lisbonne. La BCE est sorti de son rôle pour menacer ce pays de lui couper les liquidités si l’Irlande n’obéissait pas (l’année suivante elle l’obligeait à reprendre les dettes des banques privées), puis Chypre en 2013 à qui on a coupé les liquidités parce que le parlement avait mal voté; puis la Grèce en 2015 qu’il n’est pas la peine de rappeler. On pourrait citer aussi le précédent portugais où le président a tenté de contourner le résultat des élections législatives, etc… Il y a donc bel et bien incompatibilité entre démocratie et construction européenne ce dont l’ignoble jean Monnet convenait lui même en privé ».
Ubersender.

| Transparent !
« La manœuvre est pourtant claire : par son refus d’investiture, le Président Marionnetta, instrumentalisé par qui l’on sait, fait échec au vote populaire, conformément à la volonté de Juncker, selon lequel “il ne saurait y avoir de vote populaire contre les traités européens” ; en clair, la démocratie est morte en Europe. Le “gouvernement technique” à désigner n’est qu’un piège destiné à gagner du temps (c’est à peu près tout ce que peut espérer Bruxelles acculée au mur) et développer une campagne de terreur contre le peuple italien. Je pense et j’espère que les Italiens n’attendront pas le mois d’octobre pour descendre dans la rue et balayer les espérances de ceux qui veulent les réduire au silence dans un premier temps et à l’esclavage dans un second ».
Chris.

| Grèce repetita !
« Un signe qui ne trompe pas : Mattarella choisit Carlo Cottarelli, un ancien économiste du FMI (FMI, partenaire Eurogroupe) et un partisan de la plus brutale austérité budgétaire comme Premier ministre.
« Prodi/Goldman Sachs n’a donc pas suffit ?!
« Mon dégoût de cette UE dictatoriale devient viscéral : UE rime avec nausées. Les Européens passeront tous à la moulinette du grand capital. Le traité de Lisbonne est entièrement dédié (et dévoué) à la croissance du capital… de ceux qui en ont !
« Au plan mondial en 2017, les milliardaires auront engrangé 1800 milliards supplémentaires. Et son corollaire : effritement de la protection sociale, dumping salarial, précarisation, accroissement du taux de pauvreté, migrations, exclusion des soins, etc…
C’est qu’il y a péril en la demeure UE ! 2011 pointe à nouveau son nez. La France est aussi en naufrage… comme tous les états dont l’Euro/DM bousille l’économie.
« Target 2 à 906 milliards (dont 450 pour l’Italie) : les Allemands prennent peur et un groupe d’économistes dans la FAZ du 21 mai (dont Jürgen Stark, ancien économiste en chef de la BCE) demandent l’introduction d’une clause de sortie de l’€ sans quitter l’UE. « C’est dire ! Quand donc allons-nous sortir les fourches ? »
Vinnie Reb.

| Mattarella Junkerien !
« Pas surprenant, c’est dans le droit fil de ce que dit l’inénarrable J.C. Juncker : “Il n’y a pas de choix démocratique face aux traités”. Il a tout dit alors. Mattarella ne fait qu’appliquer cette maxime junckerienne à la lettre. Raison de plus s’il en est qu’il est vraiment indispensable de quitter l’UE et d’abandonner l’euro. La dictature (même molle, ça reste une dictature) et l’austérité à perpétuité, non, vraiment non merci. Bravo aux Italiens ! ».
Vlois.

| Kapos de Bruxelles.
« Les années de plombs en Italie avaient déjà contré la coalition populiste contre la classe prédatrice jusqu’à l’assassinat d’Aldo Mauro, je résume un peu, mais on retrouve les mêmes. Les kapos de Bruxelles défends les intérêts des donneurs d’ordre ».
Thanos.

 

A Propos Jacques Borde

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